Une scène d’une rare intensité a secoué Pikine dans la nuit du samedi au dimanche dernier. Ce qui devait être une simple opération antidrogue s’est transformé, selon L’Observateur, en une quasi confrontation armée entre forces de sécurité censées coopérer : la Police et l’Armée sénégalaise.
Une patrouille banale vire au chaos
Tout débute dans les ruelles sombres derrière le marché Zinc, à Pikine. Les éléments de la Brigade de Recherches (BR) effectuent une ronde de routine lorsqu’ils tombent sur un groupe de jeunes en pleine consommation de chanvre indien. Parmi eux, un présumé dealer, un tatoueur, et un… caporal-chef de l’Armée sénégalaise.
Pris en flagrant délit, le militaire, identifié sous les initiales A. S., 29 ans, refuse de se soumettre à l’interpellation. D’après les informations recueillies par L’Observateur, il aurait dégainé son arme avant d’en asséner un coup au visage d’un policier. La tension monte d’un cran : une bagarre éclate. Après une lutte acharnée, le caporal-chef, le dealer et le tatoueur sont finalement maîtrisés, menottés et conduits au commissariat de Pikine.
Un appel qui met le feu aux poudres
Mais l’affaire est loin d’être terminée. Une fois au poste, le militaire réussit à contacter ses supérieurs hiérarchiques. À l’autre bout du fil, un ordre tombe : « Allez récupérer l’élément immédiatement ».
Quelques instants plus tard, un pick-up rempli de soldats débarque au commissariat. À leur tête, un officier exige la libération immédiate du caporal-chef. Les policiers refusent catégoriquement. Les mots volent, les menaces pleuvent, les insultes fusent.
« On a vraiment cru que ça allait dégénérer », confie une source policière citée par L’Observateur. Le commissariat devient alors une véritable poudrière.
Le commissariat encerclé, les renforts de la police accourent
Face à l’ampleur de la tension, le chef de poste alerte ses collègues. En quelques minutes, les unités de police des environs convergent vers Pikine. Le commissariat se transforme en champ de bataille potentiel : policiers et militaires, armes au poing, se font face, prêts à en découdre.
L’atmosphère est électrique, le moindre geste pouvant déclencher un drame national.
L’intervention décisive de la Justice militaire
Alors que l’affrontement paraît inévitable, trois véhicules officiels surgissent dans la cour du commissariat. À leur bord, des hauts gradés de l’Armée et de la Justice militaire. Leur arrivée agit comme un électrochoc : les discussions s’engagent dans le plus grand calme.
Après des heures de tractations, un accord est trouvé. Le caporal-chef A. S. est remis à la Brigade prévôtale, compétente pour juger les infractions commises par des militaires. Le dealer et le tatoueur, eux, restent sous la responsabilité de la Police nationale. Une décharge officielle est signée sur place, scellant la fin d’une nuit sous haute tension.
-
Journée internationale de la tolérance zéro contre les MGF : Les clubs de jeunes filles leaders de Kolda en ordre de bataille...
-
Le journaliste Falil Gadio poursuivi pour incitation à la violence, son avocat conteste : « Il n’y a aucun acte positif, aucune complicité… »
-
UGB : les étudiants passent à l'acte et vont au front contre les FDS
-
Crise à l’UCAD : l’Intersyndicale du COUD annonce 48 heures de grève à partir de ce vendredi
-
Kaolack : Le Khalife mondial de la Tidianya rend visite aux khalifes de Médina Baye et de Léona Niassène




