Enquête parlementaire sur les 94 milliards : la crédibilité de Sonko mise à l’épreuve


L’Assemblée nationale, pour s’en servir comme de l’huile au coude, va rattraper le lièvre que Ousmane Sonko a soulevé, relativement à l’affaire des 94 milliards de F Cfa. En clair, de la tribune du Parlement ce vendredi, le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a dit au président Moustapha Niasse que son département est prêt et dispos pour répondre à toutes les questions des députés sur cette affaire, conformément à une requête du patron du groupe parlementaire majoritaire, Aymérou Gningue.
C’est dire que la crédibilité et l’image de marque de Sonko sont mises à l’épreuve à quelques jours du démarrage de la campagne pour la présidentielle. Le leader de Pastef, qui soutient, à juste raison, avoir saisi le procureur de la République d’une plainte,  peine cependant à démontrer qu’il n’est pas au centre d’un insidieux conflit d’intérêt. Si toutes les preuves, connues ou cachées, que détiennent ses accusateurs sont étalées sur la place publique, à la télé, à une heure de grande audience, le candidat à la présidentielle, dans les habits d’un Richard Nixon, risque de renvoyer à la Semaine des quatre jeudis ses ambitions présidentielles. Pas parce que la bande à Tahirou Sarr sortirait forcément de cette épreuve blanche comme neige, mais en raison des nombreuses contradictions venues lézarder la ligne de défense de l’opposant. A l’appréciation de celui-ci on pourrait soumettre les paroles tenues lors d’une mémorable conférence de presse, alors qu’il accusait explicitement Mamour Diallo d’avoir subtilisé une somme de 94 milliards sans plus de précisions. On se rappelle que quelques jours après les rebondissements portés par Madiambal Diagne face à Mamadou Ibra Kane, il avait du mal, sur le plateau de la 2S Tv, à dossocier sa société Atlas de Mercalex. Malheureusement, il sera enfoncé par l’enregistrement audio, dans lequel il reconnait avoir des intérêts dans ce dossier, qui connut un retentissement médiatique planétaire. Encerclé, il déclare, la main sur le feu et sous un tonnerre d’applaudissements de ses inconditionnels, qu’un versement de 46 milliards de F Cfa a été effectué. Mamour Diallo a rétorqué que c’est faux, quand il a révélé dans les colonnes de L’Observateur que seuls 3 milliards de F Cfa ont été libérés. L’affaire du saccage supposé du siège de Pastef (parti dont la direction était au courant de la sortie du directeur des domaines avec une longueur d’avance par rapport au Sénégalais lambda) viendra noyer le poisson. Qu’à cela ne tienne ! Devant les députés, Ousmane Sonko n’aura plus d’échappatoire.  S’il rate son grand oral, l’effet boomerang de sa témérité brouillera son discours de postulant à la Présidence de la République et va faire l’affaire de ses concurrents. A rebours, s’il s’en sort bien, en réussissant à prouver que Mamour Diallo et Cie sont des « voleurs », il sera adulé.  
Toute la question est maintenant de savoir comment matériellement Sonko pourrait être auditionné par l’Assemblée nationale d’ici au démarrage de la campagne.    
Samedi 26 Janvier 2019
Dakaractu




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