Rufisque : surpris en train d’abuser d’un enfant de 8 ans, Ismaila Diallo risque 20 ans de réclusion


Un dossier particulièrement choquant a été examiné devant la chambre criminelle de Dakar. Selon le quotidien Les Échos, un jeune homme nommé Ismaila Diallo, aujourd’hui âgé de 24 ans, encourt 20 ans de réclusion criminelle pour viol, pédophilie et actes contre-nature commis sur un mineur de huit ans.
 
Les faits remontent à 2021 dans le quartier Gouye Mouride à Rufisque, où l’accusé, alors âgé de 19 ans, aurait été surpris en flagrant délit dans un bâtiment en construction avec l’enfant.
 
Un récidiviste déjà condamné
 
Le dossier révèle un passé judiciaire déjà chargé. D’après Les Échos, Ismaila Diallo avait été condamné en 2019 à six mois de prison ferme pour actes contre-nature. Malgré cette condamnation, il aurait récidivé deux ans plus tard dans des circonstances encore plus graves.
 
Le procès de ce jeune homme intervient d’ailleurs dans un contexte particulier au Sénégal, marqué par un débat public sur le durcissement des sanctions liées aux actes contre-nature, après plusieurs arrestations liées à ces infractions.
 
Mais dans cette affaire précise, la gravité réside surtout dans l’âge de la victime, un enfant de huit ans.
 
Surpris par des passants alertés par les cris de l’enfant
 
Selon les éléments de l’enquête, les faits se seraient déroulés le 16 juillet 2021. Des passants, alertés par les cris de détresse du garçon, se seraient dirigés vers un bâtiment en construction où ils auraient surpris l’accusé en train d’abuser de l’enfant.
 
Le père de la victime, M. Kane, avait aussitôt déposé plainte au commissariat de Gouye Mouride.
 
Dans sa déclaration aux enquêteurs, il expliquait que son fils se plaignait régulièrement de douleurs et d’abcès à l’anus, ce qui l’avait conduit à l’emmener à l’hôpital.
 
Des constatations médicales accablantes
 
Conduit à l’Hôpital Youssoupha Mbargane de Rufisque, l’enfant a été examiné par des médecins qui ont constaté des fissures anales récentes et anciennes.
 
Ces observations médicales ont renforcé les soupçons d’abus sexuels répétés.
 
Entendu par les enquêteurs, le mineur aurait affirmé que l’accusé l’avait agressé à trois reprises. Selon son récit, Ismaila Diallo l’aurait attiré à chaque fois dans un bâtiment en construction, où il le déshabillait avant de l’agresser sexuellement.
 
Des aveux troublants lors de l’enquête
 
Interpellé, l’accusé n’aurait pas immédiatement contesté les faits. Toujours selon Les Échos, il aurait même déclaré aux enquêteurs être habitué à ce type d’actes.
 
Pour expliquer son comportement, il aurait affirmé avoir lui-même été victime de viol dans un daara par son maître coranique, évoquant un traumatisme remontant à son enfance.
 
Devant le juge d’instruction, il avait également indiqué que ses parents étaient au courant de ses penchants sexuels, allant jusqu’à leur demander de lui trouver une épouse afin de l’aider à changer.
 
Placée sous mandat de dépôt le 26 juillet 2021, l’affaire a finalement été jugée plusieurs années plus tard devant la chambre criminelle.
 
Revirement spectaculaire à la barre
 
Lors de son procès à Dakar, l’accusé a totalement changé de version.
 
À la barre, il a rejeté l’ensemble des aveux faits à la police et devant le juge d’instruction. Il a affirmé que, le jour des faits, c’est le mineur lui-même qui serait venu le retrouver après l’école à son commerce vers 17 heures.
 
Selon lui, l’enfant lui aurait proposé une relation sexuelle et ils se seraient rendus dans un bâtiment en construction. Il a toutefois soutenu que l’acte n’aurait finalement pas eu lieu, expliquant qu’ils auraient été surpris juste après s’être déshabillés.
 
Une version qui contraste fortement avec les éléments de l’enquête et les constatations médicales.
 
Le procureur requiert 20 ans de prison
 
Face à la gravité des faits et à la minorité de la victime, le procureur de la République a requis 20 ans de réclusion criminelle contre Ismaila Diallo.
 
La défense, pour sa part, a adopté une position inhabituelle. L’avocat du prévenu a évoqué la clause de conscience, indiquant qu’il préférait s’en remettre à la sagesse du tribunal pour décider du sort de son client.
 
Verdict attendu en avril
 
La victime et son représentant légal étant absents à l’audience, la chambre criminelle de Dakar a mis l’affaire en délibéré.
 
Le jugement sera rendu le 14 avril 2026.
Jeudi 12 Mars 2026
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :