La sécurité alimentaire est un problème fondamental lié au droit à la survie et au droit au développement des pays en développement, et elle est particulièrement urgente pour le Sénégal. En tant que pays agricole important d’Afrique de l’Ouest, le Sénégal dispose de vallées fertiles et d’une longue tradition agricole, mais il dépend encore des importations de grandes quantités de riz brisé pour répondre à ses besoins nationaux. Comment nourrir une population croissante sur des terres limitées ? Comment passer de la dépendance alimentaire à l’autonomie alimentaire ? Telles sont les questions incontournables de la Vision Sénégal 2050.
La pratique de la Chine offre une référence utile. Avec moins de 8% des terres arables mondiales, la Chine a réussi à nourrir près de 20% de la population humaine. Il n’y a pas de raccourci ni de magie derrière ce « miracle chinois », mais une stratégie de développement agricole élaborée au fil d’une longue exploration, à savoir : l’innovation du régime foncier pour stimuler l’enthousiasme des agriculteurs, le progrès des sciences et technologies agricoles pour augmenter le rendement des terres, et la synergie entre l’industrialisation et la modernisation agricole pour réaliser la transformation structurelle. Tout cela est d’une importance capitale pour le Sénégal, qui cherche actuellement sa voie vers la souveraineté alimentaire.
L'innovation institutionnelle est le fondement
de la sécurité alimentaire
Le point de départ de la réforme agricole chinoise a été le Système de Responsabilité des Ménages (SRM) lancé en 1978. Ce système, tout en maintenant la propriété collective de la terre, a accordé aux agriculteurs des droits d’usufruit stables à long terme, ce qui a grandement stimulé leur enthousiasme pour la production. En quelques années, la Chine a essentiellement résolu le problème de la subsistance de sa population. La beauté de cette conception institutionnelle réside dans le fait qu’elle évite le risque de dépossession des agriculteurs inhérent à la privatisation des terres tout en créant les conditions de la modernisation agricole grâce à la stabilité des relations contractuelles.
Cette pratique est très éclairante pour le Sénégal. Actuellement, dans les zones rurales sénégalaises, le droit coutumier joue encore un rôle effectif dans l’ordre foncier, et il existe des frictions entre le principe de propriété nationale établi par la loi foncière de 1964 et les pratiques populaires. S’inspirer de l’expérience chinoise pour formaliser et légaliser les droits d’usage traditionnels permettrait à la fois de protéger les droits et intérêts fondamentaux des petits agriculteurs et de leur ouvrir la voie à l’accès au crédit et à l’intégration dans les chaînes de valeur modernes. Comme l’a commenté le chercheur français Rémy Herrera :« La propriété foncière collective en zone rurale doit être vue comme l’héritage le plus précieux de la révolution commencée en 1949. » Cette sagesse institutionnelle mérite d’être sérieusement étudiée par les pays africains qui explorent une « Troisième voie ».
Le progrès technique est la clé de l’augmentation
de la production et des revenus
Un autre enseignement important de l’agriculture chinoise est son engagement à développer la science et la technologie pour revitaliser l’agriculture. Sous la contrainte de ressources foncières limitées, la Chine a réussi à augmenter continuellement sa production céréalière grâce aux progrès technologiques. Parmi ces technologies, deux ont déjà montré des perspectives prometteuses au Sénégal.
La première est la technologie Juncao. Cette technologie innovante d’origine chinoise utilise l’herbe à la place du bois, permettant à la fois de produire efficacement des champignons comestibles et de fournir un fourrage de haute qualité pour l’élevage, maximisant ainsi la production de biomasse et de protéines. Dans la région de la vallée du fleuve Sénégal, la technologie Juncao aide les petits agriculteurs à obtenir des rendements plus élevés sur des terres limitées.
La seconde est la technologie du riz hybride. Cette technique à haut rendement, spécialement conçue pour les terres cultivables limitées, revêt une importance stratégique pour garantir la sécurité alimentaire nationale. plusieurs experts chinois ont travaillé dans les champs sénégalais pour transmettre ces techniques pratiques aux agriculteurs locaux . La pratique a prouvé que l’intensification de l’exploitation de petites parcelles de terre peut parfaitement soutenir l’objectif de sécurité alimentaire d’un pays.
L'élévation de la coopération est la garantie
D’un développement autonome
La coopération agricole sino-sénégalaise passe de l’assistance technique et du commerce des produits agricoles à une co-industrialisation à un niveau supérieur. Cette élévation est conforme à l’engagement pris par le Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) 2024 de soutenir l’industrialisation de l’Afrique, et répond aux intérêts fondamentaux des deux parties.
