Ce matin à Thiaroye-sur-Mer, la tension a augmenté lorsque des résidents mécontents ont paralysé la route nationale pour critiquer une gestion considérée comme inéquitable dans le cadre du projet d'assainissement de la Baie de Hann. Bien que leur zone englobe plus de 6 km sur les 13 km couverts par le projet, les résidents affirment ne profiter d'aucune initiative d'assainissement ou de réaménagement urbain, contrairement à d'autres quartiers tels que Yarakh-Hann ou Mbao. « Nous sommes les principales victimes du projet. » « Ils nous dépossèdent sans discussion, sans travaux, sans rien », proteste un résident. Confrontés à ce qu'ils interprètent comme un dédain complet des autorités, malgré de nombreuses conférences de presse restées sans réaction, les manifestants ont choisi de réagir avec force. Ce matin, ils ont envahi la route nationale, entravant le trafic et se dirigeant vers les sites de construction actifs pour faire entendre leur voix. « Nous n'avons agressé personne, nous n'avons rien dérobé, notre seule volonté était que cela soit connu. » « On a dû se mettre en grève pour qu'ils nous prêtent attention », déclare El Hadji Macoumba Niang, un des chefs de file du mouvement. Le blocage a été mené de manière pacifique, mais symbolique, témoignant d'une exaspération profonde.
Toutefois, la réaction des forces de l'ordre n'a pas tardé à se manifester. La gendarmerie a interpellé deux personnes, le vieux M.N et le jeune H.S, suscitant une nouvelle onde de colère. Les protestataires exigent leur libération sans délai, promettant d'intensifier la mobilisation si cela n'est pas accompli. « Si jamais ils les transportent, nous sommes tous disposés à les suivre. » « Nous ne faisons que protéger nos droits », mettent en garde les jeunes du quartier. Thiaroye-sur-Mer, pendant longtemps dans l'ombre, choisit maintenant de ne plus se taire...
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