Journée Internationale des disparus : Patrick Youssef se félicite des efforts consentis par le CICR.


Le directeur du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) pour la région Afrique, Patrick Youssef, s'est adressé à la nation à travers un communiqué ce lundi 30 août. En cette journée internationale des personnes disparues, il a tenu à rendre hommage aux disparus en quelques mots.

« Je souhaite inviter chacun d’entre vous à prendre un moment pour tenter d’imaginer l’inconcevable. Imaginer le tourment de personnes qui, des années ou des décennies durant, ignorent si des êtres chers sont morts ou vivants, s’ils sont en sécurité ou en danger, malades ou en bonne santé, ou s’ils parviennent à manger à leur faim. Voilà ce qu'endurent au quotidien des dizaines de milliers de familles sur le continent africain »,  a t-il déclaré dans ledit communiqué.

Les disparitions constituent indéniablement l'une des plus tragiques conséquences humanitaires à long terme des conflits armés, des situations de violence et de la migration.

Toutefois, la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, sous l'égide de l'Union africaine, vient tout juste d'adopter une résolution novatrice sur les migrants disparus en Afrique, qui montre la voie à suivre aux États d'autres régions. À travers elle, les institutions africaines reconnaissent la nécessité d'une action à la hauteur de cette tragédie et se montrent prêtes à redoubler d'efforts pour éviter aux migrants de disparaître ou d'être séparés de leurs proches, tout en renforçant le soutien apporté à leur famille.
 
Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont recensé actuellement quelque 48 000 personnes portées disparues en Afrique. Un chiffre qui ne représente qu'une fraction du nombre réel de disparitions et de l'immense crise humanitaire à laquelle nous faisons face.
 
"Les reportages sur l'impact humanitaire des conflits et des situations de violence mettent souvent l'accent sur le nombre de personnes tuées ou déplacées. Les destructions visibles et les besoins matériels accaparent notre attention, reléguant au second plan la tragédie de ceux qui se retrouvent séparés des leurs. Pourtant, leur cauchemar continue longtemps après que les armes se sont tues et que l'attention des médias s'est détournée."
 
Ledit communiqué est le lieu pour le sieur Youssef de revenir sur le nombre alarmant de migrants qui disparaissent chaque année, en Afrique comme dans les pays de destination, au cours des dangereux voyages qu'ils entreprennent en quête de sécurité ou de meilleures perspectives économiques. Il renseigne à cet effet que « durant leur périple, il n'est pas rare que des trafiquants leur infligent des traitements atroces. Le risque de perdre le contact avec leurs proches est réel. Bien souvent, les migrants ne les appellent pas parce qu'ils n'ont pas accès à un téléphone, qu'ils ont peur ou que le coût est trop élevé ».
 
« Quelles que soient les circonstances d'une disparition, l'impact sur les familles est désastreux. Comme si leur terrible douleur ne suffisait pas, elles doivent surmonter d'innombrables difficultés administratives, juridiques et économiques. J'appelle les États à accorder toute leur attention à trois priorités humanitaires : éviter les disparitions, faciliter la recherche et l'identification des personnes qui disparaissent malgré tout et répondre aux besoins spécifiques de leur famille », a-t-il ajouté.

Par conséquent, « le CICR reste déterminé à œuvrer en faveur du maintien des liens familiaux malgré les déplacements et les migrations. De plus, il se tient prêt à fournir son expertise technique et juridique pour aider à élucider le sort des personnes disparues et à les retrouver, ainsi qu'à soutenir leur famille », a rassuré Patrick Youssef.
 
Statistiques du Réseau des liens familiaux de la Croix-Rouge/Croissant-Rouge (2020)

En 2020 seulement, plus de 49 800 nouvelles personnes ont été enregistrées comme disparues par leurs familles auprès du Family Links Network. Fin 2020, le nombre total de personnes portées disparues dans le monde était de plus de 210'000.

En 2020, près de 9'500 personnes précédemment enregistrées comme disparues par leurs familles ont été localisées, ce qui correspond à une moyenne de 26 personnes par jour. Ces cas ont été résolus par le CICR, les Sociétés nationales et, dans certains cas, les familles elles-mêmes.

Enfin, en 2020, les membres du CRCR ont contribué au maintien des liens familiaux entre les membres de la famille par exemple via la collecte et la diffusion de centaines de milliers de Messages Croix-Rouge (145'000 RCM collectés et 112'300 RCM diffusés) et via des appels téléphoniques (1'084'000 appels réussis en 2020).
Lundi 30 Août 2021
Dakaractu



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