Madrid-COP 25 : les sénégalais « pas emballés », mais trés préoccupés par la montée de l’extrême droite

La ville de Madrid en Espagne accueille la conférence des Nations Unies pour le climat. Le Sénégal y est représenté. Cependant, un tour dans la ville renseigne de l’insouciance des habitants de la Capitale Espagnole pour cette conférence. Les sénégalais d’ici non plus ne sont pas au courant de la tenue de cette conférence sur le climat. Les inquiétudes sont ailleurs, la montée de l’extrême droite à la mairie de Madrid, avec à sa tête José Luis Martinez-Almeida, y est pour quelque chose.


El Hadj Ibrahima Ndiaye, tenancier du restaurant « le Baobab »
El Hadj Ibrahima Ndiaye, tenancier du restaurant « le Baobab »
La fin de la journée dans le centre IFEMA - Feria de Madrid en Espagne où se déroule la COP 25. Les délégations se ruent tout doucement vers la sortie. Un tour dans la ville, à la recherche de nos compatriotes, nous mène à « Bilbao », destination « la maison de Paredes », une petite ruelle où les frères Diaw tiennent un restaurant « Africa Ndiambour Restaurante ». Les spécialités pour ces habitants de Louga sont les cuisines sénégalaises, « 5 euros pour se sentir chez soi au Sénégal ».
Le restaurant est bondé de monde, les sénégalais en majorité ainsi que quelques Espagnols, mais aussi des Péruviens.
L’accueil de la part des compatriotes attablés n’est pas des plus chaleureux. Nous allons comprendre pourquoi très vite. Si le propriétaire est heureux de nous accueillir, lui qui n’a que trois mois d’existence, les « modous-modous » sont réticents à évoquer la COP à notre micro.
«Savez-vous que la COP 25 se tient à Madrid ? » « Non, me répond Abdou Diop », sénégalais depuis quelques temps à Madrid, consent-il à se présenter.
« Je ne suis pas au courant, tu viens de me mettre au courant qu’elle est organisée ici. Ça peut être important, mais cela ne m’intéresse pas. Si j’ai du temps, je pourrais venir visiter », ajoute-t-il. À la question « comment se passe la vie à Madrid pour vous ? » Notre compatriote est plus prolixe. « On se débrouille pas mal. Mais le refrain est le même partout, c’est très difficile pour tout le monde. Mais on est des hommes, on se débrouille », se voudra t’il confiant dans l’avenir.
 Nos autres compatriotes assis à la table en face ne nous réservent pas le même accueil. Le regard est ombrageux. L’un d’eux donne comme excuse de ne pas être sénégalais dans un Ouolof impeccable. Mais revient pour nous dire qu’il « n’était pas au courant de la Conférence ». Son ami « n’en sait pas davantage  que lui ». Décidément la COP n’a pas une bonne pub chez eux.

Les « modous-modous » préoccupés par la montée de l’extrême droite

Cette ignorance feinte ou pas de la COP cache pour nos compatriotes un autre souci. La ville de Madrid est désormais aux mains  de l’extrême droite. Troisième force politique espagnole, avec sa rhétorique anti-immigrés, elle tient désormais d’une main de fer la Capitale espagnole. Plus question de voir des vendeurs à la sauvette dans la rue. Nos compatriotes pour la plupart qui exercent le métier dans les rues madrilènes sont obligés de ronger leur frein en attendant des lendemains meilleurs. Selon El Hadj Ibrahima Ndiaye, tenancier du restaurant « le Baobab », la situation des jeunes sénégalais risque d’être catastrophique.
« Les sénégalais ne sont pas intéressés par l’actualité qui se déroule à Madrid. Ils ont d’autres besoins à gérer. Il est très difficile de travailler à Madrid en ce moment. Tous les postes qu’occupaient les sénégalais pour écouler leurs marchandises leur sont désormais interdits « La policia-municipal » est partout ».
Il a fini par lancer un appel à l’Ambassade pour trouver une solution à la situation de ces sénégalais...
Mercredi 4 Décembre 2019
Dakaractu



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