Sahel : L’ex-EIGS tente de survivre à la mort de son émir, les civils leurs souffre-douleurs.


Au Sahel central, les djihadistes multiplient les attaques en ciblant particulièrement les civils et les milices. La dernière en date a eu lieu mardi dernier à Banibangou. Le maire a rassemblé près d’une centaine de personnes pour se rendre dans un village où un informateur des djihadistes aurait été repéré. 

Mal leur en a pris car au retour, ils sont tombés sur une embuscade près du village d’Adab Dab, à 50 kilomètres de Banibangou et 69 d’entre eux ont été tués par les terroristes. Une quinzaine de personnes sont portées disparues. Le ministère de l’Intérieur nigérien indique que le maire fait partie des victimes. Un deuil de 48 heures a été décrété.

La veille de cette attaque particulièrement violente, des djihadistes qui appartiendraient au même groupe seraient à l’origine de la mort d’une dizaine de civils au Burkina Faso, dans la région des trois frontières. 

Des habitants de Dambam qui se rendaient au marché de Markoye, dans la région du Sahel ont été pris en étau par des hommes armés. Tous ceux qui ont eu la malchance de prendre le couloir Dambam–Markoye ont été interceptés et tués de la plus laide des manières.

Début octobre, la même localité a fait l’objet d’un incident sécuritaire impliquant des hommes armés soupçonnés d’appartenir à la même organisation, l’ex-EIGS. Cinq civils y ont perdu la vie, rapporte l’agence de presse turque Anadolu.

Les 29 et 30 octobre, il est rapporté des incursions dans plusieurs localités où des pillages et enlèvements sont déplorés.

Ces attaques qui sont rarement revendiquées par l’État Islamique peuvent être analysées sous la forme d’une réponse de sa filiale locale aux prédictions annonçant sa fin après la mort de son émir, Adnan Abou Walid al Sahraoui. Le djihadiste en chef a été neutralisé le 17 août dernier par l’armée française, au sud d'Indelimane, au Mali, près de la frontière avec le Niger.

Malgré la non-désignation d’un successeur quatre mois après, le groupe reste actif dans le Liptako-gourma et il est fort à craindre que les civils soient de plus en plus ciblés compte tenu de leur vulnérabilité.

Selon l’Ong Acled, plus de 600 personnes ont été tuées cette année dans des actions contre les civils recensées dans les régions frontalières du sud-ouest du Niger. C’est cinq fois plus que le bilan de l’année 2020.
Vendredi 5 Novembre 2021
Dakaractu




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