Entrée en vigueur du couvre-feu à Dakar et Thiès : Les acteurs des transports routiers appellent l’État à des concertations


 Le Sénégal a repris avec le couvre-feu. Face aux restrictions qu’entraîne cette mesure présidentielle extrême, de nombreux impacts sont attendus au niveau du secteur du transport. Même si cette mesure n'impacte pas sérieusement leur secteur, le coordonnateur du Collectif des acteurs des transports routiers du Sénégal (Catrs), Momar Sourang, lui, pense que des concertations avec tous les parties prenantes sont nécessaires. « Les camions ne sont pas concernés par ces restrictions. C’était le cas, la dernière fois, quand l’état d’urgence avait été décrété. Pour le transport de conteneurs et de marchandises, on sait qu’il ne va pas y avoir de problème ».
« La dernière fois, il y avait des laissez-passer. C’était quand même organisé pour tout ce qui est marchandise. Mais aujourd’hui, il n’y aucune disposition qui est prise. Mais je pense au reste du territoire d’où viendraient des populations pour Dakar et qui pourraient arriver au-delà de 21 heures. Qu’est-ce qu’il faudra faire avec ces gens-là ? S’ils arrivent la nuit qu’est-ce qui va se passer ? Devront-ils être bloqués à la Gare routière ? C’est cela l’interrogation. C’est donc sur le transport des personnes que le problème va se poser », autant de questions que s’est posé M. Sourang.
Coordonnateur du Catrs, il a profité d’un entretien téléphonique accordé à Dakaractu, pour renouveler son appel aux autorités étatiques. « Il faut qu’on discute pour déterminer au-delà de 21 heures qu’est-ce qu’il faut faire ou voir s’il faudrait dire aux gens de ne pas quitter leur localité s’il faut arriver à Dakar ou Thiès au-delà de 21 heures. Cela demande à ce qu’on réfléchisse ensemble, mais jusqu’à présent aucune mesure n’a été annoncée ni prise à ce niveau-là. Il nous faut en discuter », a confié M. Sourang.
 
Celui-ci indique que des concertations allaient surtout profiter aux usagers et les aider à ne pas sentir le poids du couvre-feu. Et que cela ne freinerait pas l’économie. « Même s’il faut qu’on ferme Dakar, il fallait qu’on discute pour voir comment faire de sorte que ce soit plus acceptable. Nous appelons à des concertations. Il y a tout un ensemble, il y a l’économie, le bien-être des usagers, entre autres. Je pense qu’ils ont pris la décision sans mesurer toutes ces conséquences. C’est vrai qu’il faut prendre des mesures, mais il faut chercher à ce que l’impact soit le moins pesant sur les personnes. C’est le rôle d’un président de prendre des mesures pour freiner la propagation. Mais, il leur faut savoir que ces mesures s’appliquent sur des personnes. Donc, des concertations s’imposent pour que toute mesure prise puisse être respectée. Cela va impacter de toute façon. Mais, que les populations sentent qu’il y a une volonté ferme de rendre moins pesant l’impact ».
Il a rappelé avoir fait une série de propositions aux autorités en charge du transport terrestre, dans le passé. « On ne voudrait pas que le secteur du transport soit un vecteur de transmission du virus. J’avais préconisé la mise en place d’une Commission de crise au niveau du ministère des Infrastructures, avec les acteurs, les usagers et même quelques personnels de santé pour que les mesures à prendre déjà dans le subconscient des transporteurs puissent être acceptées.  Une structure qui se chargerait de réfléchir sur les dispositifs à mettre en place et qui de façon continue, allait se réunir tous les mois ou tous les 15 jours pour évaluer la situation au niveau du transport ».
Mercredi 6 Janvier 2021
Dakaractu



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