250.000 tonnes d’arachide produites : Après 42 milliards d’achats locaux, cap sur l’exportation chinoise


Le ministre du Commerce et de l’Industrie a présenté ce jeudi, lors de la conférence de presse gouvernementale « KADDÙ », les avancées du Sénégal en matière de souveraineté alimentaire. Serigne Guèye Diop a dressé un bilan encourageant des efforts déployés par l’État pour réduire la dépendance aux importations et renforcer la production locale. Des résultats concrets se dessinent sur plusieurs filières stratégiques.

 

L’oignon constitue l’une des réussites majeures de cette politique. « L’année dernière, pour la première fois, nous avons passé 9 mois sans importer », s’est félicité le ministre. Le taux de couverture nationale atteint désormais 75%, alors que le pays importait habituellement 350.000 tonnes par an. Ce chiffre a été ramené à 180.000 tonnes cette année. Cette performance s’explique par l’amélioration de la qualité de la production et la construction de plusieurs infrastructures de stockage frigorifique. « L’année prochaine, nous visons à ne pas importer d’oignon ou du moins en importer une petite quantité », a annoncé Serigne Guèye Diop.

 

 

Sur la filière pomme de terre, une première au Sénégal a été réalisée : après une fermeture du marché des importations de 12 mois, seulement 10.000 tonnes ont été importées en décembre. Le marché a rouvert le 16 janvier dernier. Le pays, dont les besoins s’élèvent à 150.000 tonnes annuelles (12.000 tonnes mensuelles, le double pendant les fêtes), a développé une capacité de stockage de 160.000 tonnes en partenariat avec des acteurs comme Soamimagri. L’objectif pour l’année prochaine est d’atteindre 250.000 tonnes de capacité.

Quant à la carotte, le Sénégal a atteint 10 mois d’autosuffisance.

 

Pour la première fois également, le pays a fermé ses frontières pendant 3 mois pour protéger plus de 25.000 tonnes de bananes produites à Tambacounda, en Casamance et à Diouloulou. Cette mesure a permis de couvrir 9 mois de consommation en seulement 3 mois, sur un besoin national estimé à 125.000 tonnes.

 

Le ministre a placé le riz au cœur de la stratégie de sécurité alimentaire. Désormais, les commerçants devront obligatoirement acheter le riz local avant toute importation. « Le riz local est meilleur sur le plan nutritionnel que le riz brisé importé, qui est décortiqué, blanchi et appauvri », a-t-il expliqué faisant référence à sa richesse en nutriments, protéines, vitamines et sels minéraux.

 

Une campagne de baisse des prix est lancée, avec une réduction de 50 francs CFA pour aligner les tarifs du riz local sur ceux du riz importé. Cette mesure, financée par les droits de douane perçus sur les importations, coûtera environ 2 milliards de francs CFA. Avec une couverture actuelle de 400.000 tonnes pour une consommation annuelle de 120.000 tonnes, le pays a stoppé les interdictions sur l’importation du riz brisé après accord avec tous les acteurs.

 

Sur l’arachide, le gouvernement a privilégié le marché intérieur avant l’exportation. La Sonacos a déjà collecté 126.000 tonnes en moins de deux mois, preuve de l’efficacité du système mis en place. L’État a injecté plus de 42 milliards de francs CFA dans l’achat d’arachide et compte acquérir la totalité des 250.000 tonnes produites. Le reste de la production sera destiné à l’exportation, notamment vers la Chine, avec laquelle des pourparlers sont en cours. Conscient des capacités limitées de la Sonacos, le gouvernement envisage de renouveler toutes les usines régionales de la société.

 

Le ministre a insisté sur le strict respect des prix fixés pour 2024-2025 et surtout pour 2026. Des brigades de contrôle ont été déployées, et des mécanismes de réclamation sont accessibles via le ministère. « Nous invitons les commerçants à respecter les prix et nous appelons les Sénégalais à dénoncer toute entrave à ces règles, y compris pour le loyer », a-t-il martelé, promettant de baisser les prix des denrées, notamment du riz, dès que le marché le permettra.

 

Le ministre a rappelé que l’État a mobilisé 130 milliards de francs CFA pour subventionner l’agriculture, répartis comme suit : engrais minéraux (64 milliards), engrais en général (49,9 milliards), acquisition de matériels (13 milliards), protection phytosanitaire (2,5 milliards), filière banane (5,5 milliards), volontaires agricoles (2 milliards) et assurances (1,3 milliard).

 
 
Vendredi 30 Janvier 2026
Dakaractu



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