Accords pour la réouverture des frontières : La liberté d'expression des opposants d'Alpha Condé au Sénégal est-elle menacée ?


En perspective de la réouverture des frontières entre la Guinée Conakry et le Sénégal, un nouveau pas a été posé. Côté guinéen. Les députés de ce pays ont béni les accords de juin signés à Accra, en marge de la conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). 

Le ministre de la Défense, Mohamed Diané a assuré qu’une commission sera mise en place pour discuter de la mise en œuvre des différents points contenus dans les accords de coopération militaire. Les deux pays ont convenu de lutter ensemble contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière. Mais la partie guinéenne insiste surtout sur le principe de la « non utilisation du territoire de l’une des parties contre les intérêts de l’autre partie. »

Très vague, ce point est interprété par certains observateurs comme une volonté d’Alpha Condé de mettre un terme aux activités que mènent certains de ses opposants sur le territoire sénégalais. En visite à Tormelin, il n’avait pas raté l’occasion d’accuser le Sénégal de servir de base arrière à « tous ceux qui complotent contre la Guinée. »

À l'époque, les projecteurs s'étaient braqués sur des membres du Front national de défense de la Constitution qui ont échappé à la prison en Guinée et qui poursuivent leurs activités sur le sol sénégalais. Ils entendent même donner une autre orientation à leur « combat » contre le président guinéen.

Pourtant, le président de l’Union démocratique pour la renaissance de la Guinée (UDRG) ne perçoit pas les accords signés en juin comme l'inauguration d'une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays. À en croire Bah Oury, interviewé par Dakaractu, on a assisté à une répétition de ce qui existe déjà, dans le cadre régional, c'est-à-dire les traités déjà signés sur la libre circulation des personnes et les accords sur la gestion des frontières.

« Ce qui vient de se passer permet de régler un conflit qui n’en est pas un », minimise-t-il non sans demander en revanche aux opposants qui séjournent au Sénégal de faire preuve de retenue dans leurs faits et gestes pour ne pas se retrouver dans l’œil du cyclone ou mettre mal à l’aise leur pays hôte. Pas sûr que cette position soit partagée par les activistes guinéens. Sur sa page Facebook, le responsable de la planification du FNDC, Sékou Koundouno continue ses attaques contre Alpha Condé, les unes plus virulentes que les autres. Contacté par Dakaractu, il n’a pas réagi.

Dans tous les cas, si ces accords devaient être une épée de Damoclès sur sa tête et sur celle de tous les autres opposants radicaux quant à leur liberté d’expression et d’actions au Sénégal, leur mise en œuvre n'est pas pour demain. Contrairement à l’Assemblée nationale guinéenne qui a donné sa bénédiction à cette paix « retrouvée » entre les deux pays, le parlement sénégalais ne semble pas encore mis à contribution. Le président de la Commission de la Défense et de la Sécurité à l’Assemblée nationale n’a pas éclairé notre lanterne sur le sujet. Même résultat au ministère des Forces armées.
Mardi 6 Juillet 2021
Dakaractu



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