Guédiawaye : face à sa victime et à l’enfant né du viol, le maçon T. Diallo devant la justice


Une affaire bouleversante a été examinée devant la justice, mettant en scène un drame humain dont les séquelles sont encore visibles aujourd’hui. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, un jeune maçon s’est retrouvé face à la victime d’un viol remontant à plusieurs années… mais aussi face à l’enfant né de ce drame.

 

Une adolescente de 14 ans piégée sur un chantier

D’après L’Observateur, les faits remontent à l’année 2020 dans le secteur de Yeumbeul-Comico, à Guédiawaye. À l’époque, M. Wade, née le 1er février 2006, n’est encore qu’une adolescente de 14 ans.

 

À proximité du domicile familial de la jeune fille se trouvait un chantier d’un immeuble R+3 où travaillait T. D. Diallo, alors âgé de 21 ans. Selon le récit de la victime, l’ouvrier aurait profité de l’absence de ses collègues pour l’attirer sur la terrasse du bâtiment en construction.

 

Devant la cour, la jeune femme a livré un témoignage glaçant. Elle raconte que l’homme l’aurait déshabillée de force, bâillonnée pour étouffer ses cris et jetée au sol avant de commettre l’irréparable.

 

Après l’agression, l’adolescente serait rentrée chez elle en silence, traumatisée et incapable de révéler ce qu’elle venait de subir.

 

 

Une grossesse qui révèle le drame

Toujours selon L’Observateur, pendant plusieurs mois, la jeune fille a gardé le silence, tandis que son agresseur aurait quitté les lieux pour se réfugier au Fouta.

 

Mais le corps de l’adolescente finit par trahir le drame. Sa mère remarque un changement physique inquiétant et décide de l’emmener consulter dans une clinique située au quartier Sam Notaire de Guédiawaye.

 

Le verdict tombe comme un choc : la jeune fille est enceinte de cinq mois.

 

À seulement 14 ans, son bassin étant trop étroit pour un accouchement naturel, la naissance de l’enfant se fera dans des conditions difficiles. Elle devra subir une césarienne d’urgence à l’hôpital.

 

Aujourd’hui, l’enfant issu de ce viol est un garçon âgé de six ans, qui était présent lors de l’audience.

 

L’accusé évoque une « relation amoureuse »

Devant les juges, T. D. Diallo a tenté de présenter une version radicalement différente des faits. Selon lui, il ne s’agissait pas d’un viol mais d’une relation consentie.

 

Toujours d’après L’Observateur, il a affirmé que l’adolescente et lui entretenaient une relation depuis trois mois et qu’elle serait venue d’elle-même à sa rencontre.

 

Mais cette version a rapidement montré ses limites. L’accusé s’est contredit à plusieurs reprises, affirmant tantôt que les faits se seraient déroulés sur la terrasse du chantier, tantôt dans la chambre d’un locataire, sur une natte.

 

Le procureur rejette l’argument du consentement

Face à ces déclarations, le procureur s’est montré particulièrement ferme. Pour l’accusation, l’argument du consentement n’a aucune valeur juridique dans une affaire impliquant une mineure.

 

« À 14 ans, on ne consent pas, on subit », a rappelé le représentant du parquet, cité par L’Observateur.

 

De son côté, la défense a tenté d’obtenir la clémence de la cour en évoquant la jeunesse de l’accusé et la possibilité d’une seconde chance, rappelant qu’il a déjà passé six années en détention à la prison de Rebeuss.

 

Une victime marquée et stigmatisée

L’avocate de la partie civile, Me Dia Sylla, a décrit devant la cour le calvaire vécu par sa cliente depuis cette affaire. Selon elle, la jeune femme a longtemps été stigmatisée par son entourage et par le voisinage, qui la regardait d’un mauvais œil après le scandale.

 

Pour tenter de réparer, au moins en partie, les préjudices subis, elle a réclamé 15 millions de francs CFA de dommages et intérêts.

 

Dix ans de réclusion requis

Convaincu de la matérialité des faits, le procureur a requis 10 ans de réclusion criminelle contre T. D. Diallo pour viol, pédophilie et détournement de mineure.

 

Dans le box des accusés, le maçon a finalement baissé la tête face aux accusations et aux témoignages.

 

Le verdict de cette affaire particulièrement sensible est attendu le 7 avril, selon L’Observateur.

 

Jeudi 5 Mars 2026
Dakaractu



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