Affaire ASER-AEE POWER EPC: Les avocats de Saïdou Kane brisent le silence et dénoncent une stratégie d’éviction orchestrée


Les avocats de M. Saïdou Kane, initiateur et administrateur général de la société AEE Power Sénégal, ont fait face à la presse ce mardi pour rétablir les faits et dénoncer selon eux, « une campagne de dénigrement organisée contre leur client. » Plusieurs semaines de mise en cause médiatique ont motivé cette prise de parole publique.

 

Ils se sont prononcés sur ce vaste programme d’électrification rurale portant sur 1 600 localités dans les régions de Kaffrine, Louga, Saint-Louis, Tambacounda et Kédougou, d’un coût global de 140 millions d’euros. Pour en assurer le financement, Saïdou Kane avait mobilisé la banque espagnole Banco Santander, avec l’appui des autorités diplomatiques sénégalaises en Espagne. Un partenariat avait été noué avec la société espagnole AEE Power EPC, à qui revenait formellement le portage du financement, tandis que AEE Power Sénégal devait assurer 60 % des travaux d’exécution, bien au-delà du seuil légal de 40 % exigé par le Code des marchés publics.

 

La rupture intervient au printemps 2024. Après l’autorisation par l’ASER, en mars 2024, du versement d’une avance de démarrage de plus de 36 milliards de FCFA à la partie espagnole, cette dernière aurait progressivement cessé toute collaboration effective. Le 18 juin 2024, AEE Power Sénégal adresse une mise en demeure pour obtenir le versement de sa quote-part contractuelle évaluée à 40 millions d’euros. Trois jours plus tard, la société espagnole notifie une résiliation unilatérale du contrat. Dans la foulée, une campagne médiatique et des pressions juridiques visent directement M. Kane. « Cette concomitance ne saurait être fortuite », arguent ses conseils, qui y voient une stratégie délibérée visant à évincer le partenaire sénégalais, à effacer les obligations contractuelles et à détourner les bénéfices du financement obtenu. La question posée en conclusion de leur déclaration liminaire est sans ambages : où est passée l’avance de démarrage ?

 

Les mises en cause touchent également deux autres dossiers. Dans l’affaire INTERMAQ, M. Kane est visé par des accusations de surfacturation et de détournement en lien avec un marché public de 85,5 milliards de FCFA conclu avec le ministère de l’Agriculture. Ses avocats réfutent catégoriquement : le titulaire du marché est la société espagnole INTERMAQ 2012 SL, seule signataire du contrat et seule bénéficiaire des paiements de l’État. INTERMAQ Sénégal S.A, dont M. Kane est actionnaire majoritaire, n’est qu’un prestataire local chargé de la logistique et de la formation sur le terrain. Aucun flux financier n’aurait transité vers lui à titre personnel.

 

Dans l’affaire PASSANT, Saïdou Kane n’est qu’actionnaire minoritaire à hauteur de 20 %, sans pouvoir de gestion ni contrôle opérationnel. La société contractante est ici l’espagnole LITEYCA SL, seule responsable d’un taux d’exécution de seulement 42,34 %. Loin d’être en cause, Saïdou Kane dit avoir contribué personnellement à hauteur de 237 millions de FCFA pour préserver l’activité et les emplois.

 

Les avocats annoncent que les juridictions compétentes seront prochainement saisies pour établir les responsabilités de chacune des parties.

Mardi 5 Mai 2026
Dakaractu



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