De faux marabout à maître-chanteur : Babacar Sy menaçait de transformer son bienfaiteur en chat


De faux marabout à maître-chanteur : Babacar Sy menaçait de transformer son bienfaiteur en chat

La brigade de gendarmerie de Hann Maristes a mis fin aux agissements d’un jeune adolescent escroc qui exploitait la confiance et la peur d’un commerçant vulnérable. À seulement 19 ans, Babacar Sy pensait avoir trouvé la formule magique pour s’enrichir rapidement qui consistait à abuser de la générosité d’un homme qui l’avait aidé dans le besoin, puis le terroriser pour extorquer toujours plus. 

Domicilié à Keur Massar, ce jeune sans scrupules a été déféré au parquet ce jeudi, accusé de charlatanisme et d’extorsion de fonds, lit-on dans Libération de ce jour. 

 

L’histoire débute avec un geste de solidarité. A. Mbaye, un commerçant de 26 ans établi à Thiès, avait remarqué la détresse de son voisin Mohamed à la Place de France. Face à la précarité de ce dernier, A. Mbaye n’avait pas hésité à lui venir en aide financièrement, lui remettant la somme de 500 Fcfa. Mais cette générosité allait se retourner contre lui. Babacar Sy, profitant de cette relation de confiance naissante, a élaboré un plan d’escroquerie sophistiqué. Contactant A. Mbaye par téléphone, il s’est présenté comme un marabout doté de pouvoirs exceptionnels, capable de transformer radicalement son existence.

 

Dans sa stratégie, le charlatan promettait monts et merveilles pour attirer la victime. Un premier rendez-vous est organisé dans un lieu mystérieux où le pseudo-marabout devait effectuer ses rituels. A. Mbaye est convaincu que sa bague en or sera métamorphosée en os par les forces occultes de Babacar Sy. Depuis cette rencontre initiale, A. Mbaye exécute scrupuleusement les instructions du jeune charlatan. Il ne doute pas des intentions de celui qu’il croit être son guide spirituel. Pour financer ces prétendus rituels, il envoie régulièrement de l’argent via Wave et Orange Money.

 

C’est alors que le comportement de Babacar Sy bascule dans une spirale infernale. L’adolescent devient de plus en plus exigeant, multipliant les demandes et augmentant la pression psychologique sur sa victime. Non content des sommes déjà extorquées, il franchit un nouveau palier dans la manipulation. Il convainc d’abord A. Mbaye de lui céder sa moto, prétextant qu’elle est nécessaire pour accomplir un rituel décisif. Le commerçant, aveuglé par les promesses et paralysé par la peur, s’exécute sans résistance.

 

La menace ultime : la transformation en chat

 

Mais l’audace et la cruauté du jeune escroc atteignent des sommets inimaginables. Selon les déclarations d’A. Mbaye rapportées dans la plainte, Babacar Sy ne se contente plus de simples extorsions. Le ton change radicalement : les demandes deviennent des menaces explicites.

 

Le faux marabout commence à brandir un pouvoir terrifiant pour soumettre totalement sa victime. Selon A. Mbaye, c’est lorsque son père s’est ouvert à lui de cette situation que la véritable nature de Babacar Sy s’est révélée. L’adolescent, sentant le contrôle lui échapper, a alors proféré une menace glaçante : il menaçait de transformer A. Mbaye en chat s’il n'obtient pas satisfaction. Cette intimidation mystique, particulièrement terrifiante dans un contexte où les croyances en la sorcellerie sont ancrées, visait à maintenir l’emprise totale sur le commerçant. Babacar Sy savait exactement comment exploiter les peurs ancestrales de sa victime.

 

Enhardi par la peur qu’il inspire, Babacar Sy multiplie les demandes. Il exige maintenant qu’on lui offre des bijoux en or ainsi que d’autres objets de valeur appartenant à la mère d’A. Mbaye. Chaque refus ou hésitation est accompagné de la même menace terrifiante : la métamorphose en félin. La manipulation psychologique atteint son paroxysme lorsque le jeune charlatan organise un rendez-vous à Dakar, sous le pont du Croisement de Cambérène. Ce lieu isolé devait être le théâtre d’une nouvelle extorsion, peut-être la plus importante. A. Mbaye, terrorisé à l’idée d’être transformé en animal et complètement sous l’emprise du pseudo-marabout, s’apprêtait à céder une fois de plus.

 

C’est précisément à ce moment critique que les forces de l’ordre interviennent. Alertée par la plainte d’A. Mbaye qui a finalement trouvé le courage de briser le silence malgré ses craintes, ou par la surveillance du secteur, la brigade de gendarmerie de Hann Maristes a déployé un dispositif pour interpeller le jeune malfaiteur. L’arrestation a mis fin à un cycle d’abus et de terreur psychologique qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

Vendredi 6 Février 2026
Dakaractu



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