Professeur Coumba Touré Kane, Directrice scientifique IRESSEF : « Ce qui retarde la mise au point d'un vaccin contre le VIH »


L'apparition du coronavirus depuis le mois de décembre 2020 avec ses conséquences désastreuses semble avoir relégué en arrière la riposte contre le VIH/SIDA. La Directrice scientifique de l'Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) n'est pourtant pas de cet avis. 

À l'occasion de l'ouverture de l'atelier de formation sur les Nouvelles Générations de séquençage (NGS) Groupe Sida du réseau ouest africain de recherche sur la tuberculose, le Sida et le Paludisme (Wanetam) accueilli par cet institut sénégalais du 22 mars au 2 avril, le Pr Kane a soutenu que l'heure est encore à la mobilisation contre le Sida. 

« Au courant de 2020, nous avons tenu ici au Sénégal une grande conférence internationale AFRAVIH qui est une conférence connectée avec 3.500 personnes. Les travaux qui ont été publiés ont montré que le VIH occupe toujours sa place. Des fonds du VIH ont été donnés au niveau de chaque pays pour renforcer la riposte contre la COVID-19. Mais les programmes ont été résilients, ils se sont adaptés assez rapidement pour éviter un impact réellement négatif des patients vivant avec le VIH ; des traitement de 6 mois ont été donnés aux patients pour qu'il n'y ait pas de rupture parce que c'est quand il y a rupture de traitement qu'il y a risque d'émergence de résistance », a laissé entendre la cheffe du groupe de recherches sur le Sida du réseau Wanetam, piloté par le Professeur Souleymane Mboup. 

Selon la virologue, le Vih demeure un problème de santé publique quand bien même la riposte reste ciblée pour réduire la chaîne de transmission.
Au Sénégal, développe-t-elle, cette lutte n'est pas en hibernation. « La prévalence retrouvée est relativement faible. On a demandé à chaque pays d'atteindre les 3/90 et le Sénégal a presque atteint cet objectif », fait remarquer le Professeur Ndèye Coumba Touré Kane qui est par ailleurs le recteur de l'Université du Sine Saloum. 

Mais ces performances ne doivent pas être source d'enorgueillement dans la lutte car rappelle-t-elle, le sida c'est une pathologie dont le traitement est à vie. « Ce n'est pas comme le Sars Cov 2 qu'on guérit. Là, c'est une pathologie chronique. Une fois qu'on est infecté, on reste infecté toute sa vie », renchérit la virologue. 
À la question de savoir à quand un vaccin contre le VIH, le professeur Ndèye Coumba Touré Kane a assuré que les travaux sont toujours en cours.

« Nous avons une thérapie, nous n'avons pas de cure. On n'élimine pas le virus. Et les gens sont en train de travailler sur les réserves et la vaccination est en bonne voie. Le problème majeur est lié à la diversité génétique. Vous voyez déjà avec le SARS COV 2, on met en jeu la diversité génétique. Et si on compare le virus de Sars Cov 2 au VIH, le VIH mute plusieurs dizaines de fois plus rapidement que le SARS COV 2. Déjà avec le SARS COV 2 qui mute et on a des problèmes avec les vaccins, c'est encore multiplié par 20 voire par 30 dans le cas du VIH. C'est la raison pour laquelle il y a eu un retard dans l'élaboration d'un vaccin contre le Sida », argumente-t-elle, non sans ajouter que « les pistes de recherches et des voies sont explorées pour la mise au point d'un vaccin contre le VIH. »
Lundi 22 Mars 2021
Dakaractu




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