La gestion de l'attentat de Benghazi le 11 septembre dernier par l'administration Obama est décriée depuis lors par le camp républicain. Une épineuse question que Mitt Romney a mystérieusement contournée lors du dernier débat, lundi, en Floride. Obama n'en demandait sans doute pas tant.
Lundi, lors du troisième débat présidentiel entre Barack Obama et Mitt Romney, le républicain a manqué une occasion de déstabiliser d'entrée son concurrent. Centré sur la politique étrangère, ce dernier face-à-face avant le 06 novembre devait, de l'avis des observateurs, permettre à Romney de contester le bilan du président sortant en l'attaquant sur l'attentat de Benghazi le 11 septembre dernier qui a coûté la vie à quatre personnes dont Christopher Stevens, l'ambassadeur américain en Libye.
Risque mal mesuré?
En effet, depuis début octobre, le dossier fait l'objet d'attaques permanentes du camp républicain. À travers les voix de Dick Cheney ou Donald Rumsfeld (pour ne citer qu'eux), les conservateurs engagent la responsabilité de l'administration Obama, accusée de "négligence" et d'avoir sous-estimé un rapport du Département d'Etat qui, deux mois avant l'attaque, avait qualifié le risque "d'une attaque isolée, militaire ou politique contre du personnel de l'administration américaine, des citoyens américains ou des agents commerciaux américains" d'élevé.
Tout naturellement, le médiateur Bob Schieffer a lancé le débat sur le sujet. "La première question concerne la Libye et la controverse liée aux décès d'Américains, dont celui de l'ambassadeur. De nombreuses questions restent en suspens sur ce qu'il s'est passé. Était-ce une attaque surprise? Une erreur des services secrets ou de la classe politique? J'aimerais que chacun de vous donne son impression à ce sujet", interroge le journaliste de CBS. Vainqueur du tirage au sort, Mitt Romney est invité à prendre la parole en premier.
Des remerciements en guise de réponse
Le candidat a-t-il été surpris d'être amené à aborder d'entrée le sujet? Sa relative méconnaissance en matière de politique internationale l'a-t-elle conditionné à entamer un discours formaté pour masquer d'éventuelles lacunes? Toujours est-il que Romney n'a pas saisi la perche qui lui était tendue et a détourné maladroitement la question précise par... des remerciements et son point de vue sur le Moyen-Orient. "Merci Bob et merci d'arbitrer ce débat ce soir. Merci à la Flynn University de nous accueillir; Monsieur le Président, c'est un plaisir de vous faire face, une nouvelle fois (...). Le Moyen-Orient est une région qui préoccupe le monde entier, les Etats-Unis en particulier. On remarque un mutation des structures et de l'environnement du Moyen-Orient. Le Printemps arabe a insufflé un vent de changement et une occasion pour une plus grande participation des femmes dans la vie publique et économique du Moyen-Orient. Mais à la place, nous avons assisté à un nombre d'événements troublants. Bien sûr en Syrie (...) et en Libye, une attaque apparemment terroriste a causé la mort de compatriotes", avant de poursuivre sur les situations au Mali, en Egypte, les risques liés au nucléaire iranien et Al-Qaïda.
"Les Américains sont des amis"
Barack Obama, sur une voie royale, a éludé la question en orientant le débat sur le bilan des quatre dernières années (départ d'Irak, la mort de Ben Laden, la transition en Afghanistan), avant d'insister sur les précautions prises en Libye pour protéger les Américains sur place, sur l'enquête menée et sur sa volonté d'arrêter les responsables et les traîner en justice. "Après les événements de Benghazi, des dizaines de milliers de Libyens ont affirmé que les Américains étaient des amis; nous sommes de leur côté. C'est une occasion dont nous devons profiter", a-t-il insisté avant de déplorer que la stratégie de son opposant n'était pas à même de garantir la sécurité des Américains ou de poursuivre la reconstruction du Moyen-Orient.