Premièrement, le développement de capacités de transformation locale. La politique chinoise de « zéro droit de douane » en faveur des pays les moins avancés offre une voie verte aux produits agricoles sénégalais pour accéder au marché chinois. Cependant, l’exportation de seules matières premières génère une faible valeur ajoutée et des revenus limités. Par conséquent, les deux parties s’efforcent d’atteindre un objectif commun : un taux de transformation locale d’au moins 35% pour les principaux produits agricoles tels que les arachides, le sésame et les noix de cajou. Cet objectif contribuera à la fois à augmenter la valeur ajoutée pour le Sénégal et à réduire les coûts logistiques.
Deuxièmement, la localisation de la mécanisation agricole. Le niveau de mécanisation agricole au Sénégal est relativement faible, avec seulement environ 11% des ménages agricoles possédant du matériel motorisé. L’accent de la coopération passe donc des simples dons d’équipement à l'établissement d’usines de montage d’équipements agricoles au Sénégal, en s’appuyant sur des Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA) pour faciliter le transfert technologique sur le terrain. Parallèlement, la mécanisation et l’automatisation contribuent également à faire face au problème de la pénurie de main-d’œuvre causée par l’exode des jeunes des zones rurales.
Troisièmement, la localisation de la certification qualité. Pour répondre aux normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) strictes de la Chine, les deux parties travaillent à la création d’un centre de certification à Dakar, permettant aux ingénieurs sénégalais de devenir les gatekeepers de la qualité des exportations. Cette mesure réduira la dépendance à l’égard de services d’inspection externes coûteux et renforcera l’autonomie qualité du Sénégal.
La coopération gagnant-gagnant est la direction à suivre
pour avancer ensemble
La souveraineté alimentaire ne signifie pas l’autarcie, mais le renforcement des capacités de développement autonome dans le cadre d’une coopération ouverte. La Chine adhère toujours aux principes de sincérité, de résultats réels, d’affinité et de bonne foi dans sa politique envers l’Afrique, sans imposer de conditions politiques, sans ingérence dans les affaires intérieures et sans imposer de force ses modèles. L’approfondissement de la coopération agricole sino-sénégalaise est une illustration vivante de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.
Des institutions à la technologie, du commerce à l’investissement, de l’aide au renforcement des capacités, les deux pays explorent une voie de coopération pragmatique et durable dans le domaine agricole. Cette voie est à double sens. Elle contribue à la souveraineté alimentaire décrite dans la Vision Sénégal 2050, incarne l’esprit de bénéfice mutuel et de développement partagé défendu par le FOCAC, et représente la direction ferme dans laquelle les pays en développement s’engagent ensemble pour relever le défi mondial de la sécurité alimentaire.
La pratique de la Chine offre une référence utile. Avec moins de 8% des terres arables mondiales, la Chine a réussi à nourrir près de 20% de la population humaine. Il n’y a pas de raccourci ni de magie derrière ce « miracle chinois », mais une stratégie de développement agricole élaborée au fil d’une longue exploration, à savoir : l’innovation du régime foncier pour stimuler l’enthousiasme des agriculteurs, le progrès des sciences et technologies agricoles pour augmenter le rendement des terres, et la synergie entre l’industrialisation et la modernisation agricole pour réaliser la transformation structurelle. Tout cela est d’une importance capitale pour le Sénégal, qui cherche actuellement sa voie vers la souveraineté alimentaire.
L'innovation institutionnelle est le fondement
de la sécurité alimentaire
Le point de départ de la réforme agricole chinoise a été le Système de Responsabilité des Ménages (SRM) lancé en 1978. Ce système, tout en maintenant la propriété collective de la terre, a accordé aux agriculteurs des droits d’usufruit stables à long terme, ce qui a grandement stimulé leur enthousiasme pour la production. En quelques années, la Chine a essentiellement résolu le problème de la subsistance de sa population. La beauté de cette conception institutionnelle réside dans le fait qu’elle évite le risque de dépossession des agriculteurs inhérent à la privatisation des terres tout en créant les conditions de la modernisation agricole grâce à la stabilité des relations contractuelles.
Cette pratique est très éclairante pour le Sénégal. Actuellement, dans les zones rurales sénégalaises, le droit coutumier joue encore un rôle effectif dans l’ordre foncier, et il existe des frictions entre le principe de propriété nationale établi par la loi foncière de 1964 et les pratiques populaires. S’inspirer de l’expérience chinoise pour formaliser et légaliser les droits d’usage traditionnels permettrait à la fois de protéger les droits et intérêts fondamentaux des petits agriculteurs et de leur ouvrir la voie à l’accès au crédit et à l’intégration dans les chaînes de valeur modernes. Comme l’a commenté le chercheur français Rémy Herrera :« La propriété foncière collective en zone rurale doit être vue comme l’héritage le plus précieux de la révolution commencée en 1949. » Cette sagesse institutionnelle mérite d’être sérieusement étudiée par les pays africains qui explorent une « Troisième voie ».
