La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (Dntl) de Kédougou a procédé, au début du mois de février, à l’interpellation de deux femmes originaires du Nigeria accusées d’avoir organisé un trafic de jeunes filles à des fins d’exploitation sexuelle.
Premier cas : Maria Agi alias Awa
Selon Libération, la première affaire remonte au début du mois lorsque les enquêteurs de la Dntl ont été alertés sur l’arrivée suspecte d’une jeune Nigériane dans la localité de Baytilaye, située dans le département de Kédougou. Selon les informations recueillies, cette dernière aurait été acheminée depuis son pays d’origine par une dénommée Maria Agi, également connue sous le pseudonyme d’Awa.
D’après les sources policières évoquées par Libération, la victime était hébergée chez sa compatriote qui prélevait l’intégralité de ses gains issus du commerce sexuel. L’objectif est d’atteindre la somme cible de 500.000 francs CFA. Les investigations ont également révélé que le parcours de la jeune fille impliquait un transit par le territoire malien avant son arrivée définitive à Baytilaye.
Suite à ces révélations, la Brigade des interpellations, surveillance et filatures (Bisf) est immédiatement entrée en action. Confrontée aux faits lors de son arrestation à son domicile, Maria Agi a fini par avouer son implication dans ce réseau criminel. Elle a expliqué avoir bénéficié du soutien logistique de plusieurs complices basés dans trois pays différents : le Nigeria, le Bénin et le Mali.
Selon ses déclarations, elle aurait déboursé 200.000 francs CFA pour acquérir la jeune femme, identifiée comme B.Mton, auprès d’un intermédiaire nigérian répondant au nom de Mary, dont l’identité complète n’a pas été précisée. Par ailleurs, ses complices établis à Cotonou et au Mali auraient contribué à la fabrication de documents frauduleux, notamment une fausse carte d’identité nigériane accompagnée d’un carnet de vaccination contrefait, permettant ainsi de faciliter le voyage clandestin entre le Nigeria et le Sénégal.
La victime, B.Infon, a confirmé lors de son audition avoir effectivement subi une exploitation sexuelle orchestrée par sa compatriote. Elle a témoigné de la contrainte exercée par Maria Agi qui l’obligeait à se prostituer et à lui remettre quotidiennement la totalité de ses revenus jusqu’au remboursement complet de la dette de 500.000 francs CFA, présentée comme le coût de son acheminement vers le Sénégal.
À l’issue de l’enquête menée le 2 février, Maria Agi a été présentée devant les autorités judiciaires tandis que la jeune victime a été confiée à l’organisation non gouvernementale « La Lumière » basée à Kédougou, en vue de sa prise en charge et de son éventuel retour au pays.
Deuxième cas : Rita Mbachu alias Favour
Dans une affaire similaire, les mêmes services de la Dntl ont procédé à l’arrestation d’une autre ressortissante nigériane, Rita Mbachu, connue également sous l’identité de Favour. Cette dernière est accusée d’avoir orchestré le convoyage et l’exploitation d’une jeune femme de 21 ans prénommée Z. Adekunle.
Les circonstances de cette seconde affaire présentent de nombreuses similitudes avec la première. Rita Mbachu a été interpellée en même temps que sa présumée victime dans la même localité de Baytilaye. Durant son interrogatoire, la jeune Z. Adekunle a raconté son calvaire : recrutée au Nigeria, elle a été transportée jusqu’au Sénégal où elle a été forcée de se livrer à la prostitution sous la supervision de Rita Mbachu.
Cette dernière aurait acquis la jeune femme pour la somme de 500.000 francs CFA auprès d’une certaine Mama Goodness, opérant depuis le Nigeria. Une fois l’achat effectué, elle a organisé le voyage transfrontalier de sa victime avec l’assistance de passeurs établis au Nigeria et au Bénin, avant son arrivée finale à Baytilaye, au Mali.
Dès son arrivée sur le territoire sénégalais le 26 janvier 2026, la jeune Z. Adekunle s’est vue imposer une dette de 1.500.000 francs CFA, montant qu’elle devait rembourser en reversant l’intégralité de ses gains de prostitution. En l’espace de quatre jours seulement, la victime avait déjà versé 25.000 francs CFA à son exploiteuse. Il lui restait encore à payer 1.475.000 francs CFA avant d’espérer recouvrer sa liberté.
Questionnée sur l’utilisation de l’argent collecté, Rita Mbachu a affirmé avoir investi ces fonds dans l’achat de vêtements pour une autre jeune fille nommée Zainab Adekunle, dans le but de la rendre « plus séduisante » pour ses futurs clients.
Un vaste réseau international
Les témoignages recueillis auprès de Z. Adekunle ont permis aux enquêteurs de mettre en lumière l’existence d’une organisation criminelle de grande envergure. Selon la victime, une certaine R. Mbachu alias Favour jouerait le rôle de coordinatrice principale d’un réseau transnational de traite d’êtres humains. Ce réseau disposerait de ramifications dans plusieurs pays, notamment au Nigeria, au Bénin et à Cotonou.
La jeune femme, désormais prise en charge par l’ONG « La Lumière », a expliqué que son transfert depuis le Nigeria jusqu’à Kédougou avait été rendu possible grâce à l’intervention de multiples intermédiaires situés dans différentes villes et pays. Certains membres du réseau se seraient chargés de lui fournir de faux documents d’identité, comportant une carte d’identité nigériane falsifiée et un faux carnet de vaccination. D’autres l’auraient hébergée temporairement et transportée à bord de bus et de motos-taxis lors des différentes étapes de son périple.
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