Diffamation : l’artiste Amary, alias Papi Lo, accuse la ressortissante française et récolte 1 mois d’emprisonnement plus une amende de 200 000FCFA.

Amary Tacko Ndiaye, alias Papi Lo, né en 1992 et domicilié à Pikine, a été attrait ce 21 février, devant la barre du tribunal correctionnel de Dakar pour atteinte à l’intimité de la vie privée de la plaignante


Sophie Marguerite Marie Le Hire, une ressortissante française vivant au Sénégal.

Les faits remontent au début de l’année 2022. En effet, les deux (2) parties à ce procès se sont connus depuis 2019 et étaient liées par un contrat de prestation pour la réalisation d’un film. Après production, le prévenu Papi Lo s’est senti lésé par la productrice qu’elle va attaquer à travers les réseaux sociaux notamment sur Facebook et WhatsApp pour dénigrer celle-ci et la qualifier de voleuse.

 

Dès l’entame de l’audience, la défense a soulevé des irrégularités sur le dossier. Elle a aussitôt interpellé la cour sur la nullité du procès verbal d’enquête car explique le conseil, le prévenu a été auditionné sans au préalable avoir été informé de son droit d’être assisté par un avocat. De son côté, le maître des poursuites a cru que rien ne pouvait empêcher la tenue du procès car l’audition du sieur Papi Lo devant les enquêteurs a respecté toutes les formes de base. Le tribunal retiendra finalement l’affaire avant de lancer les débats d’audience.

 

Interpellé devant la barre des flagrants délits, Amary alias Papi Lo qui se présente comme un artiste comédien et danseur, explique le fond du problème.


« Sophie nous a fait tourner un film sans nous payer. J’ai bien dit dans mes commentaires sur les réseaux que c’est une voleuse et qu’elle exploite les jeunes artistes », a-t-il déclaré au juge avant de poursuivre.

 

« C’est à travers une exposition qu’elle avait organisée qu’on s’est connu et qu’elle s’est intéressé à mon profil pour son film. Depuis 2019, elle ne respecte pas ses engagements et elle continuait à nous taguer sur ses vidéos et ses publications. Je lui ai, solennellement, demandé de ne plus exploiter mon image dans son projet », a dit le mis en cause.

 

Pour sa part, la plaignante s’est focalisée sur le contrat de prestation pour justifier l’exploitation du film qui, dans le fond, évoque la thématique des gilets jaunes.


« Il a signé un contrat dans lequel je peux utiliser son image pour sa promotion. Il m’a posté sur facebook à deux (2) reprises et m’a menacé par e-mail. J’ai beaucoup dépensé dans la réalisation du film mais je n’ai pas eu les retombée espérée sur l’œuvre. J’ai également dépensé pour la participation du film dans différents festivals », a-t-elle souligné devant la barre ce que le mis en cause a démenti.


« Depuis qu’on a joué le film en 2019 avec la participation d’autres artistes, nous l’avons perdu de vue jusqu’au début 2022. Elle nous a berné en nous faisant signer un contrat dont nous n’avons jamais compris la teneur. On faisait les essayages chez elle », a dit Amary alias Papi Lo.


Interpellé sur la somme reçue pour le tournage, le prévenu s’est tu un moment avant de lâcher.

« Elle nous a payé 50 000Fcfa pour la prestation et nous a promis 5% des gains pour toute retombée. Elle nous doit des avantages sur l’exploitation du film qui a eu des nominations et des prix. Sophie nous fait croire depuis 3 ans que nous n’avons eu aucune retombée sur la réalisation du film », a expliqué l’accusé.

 

Interrogé sur les menaces qu’il aurait proféré par e-mail, il a soutenu avoir agi sous le coup de la colère. « Je me suis exprimé artistiquement parce que je me suis senti berné », s’est-il justifié.

 

Dans sa plaidoirie, la partie civile a réclamé le franc symbolique pour laver l’affront. Elle a demandé 10 millions FCFA en dommages-intérêts pour diffamation.

 

La défense a, pour sa part, jugé aberrant la démarche de la partie adverse. « Je suis déçu par la partie civile qui demande 10 millions FCFA. En réalité, il s’agissait de battre monnaie dans cette affaire. Demander à un artiste à qui on a payé 50 000 FCFA, de payer cette somme, c’est juste aberrant. À la police on a parlé de diffamation, au parquet on nous parle d’atteinte à la vie privée ce qui montre que l’affaire même peine à être qualifiée correctement. Tout ce qu’on peut reprocher à mon client c’est son caractère jugé injurieux quand il parle de ‘’voleuse’’ sinon il n’y a rien de concret », a expliqué l’avocat. Il a plaidé pour la relaxe de son client de l’infraction d’atteinte à la vie privée.

 

Dans son verdict, la cour a disqualifié les faits en injures publiques. Elle a reconnu coupable Amary alias Papi Lo des faits qui lui sont reprochés et l’a condamné à 1 mois avec sursis et au versement de 200 000 FCFA pour dommages et intérêts à la plaignante.

Lundi 21 Février 2022
Dakaractu



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