Protection de l’enfance : la DPJS et l’UNICEF unissent leurs forces contre les abus en ligne


Face à la montée des abus et exploitations en ligne visant les enfants, la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale (DPJS), en partenariat avec l’UNICEF, a organisé ce jeudi à Dakar un atelier de formation destiné aux acteurs de la chaîne pénale.

Placée sous le thème « Abus et exploitation en ligne des enfants : réponse judiciaire et prise en charge des victimes », cette rencontre s’inscrit dans une série d’ateliers déjà tenus à Thiès, Saint-Louis et Kaolack. Elle vise à renforcer les capacités des magistrats, officiers de police judiciaire et éducateurs spécialisés dans la lutte contre les violences numériques faites aux enfants.
« Nous sommes réunis aujourd’hui pour nous former sur un thème très important : la protection des enfants contre les abus et exploitations en ligne. Le numérique évolue à une vitesse vertigineuse et les mécanismes d’abus évoluent avec lui », a déclaré Aissé Gassama Tall, directrice générale de la Protection judiciaire et sociale.

Selon une étude récente menée par l’UNICEF en 2025 dans six régions du Sénégal (Dakar, Kédougou, Tambacounda, Ziguinchor, Sédhiou et Kolda)  auprès de 1 149 enfants, 60 % d’entre eux affirment utiliser Internet quotidiennement.
 

Mais cette connectivité accrue n’est pas sans risque : 45 % des enfants interrogés déclarent avoir été exposés à des contenus inappropriés ou victimes de prédation sexuelle sur les réseaux sociaux.

Les plateformes comme TikTok, Facebook ou WhatsApp sont régulièrement utilisées par des prédateurs pour approcher ou recruter des enfants, parfois en vue d’une prostitution clandestine.

 Le Sénégal dispose d’un arsenal juridique pour encadrer le numérique et protéger les mineurs : la loi 2008-11 sur la cybercriminalité et la loi 2008-12 sur la protection des données à caractère personnel, toutes deux promulguées le 25 janvier 2008.

En 2016, le Code pénal et le Code de procédure pénale ont été révisés pour introduire de nouvelles incriminations, notamment l’atteinte à la vie privée ou la captation d’images et de sons sans consentement.
Ces réformes sont appuyées par la création de la Commission des données à caractère personnel (CDP) et de la Division spéciale de la cybercriminalité, qui complètent le dispositif national.

Pour la DPJS, le renforcement des compétences des acteurs de terrain est désormais une priorité. « Il est temps de former tous les acteurs impliqués dans la prise en charge des enfants victimes : éducateurs, magistrats, officiers de police judiciaire. Les premiers doivent être capables de détecter les signes précoces de vulnérabilité, souvent invisibles, et de savoir orienter les enfants vers les spécialistes », souligne Mme Gassama Tall.

Avec plus de 8 millions d’utilisateurs d’Internet au Sénégal, dont 60 % ont moins de 25 ans selon les données de l’ARTP, la directrice insiste sur la nécessité d’un accompagnement parental et institutionnel renforcé : « Les enfants sont connectés en permanence, mais sans encadrement. Les adultes doivent être formés pour les accompagner dans un usage sécurisé du numérique. »
Vendredi 14 Novembre 2025
Amadou Koundour 



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