Candidature de Macky Sall à l’ONU : Le Burundi défend les procédures de l’UA face aux critiques rwandaises


L’Ambassadeur du Burundi auprès de l’Union africaine, Willy Nyamitwe, a répondu au ministre rwandais des Affaires étrangères, dont les déclarations sur la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations Unies ont suscité une vive controverse au sein de l’institution continentale. Sur son compte X, le diplomate burundais qualifie la sortie de Kigali de « regrettable tant sur le fond que sur la forme », estimant qu’elle déforme la réalité des mécanismes de décision de l’UA.

 

Le sujet tourne évidemment sur le recours à la procédure de silence pour entériner le soutien de l’organisation à la candidature de Macky Sall. Le ministre rwandais avait présenté cette démarche comme une violation des règles de l’Union. Nyamitwe réfute catégoriquement cette lecture et rappelle que ce mécanisme est bien établi et régulièrement appliqué au sein de l’institution. Le fait que certains États membres aient choisi de rompre le silence ne constitue nullement une anomalie, mais illustre au contraire le bon fonctionnement du dialogue interétatique.

 

Le diplomate burundais ajoute par ailleurs que le Président en exercice de l’UA, S.E. Evariste Ndayishimiye, a agi en pleine conformité avec son mandat, en chargeant expressément la Commission de l’UA de transmettre le projet de décision à l’ensemble des États membres pour adoption selon les règles et procédures de l’Union. Sur la question du délai de 24 heures vivement critiqué par Kigali, Nyamitwe apporte une précision en estimant que ce délai n’a pas été fixé par la présidence de l’UA, mais résulte d’une décision interne au niveau de la présidence du Comité des représentants permanents, et ce malgré les réserves exprimées par le conseiller juridique et le secrétariat. Il est donc « inexact », selon lui, d’en imputer la responsabilité à la présidente de l’organisation.

 

Nyamitwe juge « exagérée » toute tentative de présenter ce différend procédural comme une violation flagrante ou un facteur de discrédit pour l’institution et plaide pour que les divergences soient traitées par les voies diplomatiques établies, dans un esprit de collégialité et de respect mutuel. Il considère que les commentaires publics formulés sur un ton « méprisant ou incendiaire » ne favorisent pas le dialogue constructif et peuvent donner l’impression d’un manque de maturité dans le traitement des dossiers continentaux sensibles...

Dimanche 29 Mars 2026
Dakaractu



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