Au lendemain de son passage à l’Assemblée nationale, le Premier ministre, Ousmane Sonko, en s’adressant aux militants de son Parti, a affirmé qu’entre Pastef et le pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye, il subsiste une «cohabitation douce». Précisant aussitôt que les rapports pouvaient tourner en une «cohabitation corsée», si le fossé se creusait.
Toutes les deux formules utilisées pour présenter la situation sont creuses. Elles ne sont, ni plus ni moins, que de la poudre aux yeux de ses affidés. Partout dans le monde, on évoque la cohabitation quand le pays se retrouve dans une situation où le président de la République doit nommer un Premier ministre issu d'une majorité parlementaire opposée à son camp. Ce partage du pouvoir exécutif contraint le chef de l'État à limiter son rôle à l'arbitrage et à la politique étrangère, tandis que le Premier ministre et son gouvernement dirigent la politique intérieure.
Est-ce, aujourd’hui, le cas au Sénégal? Non. Diomaye serait-il issu d’un parti, autre que celui des «patriotes»? Non plus. Dans aucun pays au monde, la cohabitation, comme forme de gouvernement, n'est inscrite dans la Constitution, même si elle peut être une pratique institutionnelle née de la nécessité de respecter le vote des citoyens.
Le Président Faye, après avoir ignoré, pendant longtemps, les désaccords en public, apprécie maintenant l’étendue du conflit au sommet de l'État. Il a ouvert les yeux sur la question, samedi dernier, lors de l’Assemblée générale de la coalition «Diomaye Président». Voilà qui sonne, peut être, l’ère de la «cohabitation corsée», théorisée par son Premier ministre. Celle-ci, sans nul doute, redessinera le paysage politique en vue de 2029.
D’innombrables péripéties, annonçaient pourtant un inévitable divorce. Critiques de l’action présidentielle par le Premier ministre, appels à centraliser le pouvoir autour de son parti (parti-Etat), menaces de retrait de sa formation du gouvernement si la ligne de Pastef n'est pas respectée et défiance ouverte à l’égard de l’autorité politique. Autant d’évènements qui laissent entrevoir les débuts d’une guerre fratricide. Le duo est au bord de l’implosion. Faye et Sonko s’éloignent l’un de l’autre, transformant une alliance historique en un duel prématuré.
Cette tension survient dans un contexte économique délicat, marqué par une inflation persistante, une dette publique élevée et des défis liés à la transition énergétique, à la commercialisation agricole, aux crises universitaires et scolaires... De ce fait, la rupture entre les deux hommes, une fois actée, plongerait le pays dans une impasse, non seulement économique, mais aussi sécuritaire et institutionnelle.
De façon générale, une cohabitation, qu’elle soit «douce ou corsée», fait du Président de la République l’adversaire politique du gouvernement. Elle rend vide de sens l’élection au suffrage universel du chef de l’Etat, puisque celui-ci ne sera pas en mesure de gouverner. Car n’ayant aucune mainmise sur l’Assemblée nationale. Le pouvoir est clairement dans la relation entre le premier ministre et le Parlement. Aujourd’hui, ce qui se cache derrière la théorie d’Ousmane Sonko est que «sa cohabitation» entraîne, naturellement, un effacement de la fonction présidentielle au profit du Premier ministre qu’il est.
Alioune Badara COULIBALY
Porte-Parole APR
Toutes les deux formules utilisées pour présenter la situation sont creuses. Elles ne sont, ni plus ni moins, que de la poudre aux yeux de ses affidés. Partout dans le monde, on évoque la cohabitation quand le pays se retrouve dans une situation où le président de la République doit nommer un Premier ministre issu d'une majorité parlementaire opposée à son camp. Ce partage du pouvoir exécutif contraint le chef de l'État à limiter son rôle à l'arbitrage et à la politique étrangère, tandis que le Premier ministre et son gouvernement dirigent la politique intérieure.
Est-ce, aujourd’hui, le cas au Sénégal? Non. Diomaye serait-il issu d’un parti, autre que celui des «patriotes»? Non plus. Dans aucun pays au monde, la cohabitation, comme forme de gouvernement, n'est inscrite dans la Constitution, même si elle peut être une pratique institutionnelle née de la nécessité de respecter le vote des citoyens.
Le Président Faye, après avoir ignoré, pendant longtemps, les désaccords en public, apprécie maintenant l’étendue du conflit au sommet de l'État. Il a ouvert les yeux sur la question, samedi dernier, lors de l’Assemblée générale de la coalition «Diomaye Président». Voilà qui sonne, peut être, l’ère de la «cohabitation corsée», théorisée par son Premier ministre. Celle-ci, sans nul doute, redessinera le paysage politique en vue de 2029.
D’innombrables péripéties, annonçaient pourtant un inévitable divorce. Critiques de l’action présidentielle par le Premier ministre, appels à centraliser le pouvoir autour de son parti (parti-Etat), menaces de retrait de sa formation du gouvernement si la ligne de Pastef n'est pas respectée et défiance ouverte à l’égard de l’autorité politique. Autant d’évènements qui laissent entrevoir les débuts d’une guerre fratricide. Le duo est au bord de l’implosion. Faye et Sonko s’éloignent l’un de l’autre, transformant une alliance historique en un duel prématuré.
Cette tension survient dans un contexte économique délicat, marqué par une inflation persistante, une dette publique élevée et des défis liés à la transition énergétique, à la commercialisation agricole, aux crises universitaires et scolaires... De ce fait, la rupture entre les deux hommes, une fois actée, plongerait le pays dans une impasse, non seulement économique, mais aussi sécuritaire et institutionnelle.
De façon générale, une cohabitation, qu’elle soit «douce ou corsée», fait du Président de la République l’adversaire politique du gouvernement. Elle rend vide de sens l’élection au suffrage universel du chef de l’Etat, puisque celui-ci ne sera pas en mesure de gouverner. Car n’ayant aucune mainmise sur l’Assemblée nationale. Le pouvoir est clairement dans la relation entre le premier ministre et le Parlement. Aujourd’hui, ce qui se cache derrière la théorie d’Ousmane Sonko est que «sa cohabitation» entraîne, naturellement, un effacement de la fonction présidentielle au profit du Premier ministre qu’il est.
Alioune Badara COULIBALY
Porte-Parole APR
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