L’influenceur qui affichait sa richesse sur les réseaux sociaux s’est fait piéger par ses propres victimes qui ont mené l’enquête sur TikTok.
Les forces de l’ordre du commissariat de Guédiawaye ont mis fin aux agissements de Seydou Seck, un jeune de 26 ans qui sévissait dans la région de Dakar. Sous le nom de « Petit Simbo », il promettait monts et merveilles à ses victimes en se faisant passer pour un marabout aux pouvoirs exceptionnels.
Tout commence début février 2026 lorsque I. Sèye dépose plainte après avoir été victime d’une escroquerie sophistiquée. Son épouse, séduite par les vidéos flamboyantes de « Petit Simbo » sur TikTok, où celui-ci étalait des liasses de billets rangées dans un sac Gucci de luxe, avait pris contact avec lui. Selon Libération, le premier piège consistait à lui proposer une consultation à 15 000 Fcfa, payée via mobile money sur un compte au nom de Cheikhouna Ndiaye. Puis vint la proposition alléchante : multiplier 4,1 millions de Fcfa moyennant le même investissement initial, avec partage équitable des gains.
Séduit par cette opportunité, I. Sèye rassemble l’argent et se rend à Kaolack pour rencontrer le pseudo-marabout. C’est alors qu’un réseau bien organisé se met en place : un dénommé Fallou l’accueille et organise un périple complexe passant par Sibassor, puis un village isolé appelé Keur Saliou. Le couple est transporté en calèche au cœur de la brousse, où leur guide disparaît mystérieusement à moto. Un homme armé d’une machette prend le relais et les conduit vers une tente clandestine, lieu de rendez-vous des escrocs.
La mise en scène du charlatanisme
C’est là, vers une heure du matin, que Seydou Seck fait son apparition, armé cette fois-ci. Il met en scène un rituel élaboré. C’est de l’argent éparpillé au sol et dans des valises, censé être le fruit de la « multiplication ». Mais il pose une nouvelle condition : 3 millions de Fcfa supplémentaires pour des parfums rituels. Face au refus du plaignant, « Petit Simbo » propose un report de trois jours, mais refuse de restituer la somme initialement versée. Il attire même deux autres femmes dans ses filets avant de disparaître dans la nature.
L’enquête 2.0 qui a tout changé
Devenu injoignable, Seydou Seck pensait avoir échappé à la justice. C’était sans compter sur la détermination de sa victime. I. Sèye mène sa propre enquête sur TikTok et parvient à localiser deux autres victimes. Un déplacement jusqu’à Banjul pour déposer plainte s’avère infructueux, mais il ne baisse pas les bras. En saisissant la Direction des investigations criminelles (DIC), I. Sèye obtient gain de cause. Les enquêteurs remontent la piste jusqu’au marché de Bou Bess à Dakine, fief de l’escroc. Après plusieurs semaines de filature, le domicile de Seydou Seck à Guédiawaye est identifié et une opération d’interpellation est menée avec succès.
L’arrestation de « Petit Simbo » ne marque que le début de l’affaire. Les complices Fallou, Cheikhouna Ndiaye, Mbaye et d’autres membres du réseau, restent activement recherchés. Ils sont accusés d’association de malfaiteurs, de charlatanisme, de vol en réunion commis la nuit avec violence, ainsi que d’usage de faux.
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