L’Afrique absente, le monde en crise : Le ministre Cheikh Niang plaide une réforme du Conseil de sécurité


À l’occasion de la rencontre avec les journalistes et éditorialistes organisée en marge de la 10e édition du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, prévue les 20 et 21 avril 2026, le ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a lancé un appel à une Afrique plus décisive, mieux organisée et davantage représentée dans les instances internationales.

 

Le ministre a voulu recentrer le débat sur la vocation première de telles rencontres. Pour lui, le Forum de Dakar ne doit pas être un simple exercice intellectuel. « À quoi servent les émissions, les forums, si c’est pour passer le temps ? » a-t-il lancé, avant de rappeler que l’objectif est de produire des propositions concrètes, transmises aux organisations concernées (Union africaine, CEDEAO et autres entités régionales ou internationales.)

 

Le ministre de l’Intégration africaine et des affaires étrangères a cité l’exemple du forum de 2017, dont les recommandations ont directement conduit à la création d’une école de cybersécurité à vocation régionale au Sénégal. La preuve, selon lui, que ces assises peuvent générer des résultats tangibles lorsqu’elles s’accompagnent d’une volonté de suivi et de mise en œuvre.

 

Un Conseil de sécurité à réformer d’urgence

 

Abordant la question de l’architecture mondiale de sécurité, le ministre a estimé que le Conseil de sécurité des Nations Unies est paralysé, incapable de remplir ses missions dans un contexte international de plus en plus instable. Il a rappelé que cette institution ne reflète plus les réalités géopolitiques d’aujourd’hui avec une absence de l’Afrique et de l’Amérique latine en tant que membres permanents. C’est dans ce contexte que l’Afrique, a-t-il souligné, a développé une position commune visant non seulement à défendre la paix et la liberté, mais aussi à obtenir une réforme structurelle du Conseil de sécurité. Une revendication légitime, a-t-il insisté, pour un continent qui représente plus d’un milliard d’habitants et qui subit de plein fouet les conséquences des décisions prises sans lui.

 

 

Le défi de la cohésion africaine

 

Cheikh Niang n’a pas esquivé les contradictions internes au continent. Il a fait remarquer le manque de cohésion de l’Afrique sur la scène internationale, déplorant que certains acteurs, sous l’influence d’intérêts extérieurs, fragilisent la position commune africaine. « Nous devons cesser de laisser d’autres dicter nos priorités », a-t-il averti, appelant à plus d’audace et de solidarité entre États africains.

 

Le ministre a conclu en appelant à une posture résolument proactive en formulant des propositions, les porter auprès des bonnes instances et d’assumer collectivement le rôle que l’Afrique doit jouer dans la gouvernance mondiale de la paix et de la sécurité.

Dimanche 29 Mars 2026
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :