Le Centre de recherche ouest-africain (WARC) a accueilli, ce mercredi dans l'après-midi, un panel organisé par le Pencum WARC, espace de débat citoyen, consacré à la guerre au Moyen-Orient et à ses implications pour le continent africain. Placée sous le thème « La guerre au Moyen-Orient : origines, enjeux géostratégiques. Quelle place pour l’Afrique ? », la rencontre a réuni diplomates, chercheurs et experts, dont l’ancien chef d’état-major général des armées sénégalaises, le général Mbaye Cissé.
La séance a été présidée par Mme Adrienne Diop, journaliste, ancienne commissaire de la CEDEAO chargée du développement humain et du genre et ex-ambassadrice du Sénégal en Malaisie. Dans son intervention introductive, elle a rappelé l’importance d’analyser les crises internationales à l’aune de leurs répercussions sur l’Afrique, dans un contexte marqué par une forte attention mondiale portée au Moyen-Orient.
Selon elle, les conséquences de ce conflit sont déjà perceptibles sur le continent, notamment à travers la hausse des prix des hydrocarbures, les tensions sur l’approvisionnement en engrais et les risques pesant sur la sécurité alimentaire. Elle a ainsi souligné que, malgré la distance géographique, l’Afrique demeure directement exposée aux effets de cette instabilité.
Dans son exposé, le chercheur senior en paix et sécurité Babacar Ndiaye, ancien fonctionnaire des Nations unies et de la CEDEAO, a proposé une lecture historique et géopolitique des tensions au Moyen-Orient. Il a estimé que les conflits actuels s'inscrivaient dans la continuité des recompositions géopolitiques ayant suivi la fin de l’Empire ottoman, marquées par le rôle des puissances coloniales dans le découpage de la région.
Il a également évoqué la création de l’État d’Israël comme un élément central de cette dynamique, dans une zone stratégique caractérisée par d’importantes ressources énergétiques et des routes maritimes essentielles au commerce mondial. Selon lui, les choix politiques opérés à cette époque continuent de produire des effets durables et alimentent encore aujourd’hui des tensions profondes.
L’expert a par ailleurs mis en garde contre une possible extension du conflit, soulignant l’affaiblissement progressif de certains États de la région et la persistance de foyers de tension impliquant plusieurs acteurs armés. Une situation qui, selon lui, pourrait entraîner une reconfiguration durable des équilibres géopolitiques au Moyen-Orient.
Sur le plan économique, Babacar Ndiaye a insisté sur les risques liés à la perturbation des marchés énergétiques mondiaux, susceptibles de provoquer une hausse des prix et d’alimenter l’inflation. Il a également alerté sur les conséquences de ces tensions sur l’accès aux engrais, avec des effets directs sur la production agricole et la sécurité alimentaire en Afrique, particulièrement dans les pays les plus fragiles.
Il a en outre attiré l’attention sur la vulnérabilité des grands axes maritimes internationaux, notamment les détroits stratégiques de Bab el-Mandeb et d’Ormuz, dont toute perturbation pourrait affecter l’ensemble de l’économie mondiale.
Enfin, le chercheur a appelé les États africains à adopter une posture de prudence face aux rivalités internationales, estimant que le continent doit éviter tout alignement automatique. Il a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer sa cohésion interne, sa stabilité politique et ses politiques de développement afin de mieux défendre ses intérêts dans un contexte mondial incertain.
Ce panel du Pencum WARC a ainsi permis de mettre en lumière les enjeux globaux d’un conflit complexe, tout en soulignant la nécessité pour l’Afrique de repenser sa position stratégique dans un ordre international en mutation.
La séance a été présidée par Mme Adrienne Diop, journaliste, ancienne commissaire de la CEDEAO chargée du développement humain et du genre et ex-ambassadrice du Sénégal en Malaisie. Dans son intervention introductive, elle a rappelé l’importance d’analyser les crises internationales à l’aune de leurs répercussions sur l’Afrique, dans un contexte marqué par une forte attention mondiale portée au Moyen-Orient.
Selon elle, les conséquences de ce conflit sont déjà perceptibles sur le continent, notamment à travers la hausse des prix des hydrocarbures, les tensions sur l’approvisionnement en engrais et les risques pesant sur la sécurité alimentaire. Elle a ainsi souligné que, malgré la distance géographique, l’Afrique demeure directement exposée aux effets de cette instabilité.
Dans son exposé, le chercheur senior en paix et sécurité Babacar Ndiaye, ancien fonctionnaire des Nations unies et de la CEDEAO, a proposé une lecture historique et géopolitique des tensions au Moyen-Orient. Il a estimé que les conflits actuels s'inscrivaient dans la continuité des recompositions géopolitiques ayant suivi la fin de l’Empire ottoman, marquées par le rôle des puissances coloniales dans le découpage de la région.
Il a également évoqué la création de l’État d’Israël comme un élément central de cette dynamique, dans une zone stratégique caractérisée par d’importantes ressources énergétiques et des routes maritimes essentielles au commerce mondial. Selon lui, les choix politiques opérés à cette époque continuent de produire des effets durables et alimentent encore aujourd’hui des tensions profondes.
L’expert a par ailleurs mis en garde contre une possible extension du conflit, soulignant l’affaiblissement progressif de certains États de la région et la persistance de foyers de tension impliquant plusieurs acteurs armés. Une situation qui, selon lui, pourrait entraîner une reconfiguration durable des équilibres géopolitiques au Moyen-Orient.
Sur le plan économique, Babacar Ndiaye a insisté sur les risques liés à la perturbation des marchés énergétiques mondiaux, susceptibles de provoquer une hausse des prix et d’alimenter l’inflation. Il a également alerté sur les conséquences de ces tensions sur l’accès aux engrais, avec des effets directs sur la production agricole et la sécurité alimentaire en Afrique, particulièrement dans les pays les plus fragiles.
Il a en outre attiré l’attention sur la vulnérabilité des grands axes maritimes internationaux, notamment les détroits stratégiques de Bab el-Mandeb et d’Ormuz, dont toute perturbation pourrait affecter l’ensemble de l’économie mondiale.
Enfin, le chercheur a appelé les États africains à adopter une posture de prudence face aux rivalités internationales, estimant que le continent doit éviter tout alignement automatique. Il a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer sa cohésion interne, sa stabilité politique et ses politiques de développement afin de mieux défendre ses intérêts dans un contexte mondial incertain.
Ce panel du Pencum WARC a ainsi permis de mettre en lumière les enjeux globaux d’un conflit complexe, tout en soulignant la nécessité pour l’Afrique de repenser sa position stratégique dans un ordre international en mutation.
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