«Marquer l’histoire», face à Curaçao, la Côte d’Ivoire en route vers une qualification historique


«Marquer l’histoire», face à Curaçao, la Côte d’Ivoire en route vers une qualification historique
Ce jeudi 25 juin, à partir de 20h TU à Philadelphie, la Côte d’Ivoire peut écrire la plus belle page de son histoire mondiale : une victoire contre Curaçao offrirait aux Éléphants une première qualification pour le second tour, là où les générations Drogba et Yaya Touré ont échoué.

La Côte d’Ivoire affronte Curaçao avec un horizon limpide : un succès, et les Éléphants termineront deuxièmes derrière l’Allemagne, validant ainsi la première qualification de leur histoire pour le second tour d’une Coupe du monde. Un rendez-vous que la génération de Didier Drogba, Yaya Touré ou Max-Alain Gradel n’a jamais réussi à honorer en trois participations. Cette fois, ce sont les Fofana, Inao, Kessié et une ligne d’attaque jeune et décomplexée qui portent la promesse d’un accomplissement longtemps attendu.

La veille du match, le groupe ivoirien a brièvement ouvert ses portes. Quelques minutes suffisent pour comprendre l’état d’esprit qui accompagne ce moment. Ange Yoan Bonny, encore à la recherche de son premier but en sélection, pose d’emblée le décor : « On se sent bien, on se sent chanceux parce qu'on est proches de faire quelque chose d'historique. On est concentrés et on a hâte de commencer à jouer ce match pour faire quelque chose d'historique. » Le mot revient, insiste, presque comme un mantra. « Historique ».

 

Derrière les sourires, les visages sereins, il y a la conscience d’une opportunité rare : offrir au football ivoirien ce bond symbolique qu’aucune génération, aussi talentueuse fût-elle, n’a encore réussi. Elye Wahi, lui aussi au cœur de cette nouvelle vague offensive, ne cherche pas à minimiser l’enjeu. « On est tous concentrés. On sait que ça ne va pas être un match facile, mais on est là pour marquer l'histoire, insiste l’attaquant. On sait que ça sera un match essentiel pour le football ivoirien et on se donnera les moyens d'aller chercher cette qualification. »

Pour le jeune avant-centre, longtemps tenu à distance du groupe – il n’avait même pas été appelé pour la CAN – être là, à la veille d’un rendez-vous aussi déterminant, relève presque du scénario inattendu.

À ses côtés, Evan Guessand refuse de parler de pression. Chez l’ancien Niçois, c’est plutôt une excitation assumée qui domine. « On est proches de l'histoire. Je veux dire, avec ce groupe-là, je pense qu'on peut dépasser ce que les anciens ont fait. On en est conscients, donc là, pour l'instant, on est juste excités et motivés, confie-t-il. Nous sommes excités parce que nous savons que nous sommes proches de quelque chose que nous pouvons atteindre. »
Pas facile pour le coach

 

Pour cette génération, l’ombre des aînés n’est pas un fardeau, mais un repère. Bonny le dit sans détour : « Chacun a ses générations. Il y a eu de grosses générations avant, et on doit se servir de ce qui s'est passé avant, des expériences d'avant. Elles doivent nous servir aussi aujourd'hui pour savoir faire les bonnes choses. »

Dans ce contexte, la figure du sélectionneur Émerse Faé apparaît centrale. Tous trois insistent sur l’importance de son rôle dans la construction de ce groupe soudé et ambitieux. « Un coach qui est assez proche de ses joueurs, qui communique beaucoup, explique Wahi. Je pense que pour des jeunes joueurs comme moi, comme Yohan, comme Evan, avoir un coach comme ça, c'est très important. »

Guessand insiste, lui, sur la légitimité d’un entraîneur passé par les mêmes chemins. « C'est un coach qui a joué au foot donc il a été à notre place, rappelle l’attaquant. Il a fait une Coupe du monde comme joueur, donc il sait ce que c'est d'être à notre place. »

Cette richesse d’effectif, le technicien la répète souvent, est une force… et un casse-tête. Guessand sourit en évoquant ce discours récurrent : « Quand on dit “nous avons confiance en ce groupe”, c’est vrai, c’est réel. Il (le coach) a l’habitude de dire que “les joueurs sur le banc ont le niveau pour être titulaires”. Quand on regarde les feuilles de match, même ceux qui ne jouent pas peuvent débuter les rencontres. Donc je pense que ça lui donne aussi mal à la tête. Ce n’est pas facile pour lui, mais c’est ce qu’un entraîneur souhaite, et nous sommes contents d’avoir cette force. »

Jeudi 25 Juin 2026
RFI



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