Lutte contre les violences sexuelles et sexistes : 274 millions de personnes auront besoin d'aide humanitaire et de protection en 2022, contre 235 millions en 2021.


Lutte contre les violences sexuelles et sexistes : 274 millions de personnes auront besoin d'aide humanitaire et de protection en 2022, contre 235 millions en 2021.
Il est constaté dans le monde entier, y compris en Afrique de l’Ouest, qu'une combinaison toxique de conflits mondiaux, du Covid-19 et des changements climatiques, exacerbe les violences sexuelles et sexistes basées sur le genre, contre les femmes, les enfants et les adolescents vulnérables.

En effet, que ce soit des conflits armés, catastrophes naturelles ou urgences humanitaires, ces faits cités peuvent considérablement affaiblir la capacité d’une société à protéger les femmes, les enfants et les adolescents contre ces violences. D’ailleurs, le viol comme d’autres formes de barbarie sont généralement utilisés dans les conflits comme des outils de guerre pour atteindre des objectifs militaires ou politiques.

Prenant le cas du viol, il a des conséquences terribles sur la santé physique et mentale des femmes,
notamment des complications liées à la grossesse, des maladies sexuellement transmissibles (MST) et la mort provoquée par un avortement à risque. Mais aussi, la crainte de la stigmatisation sociale qui découle du viol, décourage les femmes qui ont subi une telle agression à chercher de l’aide ou un traitement, de sorte que de nombreux cas ne sont généralement pas signalés.
En guise d’appui à ces propos, il est cité dans un rapport qu’en 2022, 274 millions de personnes auront besoin d’aide humanitaire et de protection. 

Ce chiffre est en nette augmentation, comparé à celui de 235 millions de personnes il y a un an, qui était déjà le plus élevé depuis des décennies. Alors que les statistiques sur le plan mondial montrent que près d’un tiers des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans ayant déjà eu un partenaire, ont subi des
violences physiques et/ou sexuelles au cours de leur vie, la menace des violences sexuelles et sexistes (VSBG) est élevée dans les contextes humanitaires.
Toutefois en 2021, 49 groupes ont été  soupçonnées avec certitude, d’avoir commis ou d’être responsables de viol ou d’autres formes de violences sexuelles dans des situations de conflit armé. Les femmes et les filles
représentaient 97% des cas de violence sexuelle liés aux conflits signalés en 2021.

Les filles et les femmes victimes d’un conflit peuvent également être contraintes de se livrer au commerce du sexe en échange de nourriture, d’argent ou d’autres ressources nécessaires à leur survie. Et dans certaines régions, elles sont mariées précocément ou de force pour protéger ou prendre soin de leur famille. En raison de la privation de liberté et de la violation des droits, le mariage des enfants est en soi une forme de violence liée au sexe, et reconnu comme tel par le droit international.

Ces conflits ne sont pas les seuls facteurs de l’augmentation inquiétante des violences
sexuelles et sexistes. La pandémie mondiale du Covid-19 et les événements climatiques extrêmes contribuent également de manière significative aux VSBG.

Bien que des populations entières soient touchées par les changements climatiques, les femmes, les filles en sont doublement victimes, à la fois en tant qu’êtres humains et en raison de leur sexe. Le Programme des Nations unies pour l’environnement estime que 80 % des personnes déplacées du fait des changements climatiques sont des femmes.

« Lorsque les femmes sont déplacées et contraintes de se réfugier dans des camps de réfugiés ou dans d’autres lieux peu sécurisés, elles sont souvent séparées de leur famille élargie et de leurs réseaux
de soutien communautaire, et ont un accès limité aux services sociaux et de santé de première nécessité. Dans de tels contextes, les femmes et les filles sont plus exposées aux VSBG », a révélé ledit rapport. 

Fort de ce constat et se trouvant dans l’urgence d’y apporter des solutions, trois grands défenseurs de la santé et des droits des femmes, à savoir, Hon. Helen Clark, présidente du conseil d’administration de et ancienne première ministre de Nouvelle-Zélande, Michelle Bachelet, Haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et ancienne présidente du Chili, et S.E. José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, dans une tribune publiée le vendredi 26 août 2022, ont appelé à une action multilatérale urgente pour lutter contre ce qu’ils décrivent comme un fléau de viol ou d’autres abus physiques ou mentaux,  visant les femmes, les enfants et les adolescents vulnérables, en particulier ceux qui vivent dans des contextes humanitaires.
Lundi 29 Août 2022




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