Présidentielle en Gambie : Adama Barrow face à cinq challengers.

Ce samedi 4 décembre, les gambiens se rendront aux urnes pour élire leur président de la République. Ils choisiront entre le président sortant Adama Barrow et cinq autres candidats : Ousainou Darboe, Mamah Kandeh, Essa Mbye Faal, Halifa Sallah et Abdoulie Ebrima Jammeh.


À la présidentielle de décembre 2016, Adama Barrow comptait sur une coalition de l’opposition pour déboulonner Yaya Jammeh qui venait de boucler ses 22 ans de règne sans partage. Vaincu, le dictateur a refusé de reconnaître sa défaite avant d’y être poussé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Après avoir prêté serment au Sénégal, à l'ambassade de la Gambie, Barrow est retourné dans son pays pour une nouvelle investiture le 18 février 2017.

À partir de cette date, il est devenu le troisième président de la République gambienne. Mais l’ancien agent immobilier ne tardera pas à rompre son alliance avec des opposants comme Ousainou Darboe ou Halifa Sallah qui font partie de ses challengers pour le scrutin de ce samedi. 


Opposant traditionnel de Yaya Jammeh pour avoir pris part à toutes les élections organisées sous l’ancien président, Darboe, avocat de profession n’a pas pris part à la présidentielle de 2016. Il était en prison pour avoir réclamé lors d’une marche la lumière sur la mort de Solo Sandeng, un membre de son parti torturé à mort. Ousainou Darboe qui a été libéré après l’arrivée de Barrow au pouvoir, a été nommé ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement de l'après Jammeh.

Ensuite, le « vieux » a remplacé Fatoumata Tambajang à la vice-présidence. Son compagnonnage avec Adama Barrow est arrivé à son terme en 2019 suite à une brouille sur la volonté de Barrow de terminer son mandat de 5 ans alors qu’il avait promis de n’assurer qu’une transition de 3 ans. Ousainou Darboe a repris sa formation politique, le Parti démocratique unifié (UDP) poussant le président gambien à créer une nouvelle formation politique, le Parti national du peuple (NPP).  

Présenté comme le challenger le plus sérieux du président sortant, Darboe espère que cette fois-ci sera la bonne. 

Adama Barrow aura en face de lui un autre allié en la personne de Halifah Sallah. Ancien porte-parole de la coalition qui a porté l’ancien agent immobilier au pouvoir, Halifah Sallah part au scrutin du samedi 4 décembre sous les couleurs de l’Organisation démocratique du peuple pour l’indépendance et le socialisme (PDOIS). Moins populaire que Ousainou Darboe dans le landernau politique, Sallah qui n'en est pas moins un très bon communicant entend jouer sa partition dans cette élection à un tour auquel participe l’ancien avocat spécial de la Commission réconciliation vérité et réparations. 

Essa Mbye Fall considère que l’actuel pouvoir n’est pas prêt à mettre en œuvre les recommandations formulées par la commission. En décembre 2016, il est arrivé en troisième position après Yaya Jammeh. 
Mammah Kandé sera soutenu par l’ancien président gambien qui prend ainsi le contre-pied de son parti l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC) qui a décidé d’aller avec Adama Barrow. 

Parmi les candidatures validées par la Commission électorale indépendante, celle de Abdoulie Ebrahima Jammeh est la moins susceptible de créer la surprise. Il n'empêche, l’ancien directeur de l’aviation civile gambienne qui sera sur les starting-blocks sous l'étiquette du Parti de l’Union nationale (NUP) tentera sa chance.

Selon la Commission électorale indépendante, 962 157 électeurs sont inscrits sur les listes pour une population de plus de 2 millions de personnes. La Gambie compte sept zones administratives, 53 circonscriptions, 120 quartiers et 1 554 bureaux de vote. Les électeurs sont appelés à faire leur choix à travers un système consistant à placer des billes dans des fûts peints aux couleurs du parti de leur candidat. Les gambiens votent ainsi depuis 1965. 
 
Vendredi 3 Décembre 2021
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :