Trafic maritime vers l’Espagne : la Dnlt frappe un réseau bien rodé à Ziguinchor…quatre suspects face au Pôle judiciaire financier


La lutte contre l’émigration clandestine vient de connaître un nouveau coup de filet majeur dans le sud du pays. Selon L’Observateur, la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (Dnlt) de Ziguinchor a démantelé un réseau criminel spécialisé dans l’organisation de voyages clandestins par pirogue vers l’Espagne. Quatre individus, présentés comme les piliers locaux de cette filière, ont été interpellés et seront déférés ce jeudi 29 janvier devant le procureur de la République financier du Pôle judiciaire de Dakar.
 
Les mis en cause, identifiés comme B. Barro, M. Loum, Mod. Sao et Ma. Sao, sont poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic de migrants par voie maritime, mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie. Leur arrestation fait suite à une enquête approfondie ouverte après l’échouage, le 18 décembre 2025, d’une pirogue transportant près d’une centaine de migrants sur le littoral de Mbour. Les passagers étaient majoritairement de nationalité guinéenne, avec également quelques Sénégalais à bord.
 
Selon les premiers éléments de l’enquête relayés par L’Observateur, la pirogue, officiellement enregistrée au nom de Serifo Sonko, appartiendrait en réalité à B. Barro, un pêcheur de Ziguinchor présenté comme le coordinateur local du réseau. Interrogé par les enquêteurs, ce dernier a reconnu avoir convoyé l’embarcation jusqu’à Conakry, en Guinée, sans autorisation, avec à son bord deux candidats au départ originaires de Touba ainsi qu’environ 2 000 litres de carburant.
 
« Je reconnais partiellement ma participation », aurait déclaré B. Barro, tout en tentant de minimiser son rôle. Il a affirmé avoir remis la pirogue à Conakry à un certain A. Kamsar, présenté comme le « cerveau » de l’opération, avant de se retirer. Toutefois, ses déclarations ont été nuancées par les éléments recueillis par la Dnlt.
 
Selon L’Observateur, les autres membres du réseau, dont trois ont été interpellés, auraient poursuivi le voyage en mer afin d’assister les capitaines, en raison de leur expérience en tant que pêcheurs. Les frères Barro ont confirmé les faits, précisant que les migrants embarqués à Conakry avaient versé des sommes importantes pour tenter la traversée périlleuse vers l’Espagne.
 
Après près de dix jours passés en mer, la pirogue aurait été confrontée à une violente tempête et à plusieurs pannes techniques. En difficulté, l’embarcation a finalement accosté de manière précipitée à Mbour. Les migrants, tout comme les capitaines, ont alors pris la fuite, abandonnant la pirogue sur place.
 
L’enquête a également mis en lumière des projets plus ambitieux. Toujours selon L’Observateur, B. Barro préparait un nouveau voyage clandestin prévu pour avril 2026, avec des tarifs fixés à 500 000 FCfa par migrant et des commissions de 50 000 FCfa destinées aux intermédiaires. Confronté à des échanges WhatsApp jugés compromettants, il a fini par reconnaître l’existence de ces préparatifs.
 
Les quatre suspects ont été transférés à Dakar et seront présentés ce jeudi au procureur près le Pôle judiciaire financier. Les investigations se poursuivent afin d’identifier et d’interpeller d’autres membres du réseau, notamment le présumé organisateur basé en Guinée, Abdou Kamsar, toujours en fuite.
 
Jeudi 29 Janvier 2026
Dakaractu



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