EN QUETE D’EMEUTES… (Par Soro DIOP)


De tout temps, depuis son apparition, depuis Ampère, l’électricité a exercé une énorme fascination sur l’homme, sa manière d’appréhender le réel. Elle a bouleversé le monde et les existences. L’historien Alain Corbin estime qu’avec l’électricité «se trouve bouleversé sournoisement le tempo des existences, modifié le regard porté sur le spectateur du globe». Voilà qui indique fort bien la place que l’électricité a prise dans nos vies.
 
Pas étonnant donc que la hausse de l’électricité donne lieu à tous les commentaires les plus fantaisistes et les plus fantasques dans un Sénégal où pullulent des professionnels en tout et les spécialistes en rien avec leurs inflammations oratoires sur le pétrole, le gaz et…l’électricité. Et le plus souvent avec des paroles qui se veulent feu sur des produits inflammables !  

Les explications les plus claires ont été apportées par le Directeur général de la Senelec, explications qui montrent et démontrent qu’il n’y a aucune ombre, aucun ombrage d’un passif lourd à imputer à son prédécesseur, et actuel ministre du Pétrole et des Energies, Mouhamadou Makhtar Cissé. 

Mais, les alarmistes munis de fumigènes…politiciens, les marchands de la sinistrose et autres rentiers de l’obscurantisme et…de l’obscurité, réclament encore et encore la clarté là où il y a pourtant trop de lumière.

Cette lumière a été apportée, en son temps, par le ministre qui a levé la confusion volontaire ou involontaire qui a été entretenue entre dettes et créances par de biens douteux experts en économie et finances qui courent les plateaux de télévision, colonisent les colonnes et squattent les sites d’informations. Il faisait remarquer alors que la Senelec est une entreprise produisant de la valeur et non une administration ; par conséquent, il est tout à fait normal qu’elle s’endette pour investir, augmenter son chiffre d’affaires et rembourser. Et là-dessus la Senelec n’a jamais été prise à défaut pour honorer ses dettes.
Est-il utile encore de débobiner le film des émeutes de l’électricité en avant 2012, quand le Sénégal n’était pas seulement sous les délestages intempestifs mais sous la chape de plomb des rationnements de l’électricité, de surcroît avec des factures toujours haussières.

Qui peut donc nier les immenses investissements consacrés dans la mise en œuvre du mix énergétique et aux énormes sacrifices consentis par la Senelec sous l’impulsion d’un nouveau management pointu qui a permis pendant des années et des années de maintenir une baisse substantielle de l’électricité. Tout comme l’Etat l’a consenti pour le gaz, l’essence et le gas-oil. S’il en en fut ainsi sur une longue période, c’est parce qu’il y a eu des mesures appropriées de redressement et de remise en santé d’une société qui avait failli exploser sous les errements de plans Takkal aux obscurs éclairages.

Qui oserait dénier au Président Macky Sall d’avoir eu une vision en matière de politique énergétique concrétisée, pour une bonne part sous le management alors de Mohammadou Makhtar Cissé, ci-devant Directeur de la Senelec ? Les faits sont têtus, même en face de l’entêtement de quelques Pères Noël aux hottes pleines de suspicions, d’impostures et de petites querelles politiciennes usées sur toutes les aspérités des dénégations et des négationnismes. Mais les faits sont faits. Ils sont des faits comme les quelque 571 KW en 2012 et aujourd’hui plus de 1 100 KW avec à la clé 3000 villages électrifiés.

AH, LES BRETTEURS !

Pour le reste, un constat ne trompe pas : à chaque fois que ses contempteurs s’abîment à le convoquer sur  le terrain de petites querelles, on découvre, sous l’épaisseur et l’opacité de leurs épouvantes logiques géométriquement centrées sur des accusations gratuites, leurs tourments et autres angoisses politiques. 

Mohammadou Makhtar Cissé gère le ministère du Pétrole et des Energies, une station qui charrie, chez certains opposants, surtout les pétro-névrosés, fantasmes et fantasmagories. Il faut donc faire descendre ce technocrate efficace et manageur performant du promontoire de son combat loyal pour faire du pétrole un levier d’émergence. 

Cette bataille vaut plus que les corridas des rhéteurs anachroniques dont il ne faut pas s’attendre qu’ils se débarrassent de leur phobie de la malédiction du pétrole pour épouser le rêve patriotique d’un bonheur de l’or noir partagé des Sénégalais. C’est trop demander à des gens qui fonctionnent à la bile… politicienne.

Le Directeur général de la Senelec, Pape Demba Bitèye, a fourni des éclairages à l’opinion sur la hausse du prix de l’électricité. Il s’agit, en fait, précise-t-il d’un « réajustement tarifaire… inévitable en raison de la disparition de la compensation financière versée par l’Etat à la Société nationale d’électricité (SENELEC) du Sénégal pour éviter une hausse des prix des factures d’électricité, l’évolution du prix du pétrole et un manque à gagner de 12,191 milliards ».

Alors, si la compensation financière de l’Etat disparaît, et face à la nouvelle structure du prix du pétrole au plan international, faut-il maintenir encore les mêmes prix et exposer ainsi les ménages, les entreprises, les travailleurs dans l’informel à un retour des délestages et autres rationnements de l’électricité autrement plus insupportables ?

Et là encore, les hausses ont été envisagées de sorte à préserver les couches sociales les plus vulnérables ; autrement, les petites bourses sociales, soit 611.203 familles à faibles revenus qui représentent 54 % de la clientèle domestique. On peut tout reprocher au Président Macky Sall, mais certainement pas d’avoir une politique volontariste de soulager les couches sociales démunies et de promouvoir l’équité territoriale.

Toute la stratégie de la plateforme d’opposants et autres engoncés sous le manteau de la société civile en quête de repositionnement dans l’espace politique après des échecs électoraux en série, consiste à s’abîmer à récréer des émeutes de l’électricité. 
Non, chez ces gens-là, il faut que ça s’allume socialement encore. Des briquets et de la paille. Du pétrole et du gaz. 

Il faut une situation sociale incandescente. Il faut que ça saigne comme chez les bouchers ! Depuis qu’ils sont en quête d’émeutes ! Ils n’arrivent pas toujours à arracher les bandeaux qui les rendent borgnes et à jeter les œillères qui les aveuglent. Pourtant, ils gagneraient à apprendre, en matière de stratégie politique, à être plus intelligents.  Ce qui est, pourtant, du registre du possible. Il leur suffit d’en faire un défi et un pari. Même de Sisyphe !

La stratégie combinant déni total, propension à l’affichage politico-médiatique tous azimuts et victimisation à tout crin qui, contrairement à ce qu’ils escomptent, n’ont aucun effet substantiel sur l’opinion sauf bien sûr le réseau-sphère des insulteurs recrutés et donc en service commandité. Ah, les bretteurs ! Il ne leur reste aujourd’hui que pitoyables procès en sorcellerie contre le peuple à qui on inflige le délit de l’indolence, de l’inertie. Ce peuple qui n’est pas dans le déni de la réalité, a toujours su s’engager lucidement dans des combats. Pour l’électriser, il faut un feu d’artifice d’intelligence matinée d’une bonne dose de symphonie patriotique. C’est tout !
 
Jeudi 5 Décembre 2019
Dakaractu




Dans la même rubrique :