Paix des braves entre Dakar et Conakry : L'opposant guinéen Bah Oury applaudit, sermonne Condé et regrette la réaction de Bissau.


Samedi dernier à Accra, à l'occasion de la 59e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO, les autorités sénégalaises et guinéennes ont signé un accord de coopération militaire pour faciliter la réouverture des frontières fermées depuis le mois de septembre sur initiative de Conakry. Ce début de dégel entre les deux pays est salué par l’homme politique Bah Oury.

« J’avoue que c’est avec grand soulagement que nous avons appris ce week-end la signature à Accra d’un protocole de coopération militaire entre la Guinée et le Sénégal parce que c’était le prétexte que les autorités de Conakry avaient mis en avant pour fermer la frontière de manière unilatérale », se félicite le leader de l’Union des démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG) dans un entretien avec Dakaractu.

De l’avis de l’opposant guinéen, « c’était une expérience douloureuse pour des milliers de familles de part et d’autre des frontières ». En outre, il souligne que « l’économie guinéenne était négativement impactée au lendemain sans ressources pour subvenir à leurs besoins. Les produits agricoles qui étaient exportés auparavant n’ont pas pu l’être et ça a créé des pertes sèches pour beaucoup d’agriculteurs qui ont du mal à trouver les moyens pour se relever », regrette-t-il.

Une autre raison qui justifie son engagement pour un retour à la normale, c’est qu’il craignait que cette fermeture serve de point de départ à l’établissement de zones de non-droit en Guinée.

Selon l’opposant guinéen, si les arguments avancés par Conakry étaient réellement fondés, il y a un cadre plus approprié pour régler ces problèmes que d’aller vers une décision qui, à son avis, n’est en réalité mue que par des motivations politiciennes.

« Dans un pays qui fonctionne correctement, les questions de Défense ont les moyens d’être réglées sans pour autant que les populations en soient impactées », rappelle-t-il. Mais comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, il espère que l’accord trouvé entre le Sénégal et la Guinée Conakry permettra une reprise des aller et retour au bénéfice des populations riveraines.

Dans cet esprit, il regrette les propos du président bissau-guinéen en réaction à la signature du mémorandum entre Dakar et Conakry. Umaro Sissoco Embalo a demandé à ses pairs de « dire la vérité » à Alpha Condé qui, selon lui, n’en fait qu’à sa tête en prenant certaines décisions contre ses voisins. L’homme fort de Bissau a ensuite fait savoir qu’il n’est pas partisan de ce genre d’accord et n’enverrait pas de ministre pour signer quoi que ce soit avec son voisin de l’est. 

« En diplomatie, il y a des choses que vous pouvez dire à huis clos et que vous ne prendrez pas le risque de dire dans l’espace public. Tout cela ne va pas contribuer à restaurer une normalisation qui est souhaitable. Ici, nous militons pour que les autorités guinéennes rouvrent les frontières avec l’ensemble des pays limitrophes. Il y va de l’intérêt national du côté guinéen, comme de l’intérêt des populations de part et d’autre. Lorsque vous connaissez la nature et le profil psychologique de certains personnages publics, essayez de tenir compte de cela pour mettre en avant une diplomatie efficace permettant de régler les problèmes dans l’intérêt des populations. Un homme d’État fait preuve de retenue et de calme dans l’expression publique au risque de desservir l’intérêt de son pays et de la politique qu’il est en train de prôner », suggère Bah Oury.
Mardi 22 Juin 2021
Dakaractu



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