Au Sénégal, où les enfants et adolescents constituent plus de la moitié de la population, la lutte contre les violences sexuelles et sexistes (VSS) représente un enjeu fondamental pour l'avenir du pays. Face à ce défi, le projet « Xalé Sama Yité » (« L'enfant, ma priorité ») clôture ce 4 décembre 2025 cinq années d'actions innovantes, ayant placé l'autonomisation des filles et la formation des acteurs de protection au cœur de sa stratégie. Financé par Affaires mondiales Canada et l'UNICEF, et mis en œuvre par le Bureau international des droits des enfants (IBCR), ce projet a opté pour une approche à double détente : renforcer les systèmes institutionnels tout en écoutant et en outillant directement les enfants.
Une approche institutionnelle : Former les professionnels pour changer les pratiques
Le projet « Autonomisation des filles et des acteurs de première ligne contre les violences sexuelles et sexistes (VSS) » également appelé « Xalé Sama Yité » qui débuté en 2020 en mis l’accent tout au long des 5 ans de mise en œuvre sur deux piliers centraux. Premièrement, le projet s'est concentré sur les acteurs adultes du système de protection. Comme l'explique Madame Julie Dénommée, directrice générale de l'IBCR, l'objectif était de travailler « avec les écoles de formation pour développer des cours qui vont servir à tous les futurs professionnels ». Cette ambition s'est concrétisée par l'intégration permanente de modules sur les droits et la protection de l'enfant dans les programmes des écoles nationales de police, de gendarmerie, de justice et du secteur social.
L'innovation dans ce projet a résidé dans la création de « modes opératoires », de véritables guides pratiques pour l'accueil des enfants victimes. Madame Dénommée en donne un exemple précis : « Avec les policiers, on a défini un mode opératoire pour l'accueil de l'enfant. Je suis au commissariat, j'ai un enfant qui arrive, qui a été victime de violence. Qu'est-ce que je fais étape par étape ? Je lui dis de s'asseoir, je lui demande s'il veut un verre d'eau, j'enlève mon arme. » Cette standardisation des procédures vise à garantir une prise en charge systématiquement adaptée et bienveillante.
L'enfant comme acteur : Le pari de l'autonomisation pour une protection durable
Le second volet, qualifié de « plus important » par la directrice de l'IBCR, a révolutionné l'approche traditionnelle de la protection. Il ne s'agissait plus de considérer les enfants uniquement comme des bénéficiaires, mais bien comme des « acteurs centraux de leur protection ». Pour cela, des comités d'enfants, les « comités Xalé Sama Yité », ont été créés et accompagnés pendant quatre ans dans les régions de Dakar, Fatick et Saint-Louis.
Ce processus de renforcement de compétences avait pour but, selon Madame Dénommée, de leur permettre de « mieux comprendre le phénomène des violences, être capables d'aller poser des questions, trouver des solutions ». Les enfants ont ainsi été impliqués dans la gouvernance même du projet et ont développé leurs propres mini-projets. Cette participation active aux décisions qui les concernent représente un changement de paradigme majeur, faisant des enfants des partenaires dans la lutte contre les VSS.
Une vision alignée sur les politiques nationales sénégalaises
L'État sénégalais, à travers le ministère de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, a été un partenaire clé de cette initiative. Madame Ndiaye Nafissatou Fall, inspectrice des affaires administratives et financières du ministère, souligne la parfaite harmonie entre le projet et la vision nationale « Sénégal 2050. Elle rappelle que « la vision du Sénégal en matière de protection des enfants » est consacrée dans l'axe « Capital humain » de l'agenda Sénégal 2050, qui vise à donner les mêmes chances de réussite à tous les enfants.
Lors du dernier comité de pilotage, le ministère a salué les avancées tout en reconnaissant la persistance du défi. Madame Fall a insisté sur la nature « holistique » de l'approche nécessaire et sur le fait que « seul l'État ne peut pas suffire ». Elle a appelé à la mobilisation continue de tous les acteurs, y compris les partenaires techniques et financiers, pour « réussir à sauver nos enfants et les mettre dans des conditions de sécurité ».
