Lutte contre les MGF à Kolda : Les confessions troublantes de Hanna Sabaly (‎présidente régionale des ex exciseuses)


C’est une femme sereine et engagée que nous avons rencontrée chez elle au quartier Sikilo Est de Kolda dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre et l’excision. Il s’agit de Hanna Sabaly présidente régionale des ex exciseuses qui nous a fait des confessions par moment troublantes sur l’excision lors de notre entretien. Dans la foulée, elle précise qu’après une prise de conscience grâce au centre conseil ado (CCA) en collaboration avec les partenaires, elle a abandonné cette pratique néfaste pour être en phase avec la loi aussi (99/05). C’est pourquoi, aujourd’hui avec une expérience de plus de 15 ans dans la lutte, elle visite les communautés pour plaider l’abandon du phénomène.
 
À l’en croire, « ce sont les formations reçues sur les conséquences de l’excision du CCA et de son coordonnateur Babacar Sy qui m’ont poussée à l’abandonner. Ainsi, celles-ci sont entre autres les fistules, l’infertilité, la frigidité, le traumatisme, les accouchements difficiles et les rapports sexuels douloureux. En ce sens, quand on excise une fille, on lui coupe en même temps 17 nerfs avec des conséquences néfastes pendant son mariage. »
 
 
 À cela, elle ajoute « on  croyait que l’excision était une recommandation religieuse mais tel n’était le cas. D’ailleurs, avant de passer à l’acte, on allait chez le marabout pour recevoir des prières afin que la séance se déroule bien. Et avant d’exciser, je me cachais pour que les fillettes ne nous voient pas pour ne pas attirer leur attention. Héritée de la tradition, on croyait être sur le bon chemin alors qu’on ignorait les conséquences sur la santé de la reproduction ultérieure des jeunes filles. »
 
 
Sur l’abandon, elle déclare : « avec le programme ALM depuis deux ans, j’ai reçu des formations sur la santé de la reproduction pour sensibiliser les communautés pour l’abandon de l’excision qui détruit les jeunes filles. Aujourd’hui, je suis reconvertie en actrice de développement pour lutter contre toutes les formes de violences basées sur le genre. On a associé les jeunes garçons avec l’approche dite « la masculinité positive » pour une lutte efficace. Dans la foulée, la prise de conscience de l’abandon est devenue réalité grâce aux partenaires USU, CCA et ALM qui ont joué un rôle déterminant dans la sensibilisation auprès des ex exciseuses. »
 
 
Pour le combat, « le CCA de Kolda et son coordonnateur ont joué un rôle fondamental dans mon engagement pour l’abandon de l’excision. D’ailleurs, c’est grâce à Babacar Sy, son coordonnateur qu'il m’a été expliqué à travers des formations, les conséquences du phénomène. En ce sens, avec le CCA nous avons mené des activités de sensibilisation sur le terrain à la frontière de la Guinée Bissau, de la Guinée Conakry et de la Gambie. » Dans la foulée, elle précise : « depuis 2010, j’ai arrêté l’excision avec un impact positif auprès des imams et des chefs traditionnels qui ont décidé de ne plus exciser leurs filles. D’ailleurs, moi-même mes quatre petites ne sont pas excisées… »
 
 
Dans cette dynamique, elle ajoute que « même si les partenaires partent, nous allons continuer le travail car le combat est loin d’être terminé. Cependant, nous rencontrons des difficultés pour améliorer notre lutte car il existe des zones difficiles d’accès avec le manque de logistique et de financements, entre autres... »
Mercredi 28 Janvier 2026
Dakaractu



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