Macky Sall a décidé d’écourter son séjour aux Etats-Unis pour rentrer au Sénégal en raison de la «situation difficile que vivent les populations, consécutive à l’interruption de l’alimentation de la capitale en eau et face aux conséquence des inondations», a rapporté mardi soir l’Agence de presse sénégalaise (APS).
Depuis plus de dix jours, les Dakarois sont confrontés à la plus grave pénurie d’eau de l’histoire du Sénégal indépendant. Et pour boucler la boucle, la station de Kounoune (électricité) a enregistré une panne de taille mardi, consécutive à la défaillance d’approvisionnement en eau.
«A cette catastrophe incroyable pourrait s’ajouter dans les prochaines heures un blackout de la téléphonie aussi», indique un ingénieur à iGFM. «Au point de l’incapacité notoire où en est le Sénégal, il ne faut plus rien écarter. Les limites objectives ont fini de montrer que tout est à faire et qu’il est grand temps que le gouvernement redescende sur terre, se retrousse les manches et travaille pour le peuple au lieu de penser et de n’agir qu’en fonction du rendez-vous présidentiel de 2017», poursuit, écoeuré, l’ingénieur.
Comprenant sûrement la situation tendue dans laquelle le Sénégal est plongé depuis plusieurs jours, le président de la République, qui devait rentrer vendredi prochain, a décidé de quitter New York mercredi, après son adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies en sa qualité de président du Sénégal mais aussi du Comité de coordination du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). En effet, l’Agence de presse sénégalaise précise qu’il présidera la réunion du Conseil des ministres, jeudi prochain. Il faut toutefois signaler que la pénurie d’eau était déjà vieille de plusieurs jours quand le président quittait dimanche dernier la capitale sénégalaise à destination de New York.
Notons que la communication gouvernementale est une fois de plus passée au travers. La certitude avec laquelle s’est exprimé lundi, en conférence de presse, Pape Diouf, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, laissait entendre que la situation reviendrait à la normale ce mardi, une dizaine de jours après les dommages de la conduite de Keur Massar, situé à 250km au nord de Dakar.
Les autorités ayant oublié des aspects techniques non négligeables, comme par exemple la détérioration des conduites d’adduction et de distribution, qui installées depuis des décennies, entraîne souvent des pertes et des dysfonctionnements parfois considérables dans l’approvisionnement parce qu’il y a une méconnaissance souvent des plans existants, des baisses de pression, des risques de pollution, etc. Il s’y ajoute que le Sénégal ne fabrique pas ce genre de tuyau géant au diamètre imposant.
Quand on sait qu’il faut passer une commande, avant que le tuyau n’arrive par bateau (le temps que ça dure), dans les docs de Dakar après plusieurs jours de navigation en mer, on peut dire que les populations ne sont pas sorties de l’auberge. Le sous-développement, c’est cela.
IGFM
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