Au Grand Théâtre National de Dakar, la Convention nationale sur le renforcement du pouvoir économique des femmes et le développement communautaire a réuni, ce jeudi, un large éventail d’acteurs institutionnels, diplomatiques et communautaires autour d’un objectif commun : faire des femmes des piliers de la transformation économique au Sénégal.
À l’initiative de l’ONG Solidarité Active, la rencontre a enregistré la participation de plus de 2 000 femmes venues des 14 régions du pays. L’événement a été présidé par le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Badara Dione, en présence de l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, Jean-Marc Pisani, ainsi que de représentants du gouvernement, dont des services du ministère du Commerce et du Développement communautaire, et de plusieurs organisations féminines.
Dans son intervention, la présidente exécutive de Solidarité Active, Mame Diarra Ndiaye Sobel, a insisté sur l’importance de franchir un cap dans l’accompagnement économique des femmes. Elle a rappelé que les initiatives précédentes, notamment le projet Japal, ont permis de tester et de valider la capacité des femmes à s’inscrire dans une dynamique économique durable. « Il s’agit aujourd’hui de passer à une autre échelle, en allant au-delà des petites activités génératrices de revenus pour construire de véritables entreprises », a-t-elle expliqué.
La convention a ainsi servi de cadre de plaidoyer, les participantes ayant formulé des recommandations en faveur de politiques publiques plus structurantes, capables de soutenir les femmes tout au long de leur parcours économique, depuis les activités de subsistance jusqu’à des modèles entrepreneuriaux plus performants.
Présidant la rencontre, le ministre Alioune Badara Dione a salué une initiative en phase avec les orientations de l’État, rappelant que les femmes constituent près de 80 % des acteurs de l’économie sociale. Il a insisté sur la nécessité de mieux structurer leurs activités à travers des coopératives productives solidaires, appuyées par des mécanismes de financement adaptés et des dispositifs de transformation et de commercialisation. Selon lui, l’enjeu est de maîtriser toute la chaîne de valeur, « de la production à la distribution », afin d’assurer un véritable impact économique.
De son côté, Jean-Marc Pisani met en avant la portée stratégique du partenariat entre l’Union européenne et les acteurs locaux. Il a souligné que ce type de projet permet de relier les dynamiques rurales et urbaines, en intégrant la production agricole, la transformation et l’accès au marché, tout en renforçant l’autonomie économique des femmes.
L’événement a été marqué par le lancement officiel du projet « Naataange », mis en œuvre dans le cadre du programme JOOG JEEF de l’Union européenne. Cette nouvelle phase vise à accompagner plus de 2 000 femmes vers une montée en puissance économique, en favorisant leur transition vers des activités génératrices de revenus intermédiaires et des entreprises structurées.
Au-delà des discours, cette convention apparaît comme une étape importante dans la construction d’un mouvement national en faveur du renforcement du pouvoir économique des femmes, avec l’ambition de faire de celles-ci des actrices centrales du développement communautaire et territorial au Sénégal.
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