La journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines (MGF) a été organisée à Kolda, ce 06 février 2026. Et le thème de cette année, "Vers 2030 : Pas de fin aux MGF sans engagement et investissement durables", est assez révélateur. Ainsi, chaque déclaration publique, chaque conversation rapproche d'un monde sans MGF en garantissant un avenir plus sûr et plus lumineux pour les filles.
Dans ce combat, les clubs de jeunes filles leaders jouent un rôle important. Dans ce sens, ils sont devenus un dispositif essentiel dans la lutte contre les MGF pour le bien-être des filles et des femmes.
Cette journée animée par le groupement "Tessito" a été célébrée avec un partage d'expériences entre jeunes filles leaders, badiénou gox, ex exciseuses, religieux et coutumiers. Dans cette lancée, les conséquences néfastes ont été listées comme la frigidité, le traumatisme, l'infertilité, les fistules, les rapports douloureux pendant le mariage, les complications lors des accouchements.
Elhadji Mballo, président des pairs éducateurs accompagnant les jeunes filles leaders, estime que l'excision est une pratique qui doit être combattue par tout le monde. Et l'engagement des clubs de jeunes filles pour la lutte est une réalité au Fouladou malgré les préjugés. Pour Awa Diassy, héroïne nationale contre les MGF, "combattre l'excision est un devoir pour nous pour une santé de la reproduction épanouie. D'ailleurs, j'aborde le sujet avec beaucoup d'intérêt, car j'ai vécu l'expérience. C'est pourquoi, nous devons unir nos forces pour son éradication tout en maintenant la vigilance."
Cette journée a été l'occasion aussi de sensibiliser les jeunes filles et les parents pour une prise de conscience collective pour un combat sain. Dans la foulée, les formations sur les conséquences néfastes ont permis aux clubs de toucher une grande cible surtout dans le monde rural. Dans la même dynamique, ces jeunes filles leaders ont sillonné les frontières de la Guinée Bissau et de la Gambie parfois très hostiles à leur mission avec détermination."
Si les avancées ont été très significatives dans la lutte contre les MGF, c'est aussi grâce aux partenaires comme TGG/ALM, AMREF, CCA, UNFPA entre autres. Ces structures ont permis de former les clubs sur les conséquences dangereuses de l'excision pour la démultiplication de la sensibilisation. Aujourd'hui, il y a d'ex exciseuses reconverties en actrices de développement et devenues des messagers pour l'abandon des MGF. Hanna Sabaly présidente régionale des ex exciseuses est l'une d'entre elles. À ce titre, elle estime qu'il faut à tout prix combattre ce fléau destructeur de la vie reproductive et sexuelle de la jeune fille.
Maguette Kandé, présidente du club de jeunes filles de Saré Moussa Kanado, a posé une question pertinente sur l'héritage culturel de la pratique néfaste. La réponse de l'ex exciseuse a été catégorique sur la question en arguant que cela ne repose sur aucun déterminisme. Ainsi, cette interaction a permis d'éclairer davantage la lanterne de l'assistance. Par conséquent, les enjeux de l'abandon demeurent un leitmotiv des clubs de jeunes filles leaders de Kolda perçus comme un laboratoire dans ce domaine.
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