Résultat: Barack Obama a remporté ce troisième débat, bien aidé par Mitt Romney qui a manqué de manière incompréhensible l'occasion de porter d'entrée l'estocade. Assis et sans baïonnette. Les Républicains n'en reviennent toujours pas.
Lundi, lors du troisième débat présidentiel entre Barack Obama et Mitt Romney, le républicain a manqué une occasion de déstabiliser d'entrée son concurrent. Centré sur la politique étrangère, ce dernier face-à-face avant le 06 novembre devait, de l'avis des observateurs, permettre à Romney de contester le bilan du président sortant en l'attaquant sur l'attentat de Benghazi le 11 septembre dernier qui a coûté la vie à quatre personnes dont Christopher Stevens, l'ambassadeur américain en Libye.
Risque mal mesuré?
En effet, depuis début octobre, le dossier fait l'objet d'attaques permanentes du camp républicain. À travers les voix de Dick Cheney ou Donald Rumsfeld (pour ne citer qu'eux), les conservateurs engagent la responsabilité de l'administration Obama, accusée de "négligence" et d'avoir sous-estimé un rapport du Département d'Etat qui, deux mois avant l'attaque, avait qualifié le risque "d'une attaque isolée, militaire ou politique contre du personnel de l'administration américaine, des citoyens américains ou des agents commerciaux américains" d'élevé.
Tout naturellement, le médiateur Bob Schieffer a lancé le débat sur le sujet. "La première question concerne la Libye et la controverse liée aux décès d'Américains, dont celui de l'ambassadeur. De nombreuses questions restent en suspens sur ce qu'il s'est passé. Était-ce une attaque surprise? Une erreur des services secrets ou de la classe politique? J'aimerais que chacun de vous donne son impression à ce sujet", interroge le journaliste de CBS. Vainqueur du tirage au sort, Mitt Romney est invité à prendre la parole en premier.
Des remerciements en guise de réponse
Le candidat a-t-il été surpris d'être amené à aborder d'entrée le sujet? Sa relative méconnaissance en matière de politique internationale l'a-t-elle conditionné à entamer un discours formaté pour masquer d'éventuelles lacunes? Toujours est-il que Romney n'a pas saisi la perche qui lui était tendue et a détourné maladroitement la question précise par... des remerciements et son point de vue sur le Moyen-Orient. "Merci Bob et merci d'arbitrer ce débat ce soir. Merci à la Flynn University de nous accueillir; Monsieur le Président, c'est un plaisir de vous faire face, une nouvelle fois (...). Le Moyen-Orient est une région qui préoccupe le monde entier, les Etats-Unis en particulier. On remarque un mutation des structures et de l'environnement du Moyen-Orient. Le Printemps arabe a insufflé un vent de changement et une occasion pour une plus grande participation des femmes dans la vie publique et économique du Moyen-Orient. Mais à la place, nous avons assisté à un nombre d'événements troublants. Bien sûr en Syrie (...) et en Libye, une attaque apparemment terroriste a causé la mort de compatriotes", avant de poursuivre sur les situations au Mali, en Egypte, les risques liés au nucléaire iranien et Al-Qaïda.
"Les Américains sont des amis"
Barack Obama, sur une voie royale, a éludé la question en orientant le débat sur le bilan des quatre dernières années (départ d'Irak, la mort de Ben Laden, la transition en Afghanistan), avant d'insister sur les précautions prises en Libye pour protéger les Américains sur place, sur l'enquête menée et sur sa volonté d'arrêter les responsables et les traîner en justice. "Après les événements de Benghazi, des dizaines de milliers de Libyens ont affirmé que les Américains étaient des amis; nous sommes de leur côté. C'est une occasion dont nous devons profiter", a-t-il insisté avant de déplorer que la stratégie de son opposant n'était pas à même de garantir la sécurité des Américains ou de poursuivre la reconstruction du Moyen-Orient.
Résultat: Barack Obama a remporté ce troisième débat, bien aidé par Mitt Romney qui a manqué de manière incompréhensible l'occasion de porter d'entrée l'estocade. Assis et sans baïonnette. Les Républicains n'en reviennent toujours pas.
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