Les frappes iraniennes sur des lieux emblématiques secouent les résidents de Dubaï


Avec sa façade en forme de voile de navire, le somptueux hôtel Burj Al Arab symbolise le luxe de Dubaï. Mais incendié par des missiles iraniens, il s'est mué en symbole de la crise frappant les monarchies du Golfe.

Les résidents ont été abasourdis lorsque des centaines de drones et missiles ont visé samedi et dimanche les Emirats arabes unis et autres pays alliés des Américains dans le Golfe, longtemps un havre de paix préservé des turbulences régionales.

A Dubaï, petit port austère métamorphosé en paradis fiscal cosmopolite hérissé de gratte-ciel, les cibles étaient hautement symboliques.

Des explosions ont également touché un hôtel de luxe sur l'emblématique archipel d'îles artificielles The Palm, terrain de jeu des grandes fortunes.

L'aéroport de Dubaï, l'un des plus fréquentés au monde, et le port de Jebel Ali ont aussi été frappés. Ces deux infrastructures concentrent à elles seules 60% des revenus de l'Emirat, selon les statistiques officielles.

Dalia, une expatriée libanaise de 33 ans, se trouvait sur la plage très fréquentée de Kite Beach, près de l'hôtel Burj Al Arab, quand missiles et drones iraniens ont été interceptés samedi dans le ciel, provoquant un incendie dans les premiers niveaux de l'hôtel.

"C'était très troublant qu'une chose pareille arrive à Burj Al Arab", confie Dalia, impressionnée par "le nuage de fumée au‑dessus de Kite Beach".

- "Havre de paix" -

"Je ne me suis pas sentie en danger", dit-elle, "mais je me suis demandée: et si les choses devenaient vraiment hors de contrôle?".

Un médecin d'une soixantaine d'années, qui déménagé à Dubaï pour fuir la crise économique dans son Liban natal, raconte avoir renoncé à sa sortie hebdomadaire à Kite Beach pour éviter un spectacle "déprimant".

"Dubaï était mon havre de paix, mais la guerre nous a suivis du Liban jusqu'ici", regrette cet homme, qui préfère taire son nom.

Les résidents ont un rapport affectif avec le célèbre Burj Al Arab inauguré en 1999, bien plus populaire que l'imposant Burj Khalifa, plus haut gratte-ciel au monde ouvert en 2010 au centre-ville.

L'île artificielle en forme de palmier Palm Jumeirah , constellée de villas chic et d'hôtels hors de prix, est toute aussi célèbre, en partie grâce à ses célèbres propriétaires comme la star indienne Shah Rukh Khan et la famille britannique Beckham.

Réputée pour ses longs brunchs arrosés, pilier de la vie sociale à Dubaï, les festivités du samedi sur l'île ont été brutalement interrompues par une énorme détonation, suivie d'un incendie à l'hôtel Fairmont.

- "Descendre à la cave?" -

"On est dehors en train de prendre des cocktails, et la minute d'après on se fait bombarder", témoigne une expatriée britannique vivant à proximité, qui s'est réfugiée au sous-sol de son immeuble avec quelque 150 autres personnes.

"Vous devez choisir: descendre à la cave ou aller dormir en espérant que ça se passe bien?", résume son mari, souhaitant aussi rester anonyme.

Dimanche, alors que de la fumée s'élevait du port de Jebel Ali, des agents de sécurité écartaient les curieux tentant de s'approcher de la façade meurtrie de l'hôtel Fairmont.

La vitre arrière d'un taxi garé juste devant a volé en éclats, tout comme la fenêtre d'un immeuble situé à 60 mètres.

"Nous n'avons jamais perdu de vue que nous vivons dans un pays du Moyen-Orient, et cela prouve qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver", commente la ressortissante britannique.

En prenant pour cible des joyaux économiques de Dubaï et des symboles de sa réussite, l'Iran a attaqué un modèle qui a fait des émules comme l'Arabie saoudite qui tente d'attirer touristes, talents et capitaux.

Malgré tout, les habitants n'ont aucune envie de faire leurs valises.

"Nous vivons toujours dans ce qui est probablement l'endroit le plus sûr au monde. C'est perturbant, mais pas au point de quitter Dubaï!", précise l'époux britannique.
Dimanche 1 Mars 2026
Dakaractu



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