Il est temps de dire les choses sans détours.
La grève des enseignants au Sénégal n’est ni un caprice corporatiste ni un acte d’irresponsabilité. Elle est la conséquence directe d’un État défaillant dans le respect de ses engagements, d’une administration lente, fragmentée et souvent indifférente au sort de ceux à qui elle confie la formation de la jeunesse.
Depuis des années, les enseignants multiplient les alertes, les propositions et les concessions. En retour, ils récoltent l’inertie, les reports et les promesses non tenues. Le dialogue social, brandi comme un slogan, s’est vidé de toute substance.
L’illustration la plus frappante de cet échec est l’immobilisme du COMSA2 (comité de suivi des accords), dont l’inaction alimente la persistance du passif des accords signés avec l’État. À cela s’ajoute le retard incompréhensible dans la prise en charge du statut des décisionnaires, plongeant des milliers d’enseignants dans une précarité administrative indigne d’un service public moderne.
Pendant que l’État tergiverse, les enseignants continuent de subir des surimpositions fiscales injustes sur leurs rappels, voient les fonds du DMC bloqués par des obstacles administratifs artificiels, et endurent des disparités salariales structurelles, toujours à leur détriment.
Cette situation traduit un mépris silencieux, mais profond, à l’égard du métier d’enseignant.
La lenteur coupable du processus d’immatriculation des enseignants, l’absence de passerelles professionnelles fonctionnelles, le maintien de la fermeture du concours des Normaliens Instituteurs, tout comme l’enlisement du dossier de l’habitat social, démontrent une chose : l’éducation n’est pas traitée comme une priorité nationale, malgré les discours officiels.
À cela s’ajoutent la complexité excessive des circuits de visas administratifs, la non-application des dispositions du G50, et le vide juridique persistant concernant la prise en charge des inspecteurs chargés de la supervision des examens du CFEE et du BFEM. Comment exiger rigueur et résultats quand ceux qui garantissent la crédibilité des examens nationaux sont laissés sans cadre légal clair ?
Les inspecteurs chefs de district attendent toujours une réponse sérieuse à la question de leur indemnité.
Les enseignants des LYNAQE, les formateurs des CRFPE et ceux de la Formation professionnelle et technique subissent des retards de paiement inadmissibles.
Les METP attendent leur reversement dans le corps des PCEM, pendant que l’académisation du BFEM reste une promesse sans calendrier.
Face à cette accumulation de blocages, continuer à enseigner dans le silence serait une forme de complicité. La grève devient alors un acte de responsabilité, un signal d’alarme lancé à la Nation.
Les enseignants rappellent que l’école ne peut être l’otage de l’improvisation administrative, ni la variable d’ajustement des contraintes budgétaires. Un pays qui affaiblit ses enseignants hypothèque son avenir, fragilise sa cohésion sociale et compromet sa souveraineté intellectuelle.
Le peuple sénégalais doit le savoir : cette lutte est aussi la sienne. Elle ne vise pas à paralyser l’école, mais à la sauver. Elle n’oppose pas les enseignants aux parents d’élèves, mais interpelle l’État sur ses responsabilités régaliennes.
Le temps des annonces creuses est révolu. L’État doit agir, maintenant : solder les accords, appliquer les textes, libérer les fonds, corriger les injustices et redonner sens au dialogue social.
À défaut, l’histoire retiendra que ce ne sont pas les enseignants qui ont abandonné l’école sénégalaise, mais bien l’État qui a abandonné ses enseignants.
Soreu Malick Diop, Instituteur
Militant de l'UDEN
La grève des enseignants au Sénégal n’est ni un caprice corporatiste ni un acte d’irresponsabilité. Elle est la conséquence directe d’un État défaillant dans le respect de ses engagements, d’une administration lente, fragmentée et souvent indifférente au sort de ceux à qui elle confie la formation de la jeunesse.
Depuis des années, les enseignants multiplient les alertes, les propositions et les concessions. En retour, ils récoltent l’inertie, les reports et les promesses non tenues. Le dialogue social, brandi comme un slogan, s’est vidé de toute substance.
L’illustration la plus frappante de cet échec est l’immobilisme du COMSA2 (comité de suivi des accords), dont l’inaction alimente la persistance du passif des accords signés avec l’État. À cela s’ajoute le retard incompréhensible dans la prise en charge du statut des décisionnaires, plongeant des milliers d’enseignants dans une précarité administrative indigne d’un service public moderne.
Pendant que l’État tergiverse, les enseignants continuent de subir des surimpositions fiscales injustes sur leurs rappels, voient les fonds du DMC bloqués par des obstacles administratifs artificiels, et endurent des disparités salariales structurelles, toujours à leur détriment.
Cette situation traduit un mépris silencieux, mais profond, à l’égard du métier d’enseignant.
La lenteur coupable du processus d’immatriculation des enseignants, l’absence de passerelles professionnelles fonctionnelles, le maintien de la fermeture du concours des Normaliens Instituteurs, tout comme l’enlisement du dossier de l’habitat social, démontrent une chose : l’éducation n’est pas traitée comme une priorité nationale, malgré les discours officiels.
À cela s’ajoutent la complexité excessive des circuits de visas administratifs, la non-application des dispositions du G50, et le vide juridique persistant concernant la prise en charge des inspecteurs chargés de la supervision des examens du CFEE et du BFEM. Comment exiger rigueur et résultats quand ceux qui garantissent la crédibilité des examens nationaux sont laissés sans cadre légal clair ?
Les inspecteurs chefs de district attendent toujours une réponse sérieuse à la question de leur indemnité.
Les enseignants des LYNAQE, les formateurs des CRFPE et ceux de la Formation professionnelle et technique subissent des retards de paiement inadmissibles.
Les METP attendent leur reversement dans le corps des PCEM, pendant que l’académisation du BFEM reste une promesse sans calendrier.
Face à cette accumulation de blocages, continuer à enseigner dans le silence serait une forme de complicité. La grève devient alors un acte de responsabilité, un signal d’alarme lancé à la Nation.
Les enseignants rappellent que l’école ne peut être l’otage de l’improvisation administrative, ni la variable d’ajustement des contraintes budgétaires. Un pays qui affaiblit ses enseignants hypothèque son avenir, fragilise sa cohésion sociale et compromet sa souveraineté intellectuelle.
Le peuple sénégalais doit le savoir : cette lutte est aussi la sienne. Elle ne vise pas à paralyser l’école, mais à la sauver. Elle n’oppose pas les enseignants aux parents d’élèves, mais interpelle l’État sur ses responsabilités régaliennes.
Le temps des annonces creuses est révolu. L’État doit agir, maintenant : solder les accords, appliquer les textes, libérer les fonds, corriger les injustices et redonner sens au dialogue social.
À défaut, l’histoire retiendra que ce ne sont pas les enseignants qui ont abandonné l’école sénégalaise, mais bien l’État qui a abandonné ses enseignants.
Soreu Malick Diop, Instituteur
Militant de l'UDEN
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