Rapport annuel 2025: Quand la BCEAO vise l’inclusion financière et la PI-SPI pour transformer l’UMOA


Le Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a présenté ce mercredi le Rapport annuel 2025 de l’institution, devant les représentants des médias de l’espace UMOA réunis dans un format inédit voulu comme un exercice de transparence et de redevabilité à l’endroit des populations de l’Union. Dans son mot introductif, le Gouverneur a salué la présence des journalistes économiques, dont certains venaient de participer à un séminaire de formation organisé par la BCEAO, soulignant leur rôle de relais d’une information économique rigoureuse et accessible, gage de confiance et de qualité du débat public au sein de l’Union.

 

Il s'agit d’abord pour Jean Claude Kassi-Brou d’évoquer le cadre macroéconomique. Il a rappelé que l’année 2025 a été marquée par un environnement international incertain, entre tensions géopolitiques, durcissement des politiques commerciales et volatilité des marchés, auxquels s’ajoutent au niveau régional les défis sécuritaires et climatiques. Malgré ce contexte, l’UMOA a fait preuve de résilience : l’inflation moyenne annuelle est tombée à un niveau nul, contre 3,5% en 2024, tandis que la croissance économique a atteint 6,7% en 2025, contre 6,2% l’année précédente. Les échanges extérieurs se sont également améliorés, portés par la hausse des prix des produits exportés et l’accroissement des ventes d’hydrocarbures et d’or.

 

Le Gouverneur a détaillé les trois priorités stratégiques ayant guidé l’action de la Banque Centrale en 2025. La première a porté sur la maîtrise de l’inflation, avec un assouplissement progressif de la politique monétaire : après avoir relevé son taux directeur de 2% à 3,50% pour juguler le pic inflationniste de 8,8% enregistré en août 2022, la BCEAO l’a ramené à 3,25% le 16 juin 2025, favorisant une progression d’environ 6% des crédits bancaires au secteur privé.

 

La deuxième priorité a concerné le renforcement de la stabilité financière, avec notamment le relèvement du capital social minimum des banques à 20 milliards de francs CFA, la consolidation du cadre réglementaire bancaire et de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi que l’intensification de la supervision par la Commission Bancaire de l’UMOA.

 

La troisième priorité visait l’accélération de la transformation du système financier régional. La BCEAO a fait adopter par le Conseil des Ministres de l’UMOA une nouvelle Stratégie Régionale d’Inclusion Financière 2025-2030, avec un objectif de porter le taux d’accès aux services financiers à 90%, contre 76% en 2025, en particulier dans le monde rural. L’institution a également créé un Laboratoire d’Innovation Financière dédié aux paiements digitaux et procédé au lancement officiel de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), destinée à fluidifier et rendre moins coûteux les systèmes de paiement de l’Union. La Banque Centrale a par ailleurs organisé en 2025 une conférence internationale sur l’intelligence artificielle et les banques centrales, pour définir ses orientations sur une intégration progressive de l’IA dans ses activités.

 

Sur le plan opérationnel, la BCEAO a poursuivi la modernisation de son réseau d’agences, avec l’inauguration de deux nouvelles Agences Auxiliaires à Kayes (Mali) et Odienné (Côte d’Ivoire), ainsi que du nouvel immeuble de l’Agence Auxiliaire de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, dans le cadre de son Plan Stratégique 2025-2027.

 

Le Gouverneur a réaffirmé l’ambition de la Banque Centrale de bâtir une institution plus moderne, plus innovante et plus proche des besoins des populations de l’Union, tout en remerciant les professionnels des médias pour leur contribution à une meilleure compréhension des enjeux économiques communautaires.

Mercredi 22 Juillet 2026
Dakaractu



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