Lutte antipoliomyélitique : le Sénégal, voix de l’Afrique, contre la baisse des ressources financières

Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, de la tribune de la 71ème Assemblée mondiale de la Santé et parlant au nom des 47 Etats membres de la région africaine, a alerté sur la baisse des ressources financières allouées à la lutte contre la poliomyélite. Voici l’intégralité de son discours.


Déclaration du Sénégal au nom des 47 Etats membres de la région africaine
 
Sur le point 11.3, relatif à la transition pour la poliomyélite et activités postérieures à la
 
certification.
 
 
Monsieur le Président,

Le Sénégal a l’honneur de faire cette déclaration au nom des 47 Etats membres de la région africaine.
 
La région africaine a accompli d’importants progrès dans l’éradication  de la poliomyélite, soutenue en cela par les partenaires techniques et financiers que nous remercions pour leur engagement constant.
 
Cependant, les programmes de vaccination et de gestion des situations d’urgence à riposte vaccinale devront continuer à renforcer leur collaboration en vue d’une riposte rapide et efficace à une flambée ou à un éventuel événement lié à la poliomyélite.
Dans ce contexte, la poliomyélite doit entrer dans notre  préoccupation de sécurité sanitaire mondiale. Ce, d’autant que l’immunisation des enfants dans la routine est encore problématique dans nos pays en général, dans les  pays prioritaires pour la transition, en particulier.
La région africaine de l’OMS soutient les trois objectifs du plan d’action stratégique pour la transition que sont :
1-    Maintenir un monde exempt de poliomyélite après l’éradication du poliovirus,
2-    Renforcer les systèmes des vaccinations de routine, y compris la surveillance de maladies à prévention vaccinale,
3-     Renforcer la prévention par  la détection rapide et la capacité de riposte urgente dans les pays contribuant ainsi à la mise en œuvre complète du Règlement Sanitaire Internationale.     
 
 
Ces trois objectifs sont étroitement liés.  Après l’éradication, les fonctions essentielles de la polio comme la surveillance, les services de laboratoire et l’assistance technique pour la devront être intégrés dans d’autres secteurs de la vaccination comme la surveillance des maladies à prévention vaccinale pour garantir une action efficace et durable.
Monsieur le Président,
La conséquence de la baisse progressive des ressources financières de la lutte antipoliomyélitique et, à terme leur disparition, constitue une grande menace pour les programmes de vaccination et un défi majeur pour gouvernants et Partenaires. Dans ces conditions, il sera très difficile d’atteindre les buts du Plan d’action mondial pour les vaccins, si l’on n’arrive pas à compenser la disparition progressive du financement de la lutte antipoliomyélitique et saisir celle-ci comme une opportunité d’investir en faveur du renforcement des systèmes de vaccination.
Aussi, convient-il d’aider les Etats à nouer un partenariat fort afin de:
·         Saisir l’opportunité des autres sources de financement et des autres initiatives de contrôle des menaces nouvelles ou d’éradication de maladies pour accompagner cette transition, 
·         Trouver à terme des financements alternatifs aussi bien bilatéraux que multilatéraux sans négliger également les ressources domestiques pour le maintien des fonctions essentielles des systèmes de surveillance jusque-là soutenues par les fonds polio,
·         transférer et préserver les acquis et moyens de la lutte contre la polio pour les réallouer à l’éradication d’autres maladies comme la rougeole qui aujourd’hui doit être positionnée pour jouer ce rôle.
·         Renforcer la vaccination de routine surtout dans certains de nos pays confrontés à des problèmes d’accessibilité dans des zones enclavés ou en proie à des conflits,
 
La couverture sanitaire universelle et la réalisation des objectifs de développement durable liés à la santé reposent sur les investissements en faveur de la prévention par la mise en place des systèmes de vaccination forts, résilient, et équitables. Avec le plaidoyer de la société civile,  l’implication totale de nos Gouvernements et l’appui effectifs de tous les Partenaires, je suis convaincu que des  pistes alternatives de financement des plans nationaux de transition pourraient être trouvées pour assurer un financement durable pour renforcer des systèmes de santé.
 
Je vous remercie de votre attention
 
Mercredi 23 Mai 2018
Dakaractu




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