Thiès / Mois de la femme : Zoom sur trois femmes leaders.


Ce mois de mars 2021, en période de Covid-19, a été célébré dans la sobriété en raison des mesures restrictives édictées par les autorités sanitaires. Aussi, pour marquer l’évènement Dakaractu s'est rapproché de trois femmes leaders à Thiès. Il s'agit de Mme Seynabou Dieng Dièye, Coordonnatrice de l'Association des Juristes du Sénégal (Ajs) qui s'active contre la discrimination et pour l’égalité des chances, avec comme toile de fond les problèmes que rencontrent les femmes.

La coordonnatrice de la boutique de droit note que "si les femmes étaient financièrement autonomes, elles seraient moins  exposées à certains problèmes." Surtout que certaines d’entre elles sont victimes de violences parce qu'elles n'ont pas une autonomie financière. Pour dire tout le travail qu’il convient de faire dans le cadre de la prévention. En effet, selon Mme Dièye, les femmes doivent beaucoup plus s'atteler à la protection des enfants contre certaines dérives. "Il faut que toutes les femmes mettent un accent sur le renforcement des compétences mais aussi des connaissances pour mieux éduquer les enfants. Ce, pour mieux les protéger contre les abus qu’ils subissent souvent dans leur propre maison mais aussi dans leur environnement immédiat, préconise-t-elle. Autant de problèmes, qui poussent Seynabou Dieng Dièye, à lancer un appel auprès des autorités pour l'application effective des propositions de réformes.   

Sur la question ''de vie des couples'', elle a déploré, "la violence que les femmes subissent de la part des conjoints qui ont le devoir de les protéger et de les assister dans tous les domaines''. Aussi, convient-il de reconnaître que les cas de violences et maltraitance notés dans nombre de foyers ne sont que la conséquence de la méconnaissance et de la non effectivité des droits de la femme ; sans compter le nombre important de dispositions discriminatoires qui régissent les conditions de vie des femmes dans notre société".   

Mariama Diambony Badji, elle, est volontaire à l’association Africa Feliz Sénégal et gérante de DNA/SARL (Design Engineering Architecture), une entreprise  spécialisée dans la construction écologique pour la réduction de l’impact du bâtiment sur l’environnement, en terme de diminution de la consommation énergétique et de lutte contre les réchauffements climatiques. Ce qui lui a d'ailleurs permis d‘être nommée parmi les 17 Young leaders des Nations-Unies pour la promotion des objectifs de développement durable. Pour elle, le leadership féminin a subi les impacts négatifs du Covid-19 sur les activités des femmes. "Nous devons aujourd’hui, avoir un élan de solidarité et développer plus de résilience face à ces impacts. Nous sommes jeunes, femmes, filles et avons beaucoup d’énergie", fait-elle remarquer. Mieux, poursuit-elle, ''nous avons des capacités de mobilisation, du potentiel, le leadership et les compétences nécessaires pour participer au développement de nos communautés''.

Et d'ajouter : "il est impératif que les femmes soient représentées dans les hautes sphères de décision pour donner le meilleur d’elles-mêmes et davantage participer au développement durable du Sénégal. J’exhorte vivement l’État à soutenir et encourager les initiatives féminines pour qu’elles puissent se développer et mieux contribuer à l’essor du pays". 

Quant à Ndèye Fatou Ndiaye, de la commune de Notto Diobass, elle est une femme de développement qui se bat dans sa commune pour mettre un accent sur le renforcement des capacités de ses sœurs, afin de les accompagner vers leur autonomisation. Pour elle, il est aujourd’hui clair que nul ne peut douter du fait que les femmes sénégalaises sont sur tous les fronts du développement économique. Mais aujourd’hui, elles subissent les contrecoups de la pandémie de la Covid-19, notamment sur les activités de commerce et de transformation entre autres. "Les femmes du monde rural sont très fatiguées en ces temps de Covid-19 ; il ne reste que la terre. Mais malheureusement, la question d’accès à la terre se pose encore avec acuité, sans compter les questions liées au matériel agricole, aux semences et à l’eau, puisqu’elles ne peuvent pratiquer que l’agriculture sous pluie. Même les femmes lingères ne trouvent plus du travail puisque personne ne laisse entrer un étranger chez soi de peur d’attraper le virus. Et pourtant, nombre d’entre elles ont des projets qui tardent à être financés", se désole-t-elle.

Pour simplement dénoncer ''la question de l’accès aux crédits''.  À toutes ces difficultés, viennent s’ajouter celle de la rareté de l’eau depuis l’avènement d’Aquatec dans la gestion des forages. "Aujourd’hui les populations squattent les anciens puits pour trouver de l’eau avec toutes les difficultés que cela comporte. Il urge aujourd’hui que des dispositions fermes soient prises pour accompagner les femmes dans l’accès et la sécurisation de la terre. Également, le renforcement et l’accompagnement des femmes dans leurs activités horticoles, avicoles, la formalisation des activités de transformation et l’accès aux crédits", a-t-elle précisé.

Ces femmes leaders du département ont choisi de développer des plaidoyers allant dans le sens de mieux conscientiser leurs sœurs pour booster l’esprit d’entreprise qui est la meilleure voie menant à l’autonomisation. 

Un choix qui entre en droite ligne du thème retenu pour l’année 2021 : "Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19." Lequel thème se veut pour célébrer les efforts considérables déployés par les femmes et les filles partout dans le monde pour façonner un futur et une relance égalitaire suite à la pandémie de la Covid-19 afin de mettre en lumière les lacunes à combler.
Mardi 23 Mars 2021
Dakaractu




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