L'administration Trump « étudie des options militaires au Mali » : c'est ce que rapporte le journal américain Washington Post dans un article publié le 22 juillet 2026 et qui cite des responsables en fonction et d'anciens responsables, selon lesquels une intervention militaire serait donc envisagée.
Le quotidien précise également qu'il existe des « divergences » sur le sujet au sein de l'administration américaine.
Les États-Unis ont mené récemment une intervention militaire au Nigeria.
Mali et États-Unis ont initié un rapprochement depuis un an déjà, la coopération sécuritaire faisant partie des sujets sur la table.
« Ce serait plutôt probablement des frappes aériennes »
Le chercheur américain Andrew Lebovitch, spécialiste du Sahel au sein de l'Unité de recherche sur les conflits de l'Institut Clingendael, aux Pays-Bas, souligne au micro de David Baché : « C'est un débat qui se déroule au sein de l'administration américaine. Je crois que la possibilité reste assez limitée et que, si ça se déroule, ce serait plutôt probablement des frappes aériennes, mais pas une vraie offensive militaire. »
Il poursuit : « Au Mali, les impacts d'une frappe américaine seraient probablement très limités. Même si les États-Unis sont intervenus au Nigeria, les relations sont très différentes d’avec le Nigeria. Il n'y a pas de forces américaines au Mali. Et le contexte y est très différent. Si ça se passe, ce serait assez limité dans la capacité à mener des frappes, mais aussi dans l'impact. »
Interrogé sur la nécessité d’un nouvel acteur sécuritaire au Mali où les Russes de l’Africa Corps sont déjà présents aux côtés des Forces armées (Fama), Andrew Lebovitch conclut : « Une intervention de plus ne va pas changer la donne. Même si les États-Unis réussissent à cibler, par exemple, un autre cadre du Jnim [groupe jihadiste lié à al-Qaïda, NDLR] ou un autre cadre de l'État islamique, ce ne serait probablement pas suffisant pour changer la situation sur le terrain. »
« Nous attendons de voir la posture du gouvernement américain »
Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères du Mali, a évoqué cet article du Washington Post, le 23 juillet à Bamako, en marge d’une réunion sur un salon international sur la défense et la sécurité. « Nous savons que beaucoup de journaux ont repris cette information. Nous n’avons aucune information, aucune déclaration officielle des États-Unis ou d’officiels américains sur cette question. Nous attendons de voir quelle posture le gouvernement américain aura. Je peux vous assurer que le Mali n’est pas assis en train d’attendre que d’autres viennent régler notre problème », a-t-il déclaré sans mentionner l'Africa Corps russe.
Le 25 avril 2026, les rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA) et les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim) ont lancé une série d’attaques coordonnées qui leur ont permis de prendre le contrôle d’une partie du nord du Mali. Le ministre de la Défense avait notamment été tué.
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