À Malicounda, le mirage d’un départ vers l’Espagne s’est brutalement dissipé pour onze candidats à l’émigration clandestine. Dans la soirée du mardi 23 décembre 2025, la brigade de gendarmerie locale a mis fin aux activités d’un réseau bien rodé, en interpellant un convoyeur présumé et les aspirants à l’exil qu’il hébergeait depuis plusieurs semaines. Une affaire révélatrice des mécanismes, mais aussi des drames humains, qui entourent l’émigration irrégulière, selon les révélations du quotidien L’Observateur.
D’après L’Observateur, tout est parti de la plainte déposée par F. Konaré, un ressortissant malien à bout de patience. Comme les dix autres candidats, originaires du Mali et de la Guinée, il nourrissait l’espoir d’un départ imminent vers l’Europe. Mais après plusieurs mois d’attente ponctués de reports successifs, le doute s’est installé. Excédé, Konaré décide alors de saisir les autorités, dénonçant un système qu’il estime frauduleux.
Les candidats avaient chacun versé un acompte de 500 000 francs CFA au convoyeur présumé, F. Keita, pour un voyage dont le coût total était fixé à 1 250 000 francs CFA par personne. En attendant le départ tant promis, ils étaient logés depuis plus de deux mois dans une maison louée à Malicounda Sud, transformée en véritable base arrière du réseau. Une promiscuité pesante, entretenue par des promesses renouvelées mais jamais concrétisées.
Sur la base des informations fournies par le plaignant, les gendarmes ont effectué une descente ciblée au domicile en question. Sur place, ils ont surpris F. Keita et les onze candidats, bagages prêts, en pleins préparatifs pour un hypothétique départ annoncé pour le 31 décembre. Une scène qui, loin d’annoncer l’aboutissement d’un projet migratoire, a marqué le début d’une procédure judiciaire.
Conduits à la brigade, tous les candidats ont confirmé les faits : voyages sans cesse reportés, refus de remboursement et sentiment d’avoir été floués. Placé en garde à vue, F. Keita a reconnu avoir collecté les fonds, tout en tentant de se dédouaner. Il a affirmé avoir remis l’argent à un certain « Abou », présenté comme le propriétaire de la pirogue devant assurer la traversée vers l’Espagne. Selon lui, cet homme aurait disparu après encaissement, le laissant seul face à la colère des candidats. Une version accueillie avec scepticisme, tant par les victimes que par les enquêteurs, rapporte L’Observateur.
À l’issue de sa garde à vue, le convoyeur présumé a été déféré devant le parquet de Mbour. Un mandat de dépôt a été décerné contre lui pour des chefs d’inculpation lourds : traite de personnes, émigration clandestine, escroquerie et complicité. Parallèlement, un mandat d’arrêt a été lancé contre « Abou », toujours en fuite. Quant aux onze candidats, s’ils ont échappé à un voyage maritime potentiellement mortel, ils devront désormais répondre aux exigences administratives et judiciaires prévues dans le cadre de la lutte contre l’émigration irrégulière.
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