Industries extractives : WIM propose un indice de genre pour réponse à la situation de faiblesse des données sexo-désagrégées.


La question du genre dans le secteur extractif demeure encore mal connue et mal documentée malgré des avancées notables en matière de disponibilité de données sexo-désagrégées. En effet, la part des femmes entrepreneures dans les marchés locaux et leurs contraintes réelles sont encore mal documentées. 

En outre, les entreprises minières ne disposent pas de système de suivi permettant de tracer de manière précise les entrepreneures femmes. Le secteur de la mine artisanale parce que constitué d'activités plus ou moins illégales est mal maîtrisé comme les impacts des activités extractives sur les communautés et l'impact des investissements sociaux sur les communautés hôtes.

En vue de toutes ces contraintes notées, les femmes du secteur extractif WIM (woman in mining) ont tenu un atelier de restitution, suite à une étude effectuée dans les régions de Dakar, Thiès, Saint Louis, Matam, Fatick et Kédougou sur la situation des femmes évoluant dans ce secteur. Une indice de genre dans le secteur des industries extractives constituant ainsi une réponse à cette situation de faiblesse des données sexo-désagrégées, combinant plusieurs indicateurs agrégés suivant un modèle défini et permettant de mesurer des concepts multidimensionnels de manière assez satisfaisante par un seul indicateur.

Cette étude de faisabilité  consiste en une analyse exploratoire des principaux déterminants de l'exclusion des femmes. Elle a également permis de traduire ces déterminants en une liste d'indicateurs pertinents.

Une plateforme électronique de visualisation de l'indice, de ses composantes et indicateurs sera également développée. La plateforme informatique permettra une présentation en temps réel de l'indice mais également de mettre à la disposition des acteurs les données afférentes aux questions traitées.

La mise en place de cet indicateur appelle cependant à un certain nombre de recommandations pour une appropriation du processus par les acteurs, mais également la fourniture de données de qualité. Il s’agit de maintenir une dynamique inclusive de concertation en impliquant l'ensemble des acteurs pour s'assurer qu'à terme l'indice devienne le référentiel accepté et utilisé par tous, d’assurer un plaidoyer auprès de l'ITIE pour l'élargissement du portefeuille d'entreprises aux petites entreprises mais également disposer des données plus détaillées sur la situation des femmes, d’appuyer une meilleure connaissance de l'orpaillage artisanal et des dynamiques de vie dans les sites artisanaux en mettant le focus sur la situation des femmes et des enfants, les phénomènes de violence basées sur le genre, les impacts de la migration, les transformations des systèmes de production, les impacts environnementaux des activités minières et les risques sanitaires, de promouvoir une meilleure ouverture des entreprises du secteur pour fournir des données actualisées sur la situation des femmes, conduire un plaidoyer en direction de l'administration pour la réadaptation des processus de collecte de données et la définition d'outils qui prennent mieux en compte les questions de genre et enfin, construire une base de connaissances sur les impacts environnementaux des industries extractives en publiant notamment sur un format plus accessible les résultats des évaluations environnementales et en mettant en place un mécanisme de suivi des paramètres environnementaux pour donner aux communautés les informations claires et fiables.  
Jeudi 1 Juillet 2021
Dakaractu



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