Le progrès technique est la clé de l’augmentation
de la production et des revenus
Un autre enseignement important de l’agriculture chinoise est son engagement à développer la science et la technologie pour revitaliser l’agriculture. Sous la contrainte de ressources foncières limitées, la Chine a réussi à augmenter continuellement sa production céréalière grâce aux progrès technologiques. Parmi ces technologies, deux ont déjà montré des perspectives prometteuses au Sénégal.
La première est la technologie Juncao. Cette technologie innovante d’origine chinoise utilise l’herbe à la place du bois, permettant à la fois de produire efficacement des champignons comestibles et de fournir un fourrage de haute qualité pour l’élevage, maximisant ainsi la production de biomasse et de protéines. Dans la région de la vallée du fleuve Sénégal, la technologie Juncao aide les petits agriculteurs à obtenir des rendements plus élevés sur des terres limitées.
La seconde est la technologie du riz hybride. Cette technique à haut rendement, spécialement conçue pour les terres cultivables limitées, revêt une importance stratégique pour garantir la sécurité alimentaire nationale. plusieurs experts chinois ont travaillé dans les champs sénégalais pour transmettre ces techniques pratiques aux agriculteurs locaux . La pratique a prouvé que l’intensification de l’exploitation de petites parcelles de terre peut parfaitement soutenir l’objectif de sécurité alimentaire d’un pays.
L'élévation de la coopération est la garantie
D’un développement autonome
La coopération agricole sino-sénégalaise passe de l’assistance technique et du commerce des produits agricoles à une co-industrialisation à un niveau supérieur. Cette élévation est conforme à l’engagement pris par le Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) 2024 de soutenir l’industrialisation de l’Afrique, et répond aux intérêts fondamentaux des deux parties.
Premièrement, le développement de capacités de transformation locale. La politique chinoise de « zéro droit de douane » en faveur des pays les moins avancés offre une voie verte aux produits agricoles sénégalais pour accéder au marché chinois. Cependant, l’exportation de seules matières premières génère une faible valeur ajoutée et des revenus limités. Par conséquent, les deux parties s’efforcent d’atteindre un objectif commun : un taux de transformation locale d’au moins 35% pour les principaux produits agricoles tels que les arachides, le sésame et les noix de cajou. Cet objectif contribuera à la fois à augmenter la valeur ajoutée pour le Sénégal et à réduire les coûts logistiques.
Deuxièmement, la localisation de la mécanisation agricole. Le niveau de mécanisation agricole au Sénégal est relativement faible, avec seulement environ 11% des ménages agricoles possédant du matériel motorisé. L’accent de la coopération passe donc des simples dons d’équipement à l'établissement d’usines de montage d’équipements agricoles au Sénégal, en s’appuyant sur des Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole (CUMA) pour faciliter le transfert technologique sur le terrain. Parallèlement, la mécanisation et l’automatisation contribuent également à faire face au problème de la pénurie de main-d’œuvre causée par l’exode des jeunes des zones rurales.
Troisièmement, la localisation de la certification qualité. Pour répondre aux normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) strictes de la Chine, les deux parties travaillent à la création d’un centre de certification à Dakar, permettant aux ingénieurs sénégalais de devenir les gatekeepers de la qualité des exportations. Cette mesure réduira la dépendance à l’égard de services d’inspection externes coûteux et renforcera l’autonomie qualité du Sénégal.
La coopération gagnant-gagnant est la direction à suivre
pour avancer ensemble
La souveraineté alimentaire ne signifie pas l’autarcie, mais le renforcement des capacités de développement autonome dans le cadre d’une coopération ouverte. La Chine adhère toujours aux principes de sincérité, de résultats réels, d’affinité et de bonne foi dans sa politique envers l’Afrique, sans imposer de conditions politiques, sans ingérence dans les affaires intérieures et sans imposer de force ses modèles. L’approfondissement de la coopération agricole sino-sénégalaise est une illustration vivante de la construction d’une communauté d’avenir partagé pour l’humanité.
Des institutions à la technologie, du commerce à l’investissement, de l’aide au renforcement des capacités, les deux pays explorent une voie de coopération pragmatique et durable dans le domaine agricole. Cette voie est à double sens. Elle contribue à la souveraineté alimentaire décrite dans la Vision Sénégal 2050, incarne l’esprit de bénéfice mutuel et de développement partagé défendu par le FOCAC, et représente la direction ferme dans laquelle les pays en développement s’engagent ensemble pour relever le défi mondial de la sécurité alimentaire.
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