Lettre ouverte au ministre de l’Environnement


Au moment, où la lutte contre la déforestation s’intensifie dans les régions de  Ziguinchor, Kolda, Tambacounda, etc., paradoxalement, c’est ce moment-là que vous choisissez,Monsieur le ministre, pour baisser la garde dans la région de Dakar au niveau de son littoral nord-est. Précisément, en direction de la forêt de Malika qui est en train d’être détruite sous vos yeux pour ne pas dire vos pieds. Et, ces filaos qui d’antan nous protégeaient risquent de n’être plus qu’un vague souvenir pour les générations à venir car, celles-ci n’en entendront que parler. Mais Monsieur le ministre, ne savez-vous pas que l’élimination des filaos est une catastrophe écologique et un grave danger pour l’environnement des populations de Malika ? Car, leur destruction totale équivaudra à donner libre champ à l’Océan  pour lui permettre d’engloutir les terres de Malika, à défaut, ce sont les chasseurs de terre qui s’y installeront.

Sachez Monsieur le ministre que, demain, lorsque les inondations et autres tempêtes s’abattront sur nos habitations, vous serez le responsable, par votre acte irréfléchi. Malheureusement, ce sera trop tard. Car, comme on dit : gouverner c’est prévoir !

Ainsi, en lieu et place, comme vous le commande votre fonction, d’assister les populations en danger, c’est plutôt, à nos yeux, une complicité tacite avec ceux-là qui détruisent les forêts du littoral à des fins de les accaparer à leur profit, sans penser à l’avenir des générations futures. Effectivement, aujourd’hui, en cette triste période  pullulent des assoiffés de terres sans scrupule, avec leur boulimie foncière dans les veines tout notre environnement est menacé. Votre  fonction de ministre vous impose de protéger l’environnement en s’opposant énergiquement à sa destruction et non d’y assister avec complaisance. Et votre attitude, face à la destruction de la forêt de Malik, ressemble fort bien à cela. 

Alors, surtout, ne revenez pas, Monsieur le ministre, après avoir assisté avec autant de laxisme à cette catastrophe, pour nous parler encore de reboisement du littoral pour nous protéger contre l’avancée de la mer et d’éventuelles tempêtes violentes.  (Que Dieu nous en garde)

Je vous prie Monsieur le ministre, de croire à l’expression de mes sentiments très meurtris.

 

 

 

Samba Sylla

Dimanche 27 Mai 2018
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :