Thiès : La Fondation Konrad Adenauer et l’association WÀTU misent sur le changement de comportement et la communication pour réussir le pari du consommer local


La première édition des Rencontres de la Citoyenneté Active « WAGNI WAKH TE JEF » (RECA) a réuni des jeunes, femmes entrepreneurs et acteurs de développement de Thiès autour du thème : "Modèles innovants de communication pour une citoyenneté responsable et de branding du consommons-local à l’ère de l'économie numérique". L'objectif, c'est de créer un cadre inclusif d'échanges d'idées, de contribution pertinente à l’actualité et aux enjeux de la communication dans sa diversité au service du développement participatif. Selon la cheffe de service du développement communautaire à Thiès, Ndèye Dieynaba Diarra, "cette initiative est venue à son heure". "Des problématiques telles que la promotion des produits locaux, l’autonomisation, le problème d’écoulement et même de création d’emplois seront abordés pour trouver des solutions immédiates", a-t-elle fait remarquer. Elle s'est notamment engagée en tant que représentante du ministère du commerce à accompagner et à encadrer ce genre d'initiatives communautaires. 
Le 2ème adjoint au maire, Aliou Diop est pour sa part d'avis que "l'Afrique a assez perdu de temps à consommer des produits qui nous viennent d'ailleurs." À ce titre, dira-t-il, le consommer local est une marque d’autonomie et de liberté. "Cela renforce aussi la personnalité de l’individu. On nous taxe souvent de complexés par rapport à ce qui se fait ailleurs. Car généralement nous préférons les produits qui ont des étiquettes qui nous viennent d’ailleurs. Et je pense que le fait de communiquer sur l’importance de mettre en valeur nos produits contribue à développer notre économie mais surtout à renforcer notre personnalité", a-t-il expliqué.  
 
La Fondation Konrad Adenauer (FKA) et l'association WÀTU promeuvent le branding avec leurs partenaires du marketing digital pour permettre aux acteurs d'avoir des produits de meilleure qualité afin de booster l'économie locale. Pour la chargée des programmes FKA, Fatoumata Sy Guèye, "les contraintes majeures sont d'ordre économique. Aujourd'hui avec la covid-19, la crise Russo-ukrainienne, nous avons remarqué que ça tarde à décoller".
 
 Pour atteindre leur objectif, Fatoumata Sy Guèye est d'avis qu'il faut plus d'engagement des acteurs et une volonté politique pour dynamiser le secteur. "Sur le plan local, les initiatives sont là, mais la plupart sont freinées par le manque de moyens, de communication entres autres. Nous espérons aussi que des initiatives politiques vont suivre pour renforcer cet élan du consommer-local", a-t-elle signalé. Et d'ajouter : "Il y a beaucoup de choses qui sont faites. Mais nous devons encore plus communiquer pour permettre aux acteurs de se développer".
 Selon le Co-fondateur de l'association WÀTU, Mikaïla Issa, "cette première édition des Rencontres de la citoyenneté active est composée de trois segments". "La politique nationale du consommer local: Quel est l'état des lieux? quels sont les défis? quelle est l'analyse du parcours de cette promotion de consommer-local à l'ère du digital. Le deuxième segment a abordé la digitalisation comme levier incontournable pour promouvoir un consommer local durable et rendre beaucoup plus visible les produits du terroir. Enfin, le troisième segment s’est articulé autour du rôle des professionnels de la communication, du marketing et les médias dans la promotion du consommer local surtout à l’ère de la globalisation et du fake news", a-t-il expliqué. Pour lui, il s'agira d'œuvrer dans le sens de mieux donner la bonne information aux acteurs et consommateurs afin de leur "faciliter le choix en assumant également un certain sens de citoyenneté dans l'offre de produits auxquels ils sont confrontés sur le marché".
 
Cependant, pour le représentant de l'association des consommateurs du Sénégal, Moussa Cissé, le consommer local est un slogan qui date de plusieurs années. De son avis, il faut un changement de comportement et une communication inclusive pour obliger la population à consommer local. "La communication n'est pas passée. Mais, c'est nous qui sommes responsables dans tout ça", regrette-t-il. Poursuivant, il fait savoir que "il y a des acquis. Il faut essayer de les maintenir et essayer de les améliorer et en même temps de faire beaucoup de communication, ça c'est très important". À la question de savoir est-ce que le Sénégal doit diminuer ses importations ? Moussa Cissé s'est voulu clair : "Il y a les accords qui nous lient avec certains pays. Mais si la population rejette ces produits, ils ne vont plus investir au Sénégal". Non sans rappeler que "il faut un changement de comportement des populations pour réussir le pari du consommer local". 
Ainsi, au terme de cette rencontre citoyenne active, des moyens pratiques seront mis en place à travers la publication d’un livre blanc pour permettre aux acteurs de jouer activement leur rôle également dans le but de sensibiliser davantage les populations à adhérer aux initiatives du consommer local...
Mercredi 23 Novembre 2022
Dakaractu



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