À Guédiawaye, la fête de l’arène vire trop souvent au cauchemar pour les riverains et les petits commerçants. Dimanche dernier, lors des combats de lutte organisés dans la capitale, la boulangerie Baguette d’Or, située à Las Palmas près de l’hôpital Dalal Diam, a été une nouvelle fois victime d’actes de vandalisme perpétrés par des jeunes violents.
Selon le témoignage de Tonton Badou, responsable et gérant de la boulangerie, les scènes se répètent à chaque grand événement sportif, mais prennent une ampleur particulière lors des combats de lutte, notamment lorsque les supporters traversent Guédiawaye pour se rendre au stade ou en revenir.
« À chaque combat, c’est la même chose. On ferme nos boutiques ou bien on paie les pots cassés. Les vitres sont ciblées, les pierres pleuvent. Parfois, seul Dieu nous protège », confie t-il.
Dimanche dernier, alors que plusieurs combats majeurs étaient à l’affiche : Fils de Balla contre Thiatou Yoff, Amanekh contre Talfa, Ndiaga Doolé contre Zambala, Ordinateur contre Diaw 2 … les employés de la boulangerie s’étaient préparés à travailler, espérant rentabiliser cette journée.
Mais l’espoir s’est rapidement transformé en désillusion.
« Nous avions tout préparé, pains, viennoiseries, nourriture. Ils sont venus pour casser. On a été obligés de tout jeter. C’était une grosse perte, surtout pour nous qui débutons, une petite entreprise qui cherche juste à survivre », explique Tonton Badou.
Au delà des dégâts matériels, ce sont les employés et les travailleurs qui vivent dans la peur. Les interventions policières, souvent tardives, aggravent parfois la situation pour les commerçants eux mêmes.
« Quand la police intervient, ils lancent des gaz lacrymogènes. Nous aussi, qui sommes sur place, on en subit les effets. On ne sait même pas à qui porter plainte. On ne sait pas quoi faire », déplore le gérant.
Un sentiment d’abandon domine. Les autorités sont accusées de ne pas anticiper ces violences pourtant récurrentes, notamment sur l’axe Parcelles Assainies – Guédiawaye, théâtre d’affrontements quasi hebdomadaires lors des grands combats.
Aujourd’hui, les responsables de la boulangerie Baguette d’Or lancent un cri du cœur. Ils demandent des mesures concrètes de sécurisation, une meilleure anticipation des événements sportifs et une protection réelle des populations et des petits entrepreneurs.
« On veut juste travailler en paix. À chaque fois, on a l’impression de recommencer à zéro. C’est très dur », conclut Tonton Badou.
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