Invité du journal de 20h de la RTS, le ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, Cheikh Niang, a brisé le silence sur l’affaire sensible des 18 supporters sénégalais actuellement emprisonnés au Maroc. Un dossier qui, depuis plusieurs semaines, suscite indignation, incompréhension et forte émotion au Sénégal.
Face aux critiques sur une supposée inertie de l’État, le chef de la diplomatie sénégalaise a tenu à recadrer le débat. « Très longtemps, la diplomatie a été contrainte », a-t-il expliqué, évoquant les limites imposées par la procédure judiciaire en cours dans le royaume chérifien. En clair, tant que la justice marocaine n’avait pas vidé le dossier, Dakar ne pouvait intervenir pleinement sans empiéter sur la souveraineté judiciaire du pays hôte. « Maintenant que la procédure judiciaire est terminée, nous avons les coudées franches et avons déjà commencé à nous engager avec la partie marocaine », a affirmé le ministre, annonçant l’ouverture de discussions directes avec les autorités marocaines. Objectif : trouver « la meilleure voie » pour une issue favorable à cette crise qui dépasse désormais le simple cadre judiciaire.
Car derrière ce dossier, c’est aussi l’image d’une relation historique qui vacille. Entre Dakar et Rabat, les liens ont toujours été présentés comme exemplaires. Une coopération dense, une proximité politique assumée, et des échanges humains constants. Mais cette affaire des supporters a jeté un froid.
« C’est un problème extrêmement douloureux », reconnaît Cheikh Niang, soulignant à la fois la souffrance des familles et le malaise dans l’opinion publique. « Il y a eu beaucoup d’incompréhensions, et à juste raison », admet-il, signe que le gouvernement mesure l’ampleur du ressentiment.
Dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient chaque détail, l’exécutif sénégalais joue désormais gros. Il lui faut rassurer, agir vite, et surtout obtenir des résultats concrets. La promesse est là : « Très bientôt, la page sera tournée ».
En toile de fond, cette affaire pose une question cruciale : jusqu’où peut aller la diplomatie sénégalaise face à une décision judiciaire étrangère, sans fragiliser des relations stratégiques ? Un équilibre délicat que Dakar semble désormais prêt à assumer, après une phase d’attentisme imposé. En attendant, au Sénégal, les regards restent tournés vers Rabat. Et pour les 18 supporters, chaque jour compte...
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