L'enjeu désormais est d'assurer que ces mécanismes innovants survivent à la fin du financement initial et soient intégrés dans les politiques et pratiques quotidiennes. Le pari de faire des enfants, et particulièrement des filles souvent les premières victimes, des acteurs de leur propre protection, aura été la marque de fabrique de ce projet, laissant espérer un impact durable dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au Sénégal.
Une approche institutionnelle : Former les professionnels pour changer les pratiques
Le projet « Autonomisation des filles et des acteurs de première ligne contre les violences sexuelles et sexistes (VSS) » également appelé « Xalé Sama Yité » qui débuté en 2020 en mis l’accent tout au long des 5 ans de mise en œuvre sur deux piliers centraux. Premièrement, le projet s'est concentré sur les acteurs adultes du système de protection. Comme l'explique Madame Julie Dénommée, directrice générale de l'IBCR, l'objectif était de travailler « avec les écoles de formation pour développer des cours qui vont servir à tous les futurs professionnels ». Cette ambition s'est concrétisée par l'intégration permanente de modules sur les droits et la protection de l'enfant dans les programmes des écoles nationales de police, de gendarmerie, de justice et du secteur social.
L'innovation dans ce projet a résidé dans la création de « modes opératoires », de véritables guides pratiques pour l'accueil des enfants victimes. Madame Dénommée en donne un exemple précis : « Avec les policiers, on a défini un mode opératoire pour l'accueil de l'enfant. Je suis au commissariat, j'ai un enfant qui arrive, qui a été victime de violence. Qu'est-ce que je fais étape par étape ? Je lui dis de s'asseoir, je lui demande s'il veut un verre d'eau, j'enlève mon arme. » Cette standardisation des procédures vise à garantir une prise en charge systématiquement adaptée et bienveillante.
L'enfant comme acteur : Le pari de l'autonomisation pour une protection durable
Le second volet, qualifié de « plus important » par la directrice de l'IBCR, a révolutionné l'approche traditionnelle de la protection. Il ne s'agissait plus de considérer les enfants uniquement comme des bénéficiaires, mais bien comme des « acteurs centraux de leur protection ». Pour cela, des comités d'enfants, les « comités Xalé Sama Yité », ont été créés et accompagnés pendant quatre ans dans les régions de Dakar, Fatick et Saint-Louis.
Ce processus de renforcement de compétences avait pour but, selon Madame Dénommée, de leur permettre de « mieux comprendre le phénomène des violences, être capables d'aller poser des questions, trouver des solutions ». Les enfants ont ainsi été impliqués dans la gouvernance même du projet et ont développé leurs propres mini-projets. Cette participation active aux décisions qui les concernent représente un changement de paradigme majeur, faisant des enfants des partenaires dans la lutte contre les VSS.
Une vision alignée sur les politiques nationales sénégalaises
L'État sénégalais, à travers le ministère de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, a été un partenaire clé de cette initiative. Madame Ndiaye Nafissatou Fall, inspectrice des affaires administratives et financières du ministère, souligne la parfaite harmonie entre le projet et la vision nationale « Sénégal 2050. Elle rappelle que « la vision du Sénégal en matière de protection des enfants » est consacrée dans l'axe « Capital humain » de l'agenda Sénégal 2050, qui vise à donner les mêmes chances de réussite à tous les enfants.
Lors du dernier comité de pilotage, le ministère a salué les avancées tout en reconnaissant la persistance du défi. Madame Fall a insisté sur la nature « holistique » de l'approche nécessaire et sur le fait que « seul l'État ne peut pas suffire ». Elle a appelé à la mobilisation continue de tous les acteurs, y compris les partenaires techniques et financiers, pour « réussir à sauver nos enfants et les mettre dans des conditions de sécurité ».
L'enjeu désormais est d'assurer que ces mécanismes innovants survivent à la fin du financement initial et soient intégrés dans les politiques et pratiques quotidiennes. Le pari de faire des enfants, et particulièrement des filles souvent les premières victimes, des acteurs de leur propre protection, aura été la marque de fabrique de ce projet, laissant espérer un impact durable dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au Sénégal.
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