Les remontrances de Moundiaye Cissé à Barth et Cie : « Être opposant ne signifie pas s’attaquer aux institutions qui sont à respecter… La DGE est une administration neutre… »


Le maire de la ville de Dakar, par ailleurs tête de liste de la coalition Yewwi Askan Wi dans la même circonscription, a suscité le débat autour de lui, après s'être donné hier en spectacle à la direction générale des élections. L’argument avancé par rapport à la forclusion de sa liste qui n’aurait pas respecté la parité, a été mal défendu selon plusieurs voix qui se sont levées contre Barthélémy Dias.

En effet, c’est l’attitude de défiance des institutions qui lui a été, d’une part, reprochée par certains, et un manque de professionnalisme qui aurait été à l’origine de la composition de la liste par d’autres. Le directeur exécutif de l’Ong 3D s’est indigné de ce qui s’est passé hier à la DGE. « C’est une attitude à dénoncer. Si nous avons des institutions, il nous faut les respecter. Ce n’est pas parce qu’on est opposant que l'on se permet de faire ce que l’on veut d’autant plus que c’est un maire dont il s’agit », a d’abord lancé le membre de la société civile à l’endroit des acteurs politiques.

Pour Moundiaye Cissé, les sénégalais doivent aussi savoir qu'être opposant ne signifie pas verser dans l’anarchie, le désordre et l’irresponsabilité. Quand nous sommes dans une coalition, c’est le mandataire qui est l’interlocuteur du ministère de l'intérieur. Aussi, il faut savoir que nous ne sommes pas au niveau du contrôle juridique des dossiers de candidatures. D’ici le 17 mai, nous sommes au niveau du contrôle des parrainages. Mais s’il y’a une liste qui est sortie sur les réseaux sociaux, pourquoi se fatiguer autant. Il faut juste démentir, dire que ce n’est point votre liste. Ce vacarme était vraiment inutile », considère de plus Moundiaye Cissé qui passait ce matin sur le plateau de la Tfm.

Ce qui est le plus flagrant dans cette affaire, selon le directeur exécutif de l’Ong 3D, c’est cette légèreté dans le cadre du respect de la parité. « Si cette liste est bien celle de Yewwi Askan Wi, alors elle est frappée d'irrecevabilité à Dakar », soutient Moundiaye Cissé qui rappelle au passage dans le code, il n’est pas question de substitution parce que dans ce cas, il y’aurait des cacophonies au sein des listes.

Le membre de la société civile invite aussi les acteurs politiques à plus de professionnalisme et de rigueur dans l’application des lois et règlements électoraux. Moundiaye Cissé rappelle aussi l’article L.179 qui stipule qu’à la fin de toutes les opérations de contrôle et de régularisation éventuelle sur les listes de parrainage entreprises à la suite du dépôt matériel, soit soixante-seize jours avant celui du scrutin, la commission de réception procède, dans les cinq jours qui suivent, à l’analyse des dossiers pour les besoins de la recevabilité juridique.

Le remplacement de candidats inéligibles, sans préjudice de l’ordre d’investiture, et la substitution de pièces périmées ou comportant des erreurs matérielles sont, le cas échéant, immédiatement notifiés au mandataire de la liste concernée. Celui-ci dispose de trois jours, à compter de la date de notification, pour y remédier, sous peine de rejet de la candidature concernée.

En effet, selon le directeur exécutif de l’ONG 3D, il y’a deux cas de substitutions dans le code : d’abord si un candidat est frappé d’inéligibilité par exemple un candidat qui n’a pas encore 18 ans ou un magistrat. Dans ces deux cas spécifiques,  on peut bien demander de faire un remplacement. Aussi, poursuit Moundiaye Cissé, quand on évoque un décès au niveau de l’article 185.  

Dans le cas où, pour l’un des motifs énumérés à l’article L.178, le Ministre chargé des élections estime qu’une liste n’est pas recevable, il notifie, par écrit, les motifs de sa décision au mandataire de ladite liste dans les deux premiers jours suivant le début de l’analyse pour la recevabilité juridique.

Sur la neutralité de la direction générale des élections, le directeur exécutif de l’ONG 3D estime que c’est une administration neutre. Pour les avoir côtoyé depuis 1999, Moundiaye Cissé de préciser qu’il connaît assez cette direction créée par Abdoulaye Wade. « Il faut que les gens respectent les sénégalais. Si cette liste est celle qui est déposée, je suis formel, c’est une liste irrecevable », confirme le membre de la société civile.
Jeudi 12 Mai 2022
Dakaractu



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