Lors du point de presse clôturant la réunion du Comité de politique monétaire de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), tenue ce mercredi, le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a répondu aux questions des journalistes sur la capacité du marché financier régional à absorber la hausse continue des besoins de financement des États membres. Une question d'autant plus pressante que, pour la seule année 2026, les émissions publiques ciblent 12.700 milliards de francs CFA sur le marché des titres publics, tandis que le Sénégal prépare un appel public à l'épargne de 200 milliards de francs CFA sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
Pour comprendre la dynamique actuelle, le Gouverneur a rappelé le contexte qui a conduit à une sollicitation accrue du marché régional. Entre 2022 et 2024, les conditions défavorables sur les marchés internationaux ont contraint les États à se replier massivement sur le marché intérieur pour couvrir leurs déficits budgétaires, alors que ces derniers atteignaient des niveaux élevés, proches de 8 à 9 % du PIB. Ce n'est que vers la fin de l'année 2024 que certains États ont pu retourner sur les marchés extérieurs, notamment via des émissions d'eurobonds. D'autres, dans l'impossibilité de le faire pour des raisons spécifiques, continuent de dépendre du marché régional.
Cette situation a mécaniquement gonflé les volumes d'émissions. En 2025, les émissions brutes des États de l'Union adjudications et syndications confondues ont atteint près de 15.000 milliards de francs CFA, contre environ 9.400 milliards en 2024, soit une progression de près de 60 % en un an. Le marché a-t-il résisté à cette pression ? Les chiffres semblent le confirmer. « Les souscriptions ont dépassé les demandes », a indiqué le Gouverneur, précisant que les taux de couverture des dernières émissions se situaient entre 120 et 130 %. Cette robustesse s'explique notamment par l'amélioration de la position extérieure de l'Union, qui a favorisé une liquidité abondante dans le système bancaire, les banques constituant, de loin, les principaux investisseurs sur ce marché.
Mais Jean-Claude Kassi Brou veut rester optimiste. Si la trajectoire budgétaire des États va dans le bon sens, le déficit régional est redescendu en dessous de 4 % du PIB, contre 8,5 % il y a quelques années, le niveau d'endettement de la région reste préoccupant. Le ratio dette sur PIB dépasse 63 % et le service de la dette pèse encore lourdement sur les finances publiques. « Si la dette ne baisse pas et que la demande sur le marché continue d'augmenter, il peut y avoir des tensions », a-t-il averti. Cependant, sur la question de la place du secteur privé dans ce marché où les États captent l'essentiel des ressources disponibles, le Gouverneur rappelle l’importance de la consolidation budgétaire en cours en réduisant la pression publique sur le marché devrait progressivement libérer de l'espace pour d'autres émetteurs. Pour l'heure, la capacité d'absorption du marché est réelle, mais elle reste conditionnée à la poursuite des efforts d'assainissement des finances publiques engagés par les États membres de l'Union.
Pour comprendre la dynamique actuelle, le Gouverneur a rappelé le contexte qui a conduit à une sollicitation accrue du marché régional. Entre 2022 et 2024, les conditions défavorables sur les marchés internationaux ont contraint les États à se replier massivement sur le marché intérieur pour couvrir leurs déficits budgétaires, alors que ces derniers atteignaient des niveaux élevés, proches de 8 à 9 % du PIB. Ce n'est que vers la fin de l'année 2024 que certains États ont pu retourner sur les marchés extérieurs, notamment via des émissions d'eurobonds. D'autres, dans l'impossibilité de le faire pour des raisons spécifiques, continuent de dépendre du marché régional.
Cette situation a mécaniquement gonflé les volumes d'émissions. En 2025, les émissions brutes des États de l'Union adjudications et syndications confondues ont atteint près de 15.000 milliards de francs CFA, contre environ 9.400 milliards en 2024, soit une progression de près de 60 % en un an. Le marché a-t-il résisté à cette pression ? Les chiffres semblent le confirmer. « Les souscriptions ont dépassé les demandes », a indiqué le Gouverneur, précisant que les taux de couverture des dernières émissions se situaient entre 120 et 130 %. Cette robustesse s'explique notamment par l'amélioration de la position extérieure de l'Union, qui a favorisé une liquidité abondante dans le système bancaire, les banques constituant, de loin, les principaux investisseurs sur ce marché.
Mais Jean-Claude Kassi Brou veut rester optimiste. Si la trajectoire budgétaire des États va dans le bon sens, le déficit régional est redescendu en dessous de 4 % du PIB, contre 8,5 % il y a quelques années, le niveau d'endettement de la région reste préoccupant. Le ratio dette sur PIB dépasse 63 % et le service de la dette pèse encore lourdement sur les finances publiques. « Si la dette ne baisse pas et que la demande sur le marché continue d'augmenter, il peut y avoir des tensions », a-t-il averti. Cependant, sur la question de la place du secteur privé dans ce marché où les États captent l'essentiel des ressources disponibles, le Gouverneur rappelle l’importance de la consolidation budgétaire en cours en réduisant la pression publique sur le marché devrait progressivement libérer de l'espace pour d'autres émetteurs. Pour l'heure, la capacité d'absorption du marché est réelle, mais elle reste conditionnée à la poursuite des efforts d'assainissement des finances publiques engagés par les États membres de l'Union.
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