Tensions minières autour de 700 milliards : Cinq cadres d’Hummingbird en détention au Mali


Les autorités maliennes ont placé cinq responsables de la société minière Hummingbird en détention provisoire vendredi 23 janvier, après une semaine de garde à vue. Ils ont été transférés à la maison d’arrêt de Bamako, selon le quotidien L’Indépendant.

 

En effet, Bamako exige le paiement de près de 700 milliards de francs CFA (environ 1,1 milliard d’euros) et a interdit à Hummingbird toute exportation d’or. Le gouvernement accuse la compagnie d’avoir dissimulé ses revenus dans des comptes situés à l’étranger entre 2024 et 2025. Cette nouvelle crise intervient alors qu’un arrangement semblait avoir été trouvé il y a tout juste douze mois. En janvier 2025, le groupe britannique avait accepté de régler 10 milliards de FCFA (15,2 millions d’euros) et de se soumettre aux dispositions du nouveau code minier malien. Le dossier paraissait alors clos.

 

Entre-temps, la situation a évolué avec l’acquisition d’Hummingbird par Coris Invest Group, holding du banquier burkinabè Idrissa Nassa. Ce dernier contrôle désormais la mine de Yanfolila. Plusieurs sources indiquent que ce nouveau différend s’inscrit dans un contexte plus large de tensions minières entre le Mali et le Burkina Faso. Le point de départ serait la décision prise en septembre 2025 par Ouagadougou de nationaliser la mine d’or de Taparko. Cette exploitation était détenue par Skygold Resources, entreprise liée à Mamou Touré, conseiller influent du président malien sur les questions minières. L’action menée contre la SMK (Société des Mines de Kalana) constituerait donc une « contre-mesure », selon une source proche du dossier.

 

Aucune des parties concernées n’a accepté de commenter cette affaire à ce stade. Le procureur du pôle judiciaire spécialisé, le ministère malien des Mines, le commissariat des activités minières, le groupe Hummingbird et Idrissa Nassa sont restés silencieux face aux sollicitations de RFI. « Nous préférons d’abord observer l’évolution de la situation », indique discrètement une source au sein du groupe minier.

 

Le précédent Barrick Gold

 

Cette affaire rappelle inévitablement le cas du canadien Barrick Gold. Quatre de ses dirigeants locaux ont passé douze mois en détention avant d’être relâchés en novembre 2025. Le face-à-face avait atteint son paroxysme avec la confiscation de trois tonnes d’or sur le site de Loulo-Gounkoto, suivi de la mise sous tutelle temporaire de la mine par les autorités maliennes. Le groupe canadien avait riposté en engageant une procédure d’arbitrage international. Finalement, Barrick Gold avait capitulé en signant un accord dont les termes demeurent confidentiels, mais que Bloomberg estime à 430 millions de dollars.

 

En décembre 2025, le ministère des Mines malien affirmait avoir recouvré 761 milliards de francs CFA (près de 1,16 milliard d’euros) d’arriérés fiscaux auprès de diverses sociétés minières opérant au Mali, depuis l’ouverture des audits en 2023. Un signal a été envoyé le 19 janvier dernier avec la nomination par décret présidentiel d’Hilaire Bebian Diarra, ancien cadre de Barrick Gold, au poste de commissaire chargé des Activités minières, avec rang de ministre. Une désignation qui, visiblement, témoigne de la volonté de Bamako de poursuivre sa politique de fermeté envers le secteur minier.

Mercredi 28 Janvier 2026
Dakaractu



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